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The Gravediggers Union #1-9

vendredi 7 septembre 2018, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Wes Craig / Toby Cypress & Wes Craig)

Notre monde va mal et à y regarder de plus près, cela ressemble fort à la fin des temps. Tempêtes fantômes, vampires qui resurgissent de la jungle et zombies qui reprennent possession des villes, voilà quelques éléments des joyeusetés qui nous attendent. Et pour nous sauver, on ne peut compter que sur les syndicats de fossoyeurs, les maîtres en matière de cadavres. Alors quand le vétéran Cole, qui en a pourtant vu des vertes et des pas mûres, entend un zombie parler d’un langage presque cohérent, il se dit que quelque chose cloche. Et quand le dit zombie porte un pendentif qui lui rappelle les dessins que sa fille faisait à longueur de journée dans son cahier, les choses prennent une tournure personnelle. Il faut dire que Cole a un peu perdu de vue sa fille et qu’il n’est peut-être pas innocent si jamais sa fille a pris le mauvais chemin. Sauf que pour en être sûr, les fossoyeurs vont devoir passer un marché avec une sorcière. Et s’il y a bien quelque chose de formellement interdit dans les statuts du syndicat, c’est bien ça. Passer un marché avec celles qui se sont vendues aux forces terribles du Capital.

Présenté comme cela, on pourrait se dire que The Gravediggers Union est un titre politique qui se sert d’un cadre surnaturel pour nous donner une petite leçon de politique. C’est en partie vrai et en partie faux. Lors de ma première lecture des six premiers numéros, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus posé d’un point de vue action. J’attendais une grosse charge sociale, le cadre n’étant là que pour faire passer la pilule à un public en attente de récit facile à lire. Et la déception fût grande car il n’en était rien.
De charge politique, il y a bien quelques passages, comme tous ces citoyens qui, malgré les terribles événements qui se déchaînent, restent collés à leurs gadgets électroniques. Il y a aussi cette image de société secrète d’ultra-riches qui a blousé une bande de sorcières et qui fait un pacte avec le diable (ou pire) dans l’espoir d’en avoir encore plus, toujours plus. Et cette charge, je l’avoue, maintenant que j’ai lu la totalité de la mini-série, est bien menée.

Jusqu’à son épilogue en toute dernière page (après les pubs pour les autres mensuels Image, c’est dire !), Wes Craig aura su mener sa barque à bon terme. Neuf numéros, c’est ce qu’il va falloir pour faire monter la sauce, pour raconter comment les fossoyeurs vont réussir à comprendre qui est leur adversaire et comment le contrer. Le scénariste va réussir à développer quelques uns de ses personnages à commencer par Cole, sa fille et la sorcière Morphea. Les autres personnages sont plutôt là en renfort et pour ne pas laisser un homme seul face à plusieurs hordes de monstres. Avant de refermer le bouquin, les lecteurs auront peut-être ressenti un coup de pied aux fesses en ce qui concerne l’évolution du monde et c’est normal.

Si Wes Craig est plus connu comme dessinateur de Deadly Class, il va laisser le gros du travail à un autre dessinateur. En effet, Craig ne se chargera que des prologues dans les premiers numéros, prologues mettant en scène, les Dieux Sombres dont on entendra parler tout au long de l’histoire. Des passages qui ne sont pas toujours très lisibles la première fois et qui prennent plus de sens à la seconde lecture.
C’est donc Toby Cypress qui s’occupe du gros du boulot. Cypress est un artiste bien connu sur ce site puisqu’il a participé à l’excellent Blue Estate, à l’anthologie Zombie Tales et qu’il aura été remplaçant de Frank Espinosa sur Killing Girl. Pas de grande surprise en ce qui me concerne. Toby Cypress a un style très dur, vif, proche du croquis. Du coup, pas de souci, les planches sont nerveuses, même pendant les moments de dialogues et les personnages ont des expressions qui sont légèrement outrancières et donc bien rendues. Ceci étant, on peut mettre deux choses de côté : les personnages ne sont pas jolis, aucun d’entre eux, si ce n’est peut-être Morgan et encore …
Le plus embêtant, c’est que cette fougue dans le trait ne permet pas toujours de bien comprendre qui est qui notamment lors des scènes où il y a beaucoup de monde. Ne parlons pas des zombies et autres créatures surnaturelles inventées qui sont parfois difficilement reconnaissables (même si j’imagine bien que c’est là le but recherché). Ajoutez à celui une colorisation que je trouve caca d’oie et qui va ajouter des effets de « flare » un peu partout, effets qui ne sont pas sans rappeler les usages que Ben Templesmith peut en faire. Ces effets sont souvent gratuits et ne sont là que pour combler un vide visuel, les cases étant parfois très avare en détails. Nous verrons bien si Niko Guardia fera mieux la prochaine fois.

Au final, j’ai bien aimé The Gravediggers Union qui raconte une histoire sympathique correctement rythmée et au message positif. Le fait que la mini-série ne dure que neuf épisodes est aussi un plus, montrant une belle concision.

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