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Wonder Woman Rebirth Tome 2 : Mensonges

vendredi 20 juillet 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Greg Rucka / Liam Sharp & Matthew Clark)

Ce tome contient les épisodes Rebirth #1 et 1, 3, 5, 7, 9 et 11 de la série régulière.
Il est disponible en librairie, publié par Urban Comics.

Diana a des doutes. Des doutes sur comment on la perçoit, des doutes sur ce qu’elle est réellement. Elle a avec elle le casque d’Arès qu’elle a porté après lui. Mais comment pourrait-elle être celle qui défend la Paix et en même temps être la représentante de la Guerre ? Comment peut-elle d’ailleurs plier ce casque, censé être divin ?
Alors pour être certaine, elle ne peut qu’utiliser son lasso sur elle-même et voilà ce qu’elle apprend, sans grande surprise : elle a été trompée. Par qui ? Comment ? Elle décide donc de reprendre son « ancien » costume et de retourner en arrière, à savoir en Olympe, afin d’y voir plus clair. Mais là, c’est un décor dévasté et des automates d’Héphaïstos qui l’attaquent, comme si ils ne la reconnaissaient pas, comme si elle n’avait rien à faire là.
Diana doit donc retourner chez elle, sur Themyscira, île qui lui est pourtant interdite. Voilà pourquoi elle va chercher à rejoindre Cheetah, anciennement Barbara Ann Minerva, la seule qui va pouvoir l’aider à trouver l’île mythique.

Voilà donc le second tome de la série qui reprend les épisodes « actuels » du run de Greg Rucka. Le scénariste choisit donc de mettre Wonder Woman face à toutes les absurdités qu’elle a vécue sous la plume d’autres auteurs. Dans ce tome, Rucka va remettre en scène les mêmes personnages vus dans le tome 1. Il va être question d’alliance, d’amour, de désespoir, de retrouvailles, et de quête impossible.
Si le gros de l’histoire va consister pour Wonder Woman de vaincre Urzkartaga, cela permet aussi à l’Amazone de refaire à nouveau équipe avec Steve Trevor de façon inattendue. Et c’est là que la parution mensuelle prend tout son sens. En effet, même si la lecture numéros pairs / numéros impairs est plus simple (c’est celle que DC Comics a choisi pour la parution de ses recueils), il y a un jeu de rappels entre le passé et le présent. C’est parfois très léger (la notion de prison, les scènes dans les centres commerciaux) comme cela peut être plus signifiant. La relation entre le soldat et la déesse est forte et dépasse le cadre du temps.

On pourra aussi souligner le choix pour l’époque passée d’être lumineuse et celle du présent nettement plus sombre. Cela traduit bien la volonté du scénariste et permet de changer de dessinateur. Si Matthew Clark dessine une partie du numéro Rebirth avec un trait très fin et des couleurs claires, l’histoire bascule avec l’arrivée de Liam Sharp qui se chargera du reste des numéros.
L’encrage est beaucoup plus épais que chez Nikola Scott, l’ambiance plus pesante, les couleurs Laura Martin et Jeremy Colwell renforçant toute cette ambiance de doutes. Wonder Woman a encore beaucoup de chance avec Sharp. Car le dessinateur ne s’économise pas. Certes certains visages de personnages secondaires sont un peu étranges (mais pas bourrés d’erreur), certaines cases montrent que l’artiste passe en mode plus rapide mais à si un changement de style peut apparaître, ça reste beau, très beau. Les scènes de jungle ou dans l’Olympe dévastée étant certainement les plus impressionnantes, la végétation foisonnante étant terriblement bien rendue (Sharp montre qu’il serait idéal sur Swamp Thing par exemple).

Ce deuxième tome est, vous l’aurez compris, plus sombre que le premier ; ce qui contraste avec l’avis que j’ai d’une franchise comme celle de Wonder Woman. En lui faisant toucher le fond, Rucka ne rend pas la lecture de ce tome agréable. La construction et la réalisation sont par contre sans reproche.