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New Super-Man #1-6 : Made in China

mercredi 18 juillet 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Gene Luen Yang / Viktor Bogdanovic)

Ce premier arc est publié en VF par Urban Comics dans la revue kiosque Récit Complet Justice League #7.

Kenan Kong est un sale gosse. Le genre de lycéen à attaquer les petits gros et à leur piquer leur déjeuner et leur boisson gazeuse. Pourtant, parfois, il lui arrive d’avoir bon fond. Comme quand sa victime préférée, fils d’un dirigeant de compagnie aérienne, devient la cible de Blue Condor, l’un des premiers super-vilains chinois « à l’Américaine ». Alors quand Kenan le met en déroute sur un gros coup de chance, le voilà propulsé vers la notoriété grâce aux réseaux sociaux et à la jeune journaliste curieuse, Laney Lan.

Mais tout cela n’est pas du goût de son père qui préférerait voir son fils ne pas se mettre en danger et bosser sérieusement. Un père distant depuis la mort de sa femme, dont l’attention est sans cesse sollicitée par son fils sans grand succès. Alors quand Kenan va être abordé par la mystérieuse Doctor Omen qui va lui proposer, grosso modo, ni plus ni moins que les pouvoirs du Superman américain récemment décédé, le jeune garçon ne va pas hésiter longtemps. Tout cela pourrait fonctionner si seulement Kenan avait véritablement l’âme d’un héros et pas d’un adolescent en quête d’attention et de valorisation.

Lors du Rebirth, la franchise Superman a subi bien des changements (plus ou moins revenus dans l’ordre avec Reborn). Parmi ceux-ci, il y a eu une attaque sur les Supermen des Terres parallèles (Superman : Mes doubles et moi) et l’apparition d’un nouveau surhomme chinois, Kenan Kong.
Est-ce que DC cherche à diversifier ses héros et donc de se rapprocher d’un lectorat asiatique ? Est-ce que l’éditeur cherche à placer un de ses titres en Chine avec un héros local ? Toujours est-il que ce héros existe désormais. On passera sur le fait qu’une scientifique arrive à reproduire les pouvoirs du kryptonien (la bonne idée pour créer une grosse catastrophe) et on appréciera le travail de Gene Luen Yang, déjà lu sur the Shadow Hero, héros fictif créé de toutes pièces avec Sonny Liew.
Le scénariste ne va pas chercher à nous brosser dans le sens du poil. Son personnage principal est détestable, arrogant, injuste, violent mais parfois aussi héroïque, il faut bien le dire. Yang va nous expliquer pourquoi Kenan est aussi pénible et donc nous le rendre attachant. Ca tient plutôt pas mal la route, même si le fait que la Chine voit autant de meta-humains se balader tranquillement est assez étrange, surtout quand on considère les Dix, l’équipe officielle nationale de super-héros. Il y a de la conspiration, des jeux de dupes, des personnages loin d’être manichéens après avoir été présentés en noir & blanc.
J’ai aussi apprécié que les membre de la nouvelle Ligue de justice chinoise soient très jeunes. Cela apporte de la fraîcheur à l’ensemble et permet d’accepter que les membres n’agissent pas toujours d’une seule voix. De quoi se lancer des piques, comprendre leur impulsivité mais aussi leur naïveté.

Viktor Bogdanovic est un artiste qui a (a priori) fait ses débuts américains sur la mini-série Reality Check. J’avais trouvé son style prometteur à l’époque et visiblement, il a réussi à mettre un pied chez DC Comics puisqu’il a dessiné non seulement tous les numéros de la série New Super-Man mais aussi quelques passages d’Action Comics, Suicide Squad Most Wanted, Arkham Knight ou encore The Silencer (mini extraite de l’univers Metal).
Pour ceux qui n’aiment pas les canons super-héroïques, le travail de Bogdanovic devrait vous plaire : son héros est, à l’image de son caractère, assez ingrat. Même s’il n’est pas aussi gros que le garçon qu’il persécute en début de série, on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement athlétique. Il ne le deviendra que par la force des choses et des pouvoirs que l’on lui donne, même si son visage accuse encore parfois les kilos en trop. Quand au trait de l’artiste, il est assez nerveux ce que le sert vraiment pendant les scènes d’action que compte cet arc. On en a pour son argent, les combats et les splash-pages sont efficaces. Pour le reste, j’avoue ne pas être ultra-fan, Bogdanovic fait le boulot mais aurait peut-être bénéficié d’un encrage plus rond, plus épais que celui de Richard Friend.

Au final, ce New Super-Man est une lecture agréable. Un regard sympathique sur un univers déjà bien familier. Espérons que nous aurons droit aux épisodes suivants (24 numéros sont déjà parus aux US et semblent correspondre à un volume complet).

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