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All-Star Batman Rebirth #6-9 : Les fins du monde

lundi 16 juillet 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Scott Snyder / Jock, Tula Lotay, Giuseppe Camuncoli & Francesco Francavilla)

Cet arc est disponible en VF chez Urban Comics à la fois en librairie et en kiosque dans la revue Batman #8-11.


Si Batman se retrouve au pôle Nord, c’est bien entendu pour y affronter Mister Freeze. Ou plutôt pour discuter avec lui, pour lui faire comprendre que sa stratégie n’est pas la bonne et surtout qu’une bande de mercenaires, reprenant le blason des Blackhaws, est là pour le faire brûler lui et sa bande de zombies gelés. Mais cela ne prend pas et voilà que Fries lâche sur Terre, un virus qui va décimer tout ce qui est animal pour laisser vivre tout ce qui est végétal. Prochaine étape pour notre justicier ? Allez voir Pamela Isleyy bien sûr. Elle pourra peut-être le renseigner.

Après un premier arc assez bourrin, Scott Snyder va jouer la carte de la diplomatie, en tout cas dans sa première moitié. En effet, Batman approche de la même façon face à Mister Freeze et Poison Ivy : limite les bras ouverts et prêt à discuter. Les terrains sont totalement opposés (le pôle Nord et un désert d’Amérique) mais Batman va faire appel à la raison plutôt qu’à la force. Bien entendu, pour que le récit fonctionne, il faut qu’il échoue et ce seront ces mystérieux Blackhawks qui le pousseront à la faute. A partir de ce moment-là, Batman est en mode über et va voir celui qu’il pense être responsable de cette énorme épidémie qui doit raser la Terre en moins de temps qu’il ne faudrait pour le dire. Et le détective se plante du tout au tout puisqu’il y a une dernière menace derrière tout ça. D’ailleurs, les deux ennemis qui suivent vont avoir la même idée : faire croire à Batman / Bruce Wayne (une identité secrète qui est loin de l’être) qu’il est responsable de la situation. La première tentative joue encore sur les illusions (une manie chez Snyder, j’ai l’impression), la seconde sur le discours. Le scénariste en profitera pour placer son discours sur le meta-comics et l’amour des lecteurs pour les histoires. ben, monsieur Snyder, vous tapez dans le mille : je ne crois pas un seul instant à tout ce que vous écrivez parce que je ne veux pas que Batman soit un tel crétin. Sur le final, quelques idées sont bien fichues, notamment parce qu’elles reprennent enfin l’idée selon laquelle Batman est prêt à toute éventualité. Mais à part ça, il n’y a pas grand chose à sauver. Même le méchant final est beaucoup mieux amené dans Detective Comics qu’ici. (Logiquement, vous savez donc de qui il s’agit.)

On retrouve Jock aux dessins sur deux numéros. Ca n’est pas mon dessinateur préféré et je trouve que sa narration n’est pas idéale. On a du mal à voir qui fait quoi surtout avec des personnages secondaires anonymes. Tula Lotay a un style toujours aussi séduisant et colle parfaitement à Poison Ivy. Giuseppe Camuncoli nous livre un numéro solide avec pourtant des passages pas forcément faciles à rendre. Mais cela reste efficace.

Un petit mot sur le récit en back-up qui va mettre Duke & Batman en face du Sphinx qui fête comme chaque année l’anniversaire de son attaque de l’An Zéro. Quand on met le Sphinx en scène, on a intérêt à avoir inventé une bonne énigme soi-même. Sauf que Snyder botte en touche, qu’à chaque fois qu’Edward Nigma apparaît, on n’a jamais droit à la solution des énigmes. Simple à un bottage en touche l’entraînement) ou bien à une résolution Deus Ex Machina (avec la reprise de phrases des épisodes précédents qui sont très cryptiques). Alors OK, c’est du récit de soutien, c’est juste fait pour que Duke gagne ses galons au sein de la Bat-family, mais je n’y trouve pas mon compte. Et le fait que cela s’arrête sur une case incompréhensible est d’autant plus frustrant.

Bref, sans surprise, ce deuxième arc de All-Star Batman ne m’a pas convaincu malgré des artistes qui font bien le job. Trop grandiloquent, toujours trop lourd, Snyder ne devrait pas jouer avec des menaces trop grandes ou des concepts qui demandent un minimum de poésie.

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