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Detective Comics #943-949 : Le syndicat des victimes

vendredi 1er juin 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / James Tynion IV & Marguerite Bennett / Alvaro Martinez, Eddy Burrows, Al Barrionuevo, Carmen Carnero, Ben Oliver & Szymon Kudranski)

Cet arc est publié en librairie et dans la revue kiosque Batman #4-7 par Urban Comics.
Il fait suite à L’avènement des Bat-Men

Les relations entre Batman et la Wayne Industries sont connues. L’entreprise finance les activités du justicier même si aucune preuve n’a bien entendu pu être rendue publique. Ceci étant, pour des activistes un peu motivés, ça ne change pas grand-chose. Et voilà comment au sein du quartier général de la compagnie, on peut voir un énorme « plus jamais de Batman » peinturluré en rouge sang. Mais ça n’est pas uniquement ce qu’ont commis les intrus. Ils ont étrangement réduit au silence un Lucius Fox et empoisonné à distance les trois agents de sécurité. Quant à la secrétaire présente sur place, autant dire qu’elle est marquée à tout jamais.
Alors que l’équipe de Batwoman lèche ses plaies et essaie tant bien que mal de compenser la « mort » de Tim Drake, Bruce Wayne, Kate Kane et les autres membres assistent à un nouveau projet de Luke Fox : des pistolets à balles non létales, munis de sécurité en faisant la meilleure arme pour tous les policiers du GCPD. Seulement, la fête est rapidement brisée par l’apparition du Syndicat des Victimes.

Un Syndicat des victimes qui est donc composé de plusieurs personnes ayant été touchées par des super-vilains combattus par Batman et qui en ont tiré des facultés particulières ainsi qu’un gros handicap. Des victimes collatérales qui viennent se confronter à Batman et lui proposer un deal : soit la chauve-souris se démasque et arrête toutes ses activités justicières, soit le syndicat attaquera tous les soutiens du super-héros.

James Tynion va appuyer là où ça fait mal pour Batman : la menace qu’il représente simplement en étant là à Gotham, attirant les plus tarés parmi les tarés, et créant d’involontaires victimes, soient otages, soient dégâts collatéraux. Alors que Batman est en plein deuil (Red Robin vient de mourir), cela ne va pas mieux tomber. Au sein de l’équipe, l’autre membre a être touché est évidemment Spoiler qui était en couple avec Tim Drake. Pour elle, Tynion va aussi compliquer les choses puisqu’elle comprend qu’une vie de super-héros est risquée et que sans Batman, sa vie aurait été certainement beaucoup plus simple. Le scénariste s’en servira à juste titre, sachant qu’elle est une alliée de choix pour le Syndicat des Victimes, même s’ils n’en savent rien en réalité.

Des autres membres, Basil Karlo est aussi bien développé. Son équivalent parmi le Syndicat des Victimes est probablement celui qui est le plus à l’écoute et le plus prêt à évoluer, malgré la pression du chef de clan, la mystérieuse première victime. Par contre, pour Cassandra Cain, il faudra attendre le prochain arc.
Quant à Kate Kane, elle a beaucoup de choses à régler avec son père (cf L’Avènement des Bat-Men) mais il faudra attendre que le cas du Syndicat soit réglé pour qu’il s’y atèle. D’ailleurs, on ne peut pas dire que Tynion (en compagnie de Marguerite Bennett) y répondre vraiment. Dans le two-part « Batwoman Begins », il s’agira surtout du choix qui se présente en face de Kate : suivre la voie du soldat ou celle du super-héros. Il est toujours agréable de voir que Batwoman est une femme résolue qui a trouvé une troisième voie qui n’est ni celle de son père, ni celle de son cousin. Parallèlement à tout ça, les scénaristes n’oublient pas La Nuit des Monstres et explorent ce qui pourrait se passer après une catastrophe comme Gotham vient de subir. Je trouve cette optique vraiment intéressante, gardant des pistes d’intrigue dans ce qui n’était qu’un crossover permettant de lier presque toutes les séries batmaniennes.

Pour le premier arc, on aura droit à une belle brochette d’artistes de seconde zone. Par là, je veux dire qu’on a droit à des artistes qui savent réaliser leur travail avec beaucoup de professionnalisme mais qui ne sont pas des stars (en tout cas, jusqu’à présent). D’ailleurs, le fait qu’Alvaro Martinez, Eddy Burrows et Carmen Carnero (Al Barrionuevo étant un peu à part) enchaînent les numéros sans que cela soit particulièrement perceptible montre que les artistes ont encore un style très passe-partout. Ceci étant, je crois que je préfère les planches d’Alvaro Martinez qui ont pour moi, plus de douceur dans leur représentation des personnages et dans un style plus européen ou plus pulp (la fin de l’épisode 1 avec l’entrée en scène de Bruce et Kate dans la limousine). Mais une fois encore, je ne veux pas diminuer le travail d’Eddy Burrows qui met vraiment beaucoup de travail dans ses planches ou même Carmen Carnero, même si l’artiste est finalement peu présent.

Al Barrionuevo est un cas un peu à part, disais-je, car il va s’occuper de certaines planches concernant Spoiler et même s’il n’est pas crédité en tant que coloriste, j’ai réellement l’impression qu’il s’est occupé de la totalité de ses planches tellement la couleur est intégrée au traits et à l’encrage. Le résultat dénote vraiment du reste. D’une part par l’effet de volume et de réalisme tenté par l’artiste à travers ses couleurs ; d’autre part, parce qu’on est dans un style nettement plus proche de l’esquisse. Cela donne un cachet particulier à l’ensemble mais ne permet pas vraiment de donner dans le décor subtil.

Finalement, Barrionuevo se rapproche plus de Ben Oliver en terme de style. L’illustrateur ne peut que provoquer de l’admiration chez le lecteur tellement ses pages sont bien léchées. Le style, les couleurs, tout donne une impression de maîtrise assez impressionnante. Mais comme souvent, dans ce cas-là, on a droit à de la pose de personnage et finalement assez peut de décor ce qui se ressent malgré les efforts pour varier les cadrages, la mise en scène et faire en sorte qu’on n’est pas d’impression de vide. A la décharge d’Oliver, on ne peut pas dire que les scènes qu’il doit illustrer se trouvent dans des lieux très riches en matière d’objets. On est essentiellement dans des locaux techniques ou très sobres, voire dans le Beffroi dont la configuration est très variable.

Detective Comics continue donc son chemin avec un très bon second arc et une équipe artistique solide même si nombreuse.

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