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Batman Rebirth Tome 3 : Je suis Bane

mardi 29 mai 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Tom King / David Finch et Mitch Gerads)

Ce tome reprend les numéros 16 à 20, 23 et 24 ainsi que l’Annual 1 de la série régulière.
Il est publié en librairie chez Urban Comics et aussi disponible dans la revue kiosque Batman Rebirth #8-10 et #12 (a priori 13), toujours chez Urban Comics.
Il fait suite à Mon nom est suicide

Lecture réalisée d’après les kiosques et actuellement je n’ai pas lu l’Annual.

Après le coup qu’il a fait à Bane (cf Mon nom est suicide), Batman se doute bien que Bane va chercher non seulement à récupérer le Psycho-pirate mais aussi à se venger et à faire payer la chauve-souris extrêmement cher. Du coup, il demande à tous ses Robins (et Batwing) de faire profil bas et de lui laisser le champ libre. Après la perte de Tim Drake (cf L’avènement des Bat-Men, il ne veut plus aucune victime.
Sauf que les gamins ne l’entendent bien entendu pas de cette oreille et ils vont le payer de leur vie puisque Batman les retrouve pendus dans la Bat-cave. Bane est donc à Gotham et il faut à tout prix garder le Psycho-pirate à l’asile de Gotham dans la salle la mieux protégée, y faire rentrer la jeune Gotham Girl et tenir bon pendant 5 jours. Pour ça, Batman a un plan. Un plan dangereux comme d’habitude mais s’il ne tient pas, alors tout ce qu’il aura réalisé à Gotham ne vaudra plus rien.

Tom King déroule donc son intrigue de façon fort logique et ne perd pas de temps pour faire intervenir Bane, colérique car à nouveau dépendant au Venin. Il va donc y avoir un véritable duel entre les deux hommes où les muscles et les cerveaux vont se faire face. Si l’idée globale est le match retour entre deux adversaires, King va le mettre en scène en soulignant tout d’abord ce qui rassemble et ce qui sépare les deux ennemis. Partant tout deux de la mort de leur mère, l’accompagnement totalement différent des deux hommes vont sceller leur destin. Là où Bruce Wayne aura eu tout le luxe du manoir et l’attention d’Alfred, Bane aura eu droit à une cellule qui se remplit régulièrement d’eau et à des habitants de cellule peu aimables.
C’est avec ce parallèle que King rend les choses intéressantes à défaut d’être très originales. De même, l’auteur va volontairement ou non placer des petites scènes humoristiques ou cyniques qui vont rendre la lecture du comics très agréable. Mais bien entendu, King connaît son « comics moderne » sur le bout des doigts et si ces scènes sont présentes, elles sont surtout là pour souligner des scènes dramatiques qui doivent y gagner en puissance … et en pathos.

Mais King, à mon humble avis, se plante complètement sur la première scène choc. J’ai déjà spoilé dans le résumé donc allons-y gaiement. Dick Grayson, Jason Todd et Damian Wayne vont tout trois être pendus. Mais ça, on ne le verra pas. Batman se dirigera d’ailleurs tout naturellement vers la forteresse de solitude de Superman ou réparer ses jeunes recrues.
Mon côté passionné parle peut-être mais les trois personnages précités sont tout de même des emblèmes importants du Bat-verse. Comment ne pas mettre en scène leur baston avec Bane ? C’est vrai que la bagarre aurait pris du temps, que peut-être ils auraient logiquement pu battre Bane (d’autant plus sur un territoire favorable comme la bat-cave), que la démolition systématique des héros aurait plongé le lecteur dans une forte dépression. Là, j’ai eu l’impression d’avoir eu à faire à des débutants, des figurants, des personnages dont le sort importait vraiment peu.
C’est à mon avis la seule erreur de King qui dote Bane de toutes les informations nécessaires pour détruire Batman. Là, mon manque de culture batmanienne m’empêche de certifier que Bane a réellement ses informations et du pourquoi il ne s’en sert pas contre son ennemi. On pourra me répondre que Bane ne cherche qu’à être tranquille quand il est à Santa Frisca et qu’il est animé actuellement par une colère destructrice. Mais il faut quand même se rendre compte que Bane pourrait tout à fait dénoncer et défoncer tout ce que Bruce Wayne possède avant de s’attaquer aux side-kicks et de les exposer dans la cave (surtout qu’Alfred fait une cible de premier choix dans le manoir, que Claire serait un dommage collatéral et que finalement, Batman aurait réellement tout perdu).

Et non, je ne critiquerai pas l’über-Batman présent à la conclusion de cet arc (oui, Batman gagne. Surprenant, non ?) car King nous fournira une explication des plus sensées par le biais de la voix qui parle intérieurement à Batman. Celle de cette mère qui accueille les bras ouverts son enfant qui la rejoint. Comme le combat entre Bane et Batman est une histoire de volonté, le scénariste expliquera la petite étincelle mentale qui permet à la chauve-souris de vaincre.
Personnellement, j’aurais indiqué que Batman était en possession d’une sorte de « Hulkbuster » version Bane. Que tout son costume était crée spécialement pour pouvoir subir les attaques d’un dément sous l’influence du Venin. Après tout, pour le coup, Batman était archi-préparé au prochain coup de Bane. Un petit effort à faire de la part du lecteur.

Quant à David Finch qui dessine tout l’arc « Je suis Bane », il nous fait un énorme plaisir. Alors OK, je n’ai pas reconnu absolument tous les locataires d’Arkham qui sont présents ici mais à part ça, c’est un véritable festival : les visages démasqués ont des expressions très réussies, les splash-pages sont magistrales et bien placées avec l’effet waouh qui va avec et Bane est tout simplement monstrueux. Les bastons sont claires, le parallèle entre Bane et Batman aussi. Bref, c’est bien raconté.

Un petit mot sur les deux récits des numéros 23 et 24 qui se déroulent donc après Le badge. Dans le premier, Batman devra faire équipe avec Alec Holland aka Swanp Thing à la recherche de son père naturel. C’est clair, net et précis et laisse toujours Batman face la Mort avec un grand M et toutes ces questions. Avec un Mitch Gerads aux pinceaux qui nous propose de très chouettes planches.
Quant au deuxième récit, il verra Claire demander à Batman ce qu’il cherche vraiment dans la vie. Si ce récit fait épilogue à toute une première partie du run de King (on peut penser qu’on ne reverra pas Claire tout de suite), sa chute est tout à fait normale par rapport à ce qui se passe dans Le Badge. L’espèce de mini-psychanalyse de Claire n’aurait pas pu tout expliquer, surtout vu sa position vis-à-vis de Batman mais vu ce que Batman a vécu avec Flash, la conclusion du numéro fait absolument sens. Un numéro 24 qui fera dans la mise en scène complexe pour pas grand-chose et pas forcément dans l’intéressant visuellement.

Je suis Bane, à la relecture, est vraiment une bonne histoire. Et King poursuit son exploration du personnage par rapport à la vie et à la mort. Reste à voir si la suite sera du même acabit et si King ne se vautrera pas trop dans un pathos lourd à la Johns / Snyder.


La suite : Le badge

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