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Justice League Rebirth #14-19 : Timeless

jeudi 24 mai 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Bryan Hitch / Bryan Hitch & Fernando Pasarin)

Ces épisodes ont été publiés en VF dans la revue kiosque Justice League Rebirth #8-11 ainsi que dans le tome 3 disponible en librairie. Le tout publié par Urban Comics, bien sûr.
Lu en VF.

Fait suite à Outbreak ainsi qu’au crossover Justice League / Suicide Squad.

C’est gros, c’est énorme, ça semble vouloir siphonner tout ce qu’une planète peut produire comme énergie (y compris celle de ses habitants) et mettre les voiles. Heureusement, cette machine va forcément débarquer dans un coin où traînent les héros de la Ligue de Justice. Héros qui vont bien entendu passer à l’attaque et se prendre une belle rafale en pleine face. De quoi non seulement creuser un trou énorme dans une ville mais aussi enfouir notre équipe. Et là, dans cet espace très réduit où il faut faire preuve de patience, le temps que tout le monde refasse le plein d’énergie, c’est le temps des confidences. Comme le fait que les héros ne fassent pas pleinement confiance à Superman. Un Superman version classique qui sait pertinemment que Batman a un plan pour éliminer ses coéquipiers si jamais ces derniers avaient la fâcheuse tendance à péter les plombs volontairement ou non. Cela fait sursauter les autres super-héros mais Batman est suffisamment honnête pour admettre la vérité : ils ont tous des pouvoirs capables de détruire la planète, alors si jamais ils sont contrôlés mentalement, autant être capable de leur mettre une raclée et éviter le désastre.

C’est par cet épisode que Bryan Hitch commence ce nouvel arc. Un épisode de transition où l’équipe continue à apprendre à se faire confiance. Ce sera aussi un épisode où la Ligue sera montrée tout à fait capable de régler son compte à un ennemi qui l’a mis en difficulté. Sauf que ça, ce sera au lecteur de l’imaginer puisqu’on ne le montrera pas. Et ce petit stratagème qui indique surtout "C’est bon, j’ai fini mon histoire, vous pouvez circuler, y a plus rien à voir", Hitch l’utilisera aussi par la suite dans le gros de l’arc "Timeless". Au programme de cet arc, la disparition de Lois Lane et Jon dans une vague blanche ce qui va mettre les nerfs à Superman ; un Batman qui fait confiance à des personnages probablement tirés du New52 ; une menace gigantesque et titanesque que les héros devront affronter séparément à différents endroits (et différentes époques pour le coup), avec quand même un petit twist avant la conclusion, parce que sinon, ça fait redite.
Et là, le lecteur patient se demande s’il ne faut pas faire appel à un service de réanimation pour aider le scénariste à cracher la pastille qu’il semble avoir en travers de la gorge. Car oui, les héros vont gagner, oui, le méchant sera vaincu de façon très "simple", oui, ça va prendre quatre numéros pour que les héros se rendent compte de ce qu’ils font, oui, on va encore les accuser de commettre l’irréparable et que, tout méchants qu’ils soient, les adversaires de la Ligue ne feront ce qu’ils font que pour le bien de l’Humanité. Une humanité qui s’en sortirait bien mieux sans super-héros et à vrai dire, on ne pourrait pas vraiment leur donner tort.

Hitch s’occupera du numéro en huis-clos et je trouve que le tout est très réussi. Le dessinateur réussit à produire de belles planches dans laquelle on retrouvera forcément toute l’équipe. Le défi étant de tenir presque 20 pages avec des personnages qui se causent et qui ne peuvent pas se déplacer. Les cadrages sont variés, la mise en page des bulles et des personnages permet de ne pas perdre en intérêt. Ca n’a l’air de rien mais je pense que c’est probablement à ce genre de situation compliquée à réaliser qu’on peut se rendre compte qu’Hitch, à défaut d’être un bon scénariste, est au moins un bon raconteur d’histoire graphique.
Ce sera ensuite Fernando Pasarin qui prendra la main sur les numéros suivants. Je trouve que le dessinateur espagnol se tire vraiment très bien du scénario dans lequel il est embarqué. Ca pète souvent super violemment et les héros ont toujours cette cool attitude face au danger. A n’en pas douter, il est un artiste de qualité pour ce qui va consister à des scènes catastrophes à gros budget. Il en a vraiment sous le crayon aussi bien quand il faut multiplier les personnages (on a encore une menace qui la structure d’une fourmilière) que quand il faut concevoir des machines infernales faites d’anneaux qui s’imbriquent les uns dans les autres. C’est vraiment un plaisir à regarder et on peut aussi féliciter l’encreur Matt Ryan pour tenir la distance. Si j’avais un bémol à apporter à l’ensemble, c’est peut-être dans le visage des personnages avec un style gros menton / petite bouche qui ne me séduit pas plus que ça.

Bref, Hitch tourne en rond. Au point où nous en sommes en kiosque, il nous est donné l’occasion de lire la suite (un mini-arc en deux parties appelé Interminable - si, si !) et Hitch ne s’est toujours pas sorti du principe "ils arrivent / il arrive" sans nous apporter plus d’information sur cette menace fantôme. Sachant que le scénariste est à bord jusqu’au #31, autant dire qu’on n’est pas prêt d’en voir le bout en kiosque. Heureusement, à défaut de faire plaisir à notre cerveau, nos yeux sont agréablement servis. C’est toujours ça de pris.

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