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Nightwing Rebirth #1-4 + 7-8 : Better Than Batman

mercredi 21 mars 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Tim Seeley / Javier Fernandez & Yannick Paquette)

Ces numéros sont disponibles en VF dans les revues kiosques Batman #1-5 ainsi que dans le premier tome librairie, le tout publié chez Urban Comics.

Pour info, la continuité des numéros est interrompue par le crossover La nuit des monstres ce qui a une très légère incidence sur les numéros 7-8.


Si les jours de Grayson, agent secret au sein de l’agence Spyral, cela n’empêche pas Dick de collaborer ponctuellement avec ses anciens collègues. Ce qui lui permet par exemple de récupérer un petit objet qui permettra d’extraire la bombe que la Cour des Hiboux a implanté dans le crâne de Robin (Damian). Tandis que les rapaces pensent qu’ils tiennent toujours Nightwing comme l’un des leurs, ce dernier va faire en sorte de les faire tomber de l’intérieur. Cependant, il ignore pas mal de choses. D’un côté plus personnel, qu’Héléna Bertinelli a pensé à rejoindre les porteurs
de masques sous l’apparence d’Huntress et d’un point de vue professionnel, que la Cour des Hiboux va chercher à changer leur hiérarchie et leur façon de faire.

De toute façon, Nightwing n’est pas assez violent, pas assez malsain pour les Hiboux, même si les messages sont passés et les actions réalisées. Alors ils décident de lui coller un partenaire aux basques, un certain Raptor, dont les frontières morales sont beaucoup plus floues que celles du héros. Est-ce un simple mercenaire ? Y a-t-il une réelle idéologie derrière ses actes et son gant mystique qu’il appelle
Suyolak ? S’il y a bien une chose de certaines, c’est que Raptor se pense bien meilleur que Batman et il compte bien en apporter la preuve au jeune Grayson.

Tim Seeley reprend donc le destin de Dick Grayson après avoir co-scénarisé (en compagnie de Tom King) quasiment tout le run de la série Grayson. L’idée est donc de réintégrer le héros dans son costume originel mais tout en lui laissant son indépendance vis à vis de Batman. J’ai eu un peu de mal à comprendre cette idée d’identité secrète (j’imagine que Grayson s’était fait passé pour mort pendant son passage en tant qu’agent de Spyral) mais j’ai bien saisi que ce passage n’avait pas laissé le personnage indemne et qu’il avait dû faire deux-trois trucs un peu limite niveau moral. Grayson cherche donc à reprendre la main sur son identité mais le scénariste ne va pas lui simplifier la tâche en le collant d’une part avec la Cour des Hiboux et d’autre part avec Raptor. Ce personnage est assez intéressant car il fait partie de ces personnalités qui dépassent la barrière du Bien et du Mal sans qu’on comprenne vraiment ce qui les motive, mis à part une morale personnelle aux barrières mouvantes. A la fois bandit, à la fois héros, prenant des décisions dont il sait pertinnement qu’elles seront contrecarrées, Raptor est un personnage presque attachant.
En tout cas, Seeley réussit à construire le duo Nightwing / Raptor de façon satisfaisante. Raptor cherche à avoir le dessus, voulant garder le rôle de Batman ; tandis que Nightwing cherche justement à se libérer de cette image de mentor
afin de pouvoir se retrouver. Raptor a un côté clown violent (non, aucune allusion à un célèbre criminel ici) qui va mettre Nightwing hors de lui mais le jeune homme va devoir faire contre mauvaise fortune bon coeur s’il veut arriver à ses fins. Après La Nuit de Monstres, Seeley va clore cette aventure avec ce nouveau vilain d’une excellente façon en dévoilant le plan de ce personnage énigmatique. On comprend du coup beaucoup mieux son opposition à Batman et ce qui l’a poussé à bosser avec Dick Grayson. Si ça n’est pas toujours très fin dans la mise en scène, il y a au moins quelques bonnes idées dans ce "final".

Le numéro Rebirth est laissé aux bons soins de Yannick Paquette qui, si je me souviens bien, est toujours très occupé avec le proejt Earth One de Wonder Woman (est-ce encore d’actualité ?). Le tout est très sage et doit être aisément réalisable après les mises en pages psychédéliques de Swamp Thing. La suite sera réalisée par Javier Fernandez, dessinateur qui démarre chez Marvel avant d’entrer chez DC et de réaliser la mini-série Doomed ainsi que quelques numéros de Red Hood/Arsenal avant de participer à des anthologies et de devenir le dessinateur "régulier" de la série. L’artiste dessine et s’encre lui-même. Là où on aurait pu attendre une régularité dans les planches, on retrouvera des styles légèrement différents à certains moments. Le dessinateur est parfois très réaliste, avec un style très rude, tandis qu’à certains moments, l’encrage est beaucoup plus rond et les dessins moins détaillés auraient presque un aspect cartoon. Ceci étant, cela ne m’a jamais sorti de ma lecture et je serai bien en difficulté de dire quel style je préfère sur l’autre.

Nightwing est donc une série au démarrage bien fichu, orientée action avec un personnage attachant et des intrigues sympathiques. Elle rehausse réellement la valeur de l’anthologie kiosque Batman.


La suite : l’arc Blüdhaven

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