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Justice League vs Suicide Squad #1-6

dimanche 28 janvier 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Joshua Willamson, Tim Seeley, Rob Williams & Si Spurrier / Jason Fabok, Christian Duce, Tony S. Daniel, Jesus Merino, Riley Rossmo, Fernando Pasarin, Robson Rocha, Scot Eaton, Howard Porter & Giuseppe Cafuro)

Lu en VF. Cette histoire est parue dans les magazines Suicide Squad #5-6 et Justice League 7 publié par Urban Comics.
Elle sera aussi apparemment disponible en librairie à partir du 2 février toujours chez Urban Comics.

En dehors des six parties de la mini-série, la VF vous propose Justice League #12-13 et Suicide Squad #9-10 qui sont bien entendu totalement relié au crossover.

Il existe au fin fond du désert de la Mort en Californie, une prison secrète, encore plus secrète que celle de Belle Rêve. Cependant, un homme seul semble pouvoir y entrer comme bon lui semble alors qu’il est totalement étranger au bâtiment. Y pénétrer certes mais aussi convaincre toutes les personnes y travaillant de faire exactement ce qu’il veut, y compris libérer les prisonniers qui y sont enfermés.
Pendant ce temps, en Badhnisie, le Suicide Squad fait ce qu’il fait et ce qu’il faut, à savoir éliminer un nouvel illuminé qui cherche à détruire la planète. Ceci étant, les membres n’ont pas été suffisamment rapides et voilà qu’un immeuble entier bourré de civils va s’effondrer avec Deadshot sur son toit. Les choses pourraient donc être catastrophiques mais ce serait sans compter sur la curiosité de Batman par rapport à la force spéciale X de Waller. La chauve-souris et le Boom Tube de Cyborg vont emmener la Ligue là où se trouve l’Escadron Suicide et voilà les innocents sauvés. Ce qui n’empêche nullement les deux équipes de se mettre copieusement sur le museau.
Ils ignorent tous bien entendu que l’intrus du début s’appelle Maxwell Lord (pas franchement un inconnu qui vous lisiez des comics il y a 15 ans), qu’il est doté de pouvoirs de conviction très puissants et qu’il vient de libérer les membres du tout premier Suicide Squad qui sont bel et bien des psychopathes taille XXL. La Justice League et le Suicide Squad vont donc devoir faire contre mauvaise fortune bon coeur et s’allier pour mettre fin à la menace de Lord et son équipe.

Je ne sais pas si cela vient de moi ou bien si les revues DC sont meilleures mais là où je m’attendais à un récit crossover de piètre qualité, j’ai lu une histoire au schéma certes très classique mais qui se tient bien sans répétition, avec un cadre relativement restreint (deux séries) et des histoires parallèles qui donnent un peu de chair à l’événement principal. Bref, du bon divertissement. Il faut dire que Joshua Willamson (récemment vu sur Flash en ce qui concerne son travail chez DC) pousse plutôt bien ses pions. Certes le combat entre les deux équipes prend un tiers de l’événement mais par la suite, il y a quelques scènes pas piquées des hannetons qui sont très drôles même si aussi très gores. Amanda Waller est toujours à son maximum et il est tout bonnement jouissif qu’une simple humaine soit capable d’exister dans un monde de demi-dieux (même si personnellement, je pense qu’elle est en partie meta-humaine et complètement inconsciente de ses capacités défensives).
La menace va se révéler le point faible de l’intrigue, pas en ce qui concerne Maxwell Lord ou bien les membres de la première Suicide Squad mais dans la seconde couche, le plan final, qui nous donne à lire une nouvelle invasion de type "zombies". Si on en croit la continuité parue jusque là, c’est la troisième menace de ce type que la Ligue affronte de suite. Ils devraient être blasés depuis le temps ...

En plus, en grand plus, en plus plus ultra, il y a Lobo. Le vrai, le costaud, le rudaud, le fumeur, le rockeur, celui qui n’est motivé que par une chose : la thune. Et autant dire qu’il est l’un des nouveaux personnages qui va me donner le plus de plaisir de lecture, d’autant qu’il est bien dessiné par chaque membre de l’équipe artistique.

L’équipe artistique est pléthorique puisqu’il y aura un duo dessinateur / encreur pour chaque numéro de l’événement (et aussi pour les récits parallèles). Des noms connus au bataillon qui nous promettent un travail solide. Fabok ouvre la danse et propose un numéro avec des planches fines et détaillées. Une belle entrée en matière qui sera honorée par la suite même bon nombre de dessinateurs ont franchement du mal avec les visages de leurs héros sans masques. Tony Daniel n’arrive pas à tenir la distance et propose parfois des visages absolument divins et parfois mal proportionnés ou grotesques ; Merino est aussi dans ce cas-là mais je trouve que le dessinateur s’améliore au fil des planches qu’il produit. Même observation pour Howard Porter qui dessine des planches que j’ai plus appréciées que par le passé.
Pasarin est un des rares à proposer des visages réalistes et rendre des personnages avec quelques kilos en trop dans les visages. En parlant de kilos, je ne peux pas faire l’impasse sur Amanda Waller (désolé, madame Waller) mais le personnage semble avoir une morphologie très différente suivant les dessinateurs. Elle passe d’une femme carrée à une femme ronde très facilement. J’ai un faible pour la version ronde, même si je comprends que ça n’est pas très réaliste en situation de crise où le personnage ne pourrait pas se déplacer aussi aisément que nécessaire, voire même être déplacée par certains personnages mais c’est tout de même cette version qui est encrée dans mon esprit. La voire plus maigre ou plus musclée que grosse me fait tiquer.

L’événement est passé, certaines choses ont évoluées, de bonnes idées n’attendent qu’à être exploitées et DC se dit probablement que la franchise Suicide Squad pourrait être développée (ce qui serait une erreur à mon sens, mais bon ...) Pas sûr cependant que cela ait un effet dans les deux séries concernées. En attendant, on a eu un récit dans le plus pur style blockbuster.