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Suicide Squad Rebirth #5-8 : Going Sane

mercredi 24 janvier 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Rob Williams / Jim Lee, Stephen Byrne, Carlos D’Anda, Christian Ward et Giuseppe Camuncoli)

Lu en VF.

Ces épisodes sont contenus dans la revue kiosque Suicide Squad #3-5 publiée par Urban Comics ou dans le deuxième tome librairie (avec le numéro War Crimes #1).
En VO, ils sont publiés dans le Vol.2 et accompagnés du numéro spécial Harley Quinn & The Suicide Squad April’s Fool Day.

Capturer un Kryptonien, c’est bien. Le contrôler, c’est mieux. Alors Waller veut coûte que coûte que les scientifiques de Belle Rêve trouvent un moyen de mettre une puce dans le crâne de Zod afin de s’en servir comme ses autres cobayes. Sauf que cette prison basée sur la Zone Fantôme (dont seul Superman est censé avoir accès) va avoir un effet assez particulier sur à peu près tout le monde à commencer par le colonel Rick Flag qui ne va rien trouver de mieux que de pointer son flingue sur sa patronne. Katana a ses sabres qui lui parlent de meurtre à longueur de temps et les autres malfrats ne sont pas beaucoup plus équilibrés. Bon, OK, tout le monde pète les plombs et forcément une coupure de courant va bien entendu mettre tout le monde en danger sans parler du fait que Zod va commencer à reprendre conscience. Cela semble bien mal barré et tout va reposer sur les épaules du Dr Harley Quinzell. Non, y a pas de faute de frappe.

La VF choisit un titre "Folie Furieuse" qui est plus camouflant que le titre VO qui reste finalement plus logique puisque de prime abord très cynique, il prend tout son sens au fil du récit, même s’il devient pour le coup, plus fugace (la conclusion ne fait pas de doute là-dessus, de toute façon DC ne peut pas casser ses jouets). Il n’en reste pas moins que Rob Williams va jouer la carte du huis-clos et du récit court de transition. Ceci dit, malgré une structure qui semble conçue pour faire avancer les choses, deux points sont à souligner. Un, Williams reste cohérent avec son récit précédent dont Folie Furieuse est la suite directe et logique : comment gérer la venue
de Zod et quelles sont les conséquences que cela peut avoir. Cela permet de songer à différentes pistes d’intrigues (y a-t-il de la part des Russes une procédure à suivre pour Zod qui pourrait mettre n’importe quel voleur dans un grand embarras ? Est-ce que la folie provient bel et bien de la Zone Fantôme ?) dont on verra comment elles sont traitées par la suite. Williams n’y donne pas de réponse immédiate car il lui faut gérer une situation déjà bien tendue. Deux, même si on est dans le cadre d’une histoire dans un lieu restreint, l’ensemble ne manquera pas d’effet block-buster, le tout montant doucement mais sûrement vers un final électrique (à défaut d’être explosif).

Williams signera également les back-ups de ces quatre numéros consacrés à Hack, Killer Croc, l’Enchanteresse et Killer Frost (pas encore intégrée à l’équipe). Ces récits permettent de développer de façon assez subtile chaque personnage. Le danger étant que toutes les histoires ne soient pas forcément raccords entre elles. Je pense notamment à l’histoire concernant June Moone qui lui donne beaucoup plus de pouvoir qu’elle est censée avoir face à l’Enchanteresse. Le récit concernant Killer Croc nous fait éprouver de la pitié pour le personnage et les cartes sont réellement redistribuées si on ajoute ce récit à Folie Furieuse. Est-ce que Killer Croc va devenir un ancien vilain de Batman réhabilité comme a pu l’être Gueule d’Argile ? Nous verrons bien. Quant à Hack et Killer Frost, elles sont surtout là pour donner le change vis à vis de la patronne Amanda Waller qui a un mental en acier trempé, au moins aussi fort que celui de Batman.

Je passe sur la copie rendue par Jim Lee. J’admire toujours autant le trait mais ses tics de mise en scène ou de dessin ne semblent maintenant évidents et me font descendre de mon petit nuage. Une fois de plus, c’est vers les back-ups que viennent les excellentes surprises. Tout d’abord avec un Stephen Byrne (a priori PAS le fils de John) rend un récit superbe dont il se charge de la réalisation de A jusqu’à Z. Le fait qu’il ait bossé dans l’animation lui donne un trait sûr, rond, très agréable à l’oeil mais pas vraiment cartoon. L’encrage suit et la mise en couleur est vraiment très chouette. Il a apparemment bossé sur les comic-books Serenity et serait le prochain dessinateur d’une série The Ray. Un artiste à suivre.
Pour Carlos D’Anda et Guiseppe Camuncoli, ce sont deux artistes de l’écurie Wildstorm ; D’Anda est toujours aussi inspiré par l’inspiration manga et bénéficie des très jolies couleurs de Gabe Eltaeb ; Camuncoli semble évoluer dans son trait vers quelque chose de plus réaliste assez bien fichu. Christian Ward doit mettre en scène un récit diabolique et fait la part belle à la couleur rouge. Un récit typiquement fait pour lui où le dessinateur va se retenir de faire dans la démesure. Ceci dit, on sent qu’il a besoin de plus temps pour produire des planches complètes et on s’aperçoit des petits trucs qu’il utilise pour respecter les délais impartis.

Je ne donnais pas cher de la série Suicide Squad et si ça n’est pas la série du siècle, j’avoue que je la suis avec un vrai plaisir.