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Justice League Rebirth #6-11 : Outbreak

dimanche 7 janvier 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Bryan Hitch / Matthew Clark, Tom Derenick, Jesus Merino & Neil Edwards)

Ces numéros ont été publiés dans la revue kiosque Justice League #4-7 par Urban Comics.

Après avoir réussi à vaincre les Semblables et à avoir limité les dégâts (un seul décès est à compter), les membres de la Ligue de Justice font face à une menace tout autant immatérielle mais bien plus visqueuse. Celle-ci atteint les héros au plus profond de leur être pour leur faire vivre les moments les plus terribles de leur vie et leur faire perdre toute confiance. Alors que tout semble perdu, c’est Jessica qui réussit à reprendre le dessus et à vaincre de façon spectaculaire l’ennemi grâce à sa volonté et son anneau. De quoi lui redonner un peu d’estime de soi, jusqu’à inviter Barry Allen à dîner. Mais tout ceci est de courte durée, car l’ennemi riposte de l’intérieur, la réussite de Jessica n’étant qu’une ruse afin d’infiltrer la Ligue de l’intérieur.

Une fois leur Peur maîtrisée, les héros n’auront pas le temps de panser leurs blessures qu’ils seront à nouveau la cible d’un ennemi surpuissant. Ce dernier attaque les héros directement dans leur QG en prenant le contrôle de la Tour du guet et de la plupart des systèmes de Cyborg, tentant d’envoyer le QG directement sur Terre, ce qui peut bien entendu causer de considérables dégâts. Le système informatique de la Bat-cave en prendra aussi pour son grade tout comme le système de contrôle de Simon Baz. Restent encore les héros "au naturel" et un Superman aux abonnés absents (il gère un souci avec la zone fantôme) pour lesquels l’ennemi informatique va trouver une belle idée pour se débarrasser de ceux qu’il ne peut pas contrôler.

Ce deuxième volume contient donc deux aventures signées par Bryan Hitch qui remet donc le couvert et ne soigne vraiment pas les héros de la Ligue. A chaque fois, on a droit à une menace réellement surpuissante qui met les personnages
dans une énorme difficulté (jusqu’à les mettre en scène en situation périlleuse dès la première planche de "Peur Panique"). C’est à la fois une excellente idée (on est là pour ça : la Justice League, c’est le blockbuster en matière de comics) et à la fois
une idée qui au fur et à mesure risque d’apporter une overdose chez le lecteur. Du coup, Hitch se sert de sa première menace comme d’un prétexte pour faire avancer les héros dans leur vie respective. Le plus évident est bien entendu la situation de Jessica et Barry qui sont à deux doigts de conclure mais pour qui les choses vont être nettement plus compliquées si Jessica quitte l’équipe. De façon plus pointilliste, c’est aussi le cas pour Aquaman et Wonder Woman qui vont asseoir leur position. Dommage que la scène spectaculaire de ses deux êtres couronnés n’obtienne pas vraiment de réaction (peut-être est-ce le cas dans leurs séries régulières). Bref, là où les X-Men auraient organisés un repas de famille, la Justice League prend cher pour souffler.

La menace informatique qui constitue la plus grosse part du recueil est bien traitée, bien mieux que celle des Semblables, jusqu’à un final qui aurait pu être plus soigné. Revenons à la menace dont l’origine est liée à tout ce qui a eu lieu avant. Si la Justice League aurait pu partiellement prévenir cette menace, elle fait face à quelque chose à laquelle il n’aurait pas pensé et à un ennemi qui n’en est pas consciemment un. Si on voulait tirer plus de matière de cette aventure, on pourrait dire qu’il s’agit d’un intéressant point de vue sur l’intelligence artificielle mais je doute qu’Hitch ait vraiment voulu produire quelque chose de fin sur le sujet.
En tout cas, la tension monte au fur et à mesure de l’aventure et elle est réellement palpable avec des héros dont les pouvoirs se retournent contre eux ou sont quasiment inutiles. De ce côté-ci, Hitch a fait du très bon boulot mais que ce soit sa volonté ou une pression éditoriale (le crossover JLA / Suicide Squad semble suivre de près), Hitch ne pousse pas un numéro de plus dans son aventure. Alors certes, s’il l’avait fait, ce dernier numéro aurait essentiellement été un numéro de baston sans cervelle entre les héros et les vilains mais là, la bonne idée utilisée pour conclure est massacrée par une énorme ellipse qui m’a complètement fait décrocher. Alors que je me demandais si je n’avais pas sauté une page, tout l’emballement que j’avais ressenti pendant cette histoire est retombé comme un soufflé. Vraiment dommage.

Pour les visuels, j’avoue que tous ces numéros oscillent entre le formidable et le "franchement, t’as pas eu le temps de finir ta page, c’est ça ?". Pour "Peur Panique", le truc auquel je ne me ferai jamais, ce sont les visages crispés dessinés par Matthew Clark. Je comprends que l’horreur subie par les personnages ne les rendent pas attrayants mais la façon de les représenter me donne une impression de "surjeu" que je n’apprécie pas du tout. Du coup, les quelques planches signées Derenick sont superbes en comparaison. Merino fera du bon boulot même si Clark et Bruce ne se seront jamais autant ressemblé. Edwards qui signe tout "Virus" fait du bon boulot. Il n’est pas a priori le dessinateur que je verrai le plus sur du super-héros, je le verrai plus sur une ambiance polar voire fantastique réaliste (j’ai pensé à Tony Harris sur Ex-Machina à certains moments) mais il s’en sort diablement bien. Vu que ça fait plus de 10 ans qu’il fait ça, rien d’étonnant. D’ailleurs, pour l’anecdote, le premier boulot qu’il signe sur un titre un peu visible, c’est Fantastic Four #568, co-dessiné avec ... Bryan Hitch.
Edwards met de la patate dans les cases qu’il faut, soigne les expressions de ses personnages à tel point que parfois on regrette qu’il ne passe pas de temps dessus de façon permanente. Mais le dessinateur arrive à fournir ses épisodes en temps et en heure avec une qualité suffisamment régulière et quelques coups d’éclat donc on ne va pas se plaindre.

Au final, ce second opus de la JLA version Rebirth est une vraie amélioration par rapport au début. Ç’aurait pu être une belle réussite s’il n’y avait pas eu cette conclusion si bâclée. Cela donne encore de la marge à Hitch pour s’améliorer.