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Suicide Squad Rebirth #1 + 1-4 : The Black Vault

mardi 14 novembre 2017, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Rob Williams / Philip Tan, Jim Lee, Jason Fabok, Ivan Reis, Philip Tan et Gary Frank)

Ces numéros sont publiés dans la revue kiosque Suicide Squad Rebirth #1-3.


Le Président Obama (ou son sosie) convoque Amanda Waller dans son bureau et il n’est pas content du tout : il vient de découvrir l’existence du Suicide Squad ou encore de la Force Spéciale X. Le Président n’apprécie guère d’être dans l’ignorance la plus totale de ce projet et que celui-ci soit dirigé sans supervision par une complète inconnue. Il faut dire que la photo mettant Harley Quinn en scène est fort peu flatteuse pour qui comprendrait que cette bande de criminels bosse en réalité pour les Etats-Unis, bien sûr sans que personne ne le sache. Alors Waller va sortir de sa manche un atout qui va peut-être plaire au chef des Etats-Unis.
Le Suicide Squad est un mal nécessaire mais guidé par un soldat décoré, un véritable chef, peut-être que cette force sera plus contrôlable. Et ce qui tombe bien c’est que ce Rick Flag est enfermé à Guantanamo après avoir fait trop de vagues et avoir été une victime d’un système hiérarchique trop puissant. L’idée qu’il puisse faire le bien et voir la lumière va bien entendu être suffisamment convaincant pour qu’il adhère au projet. Quant aux criminels, la motivation viendra peut-être de la bombe qui leur a été planté dans le crâne. Si jamais ils s’échappent ou se retrouvent aux mains de l’ennemi, boum, ça saute. Personne ne pleurera leur perte et l’image des Etats-Unis sera préservée.

Après avoir signé un Harley Quinn & the Suicide Squad April Fool’s Special, Rob Williams prend les rênes de cette nouvelle mouture de l’Escadron Suicide. Au programme, missions impossibles et personnages mis dans des situations qui présagent forcément une catastrophe. On ne peut pas dire que Williams se penche particulièrement du côté diplomatique de l’affaire mais il y va franco avec les situations périlleuses qui vont placer les personnages à un moment ou à un autre dans une position héroïque, ne serait-ce que vis-à-vis des autres membres de l’équipe. Bien entendu, si parfois les actions des vilains sont réfléchies (la survie avant tout, y compris contre la menace de la bombe implantée), il y a des moments où les Deus Ex Machina pleuvent et où les concours de circonstances font bien les choses. Grosso modo, le Suicide Squad a un autre membre très pratique : son scénariste.
Mais c’est sans compter sur le spectacle et, pour le coup, on est carrément servi. L’espace, les eaux glaciales, un ennemi super-puissant (équivalent de Superman) ainsi que forcément quelques équivalences étrangères et voilà, le portrait de la série est dressée. C’est à se demander comment l’équipe de Flag peut s’en sortir "relativement" indemne. Ah si, j’ai expliqué comment plus haut.
Au rayon participation des personnages, j’ai trouvé que malgré la présence de sept personnages, Williams arrivait à donner son importance à chacun. A la limite, c’est peut-être Deadshot qui va pâtir de l’important nombre de protagonistes, puisqu’il n’est ni absolument taré et semblant à côté de la plaque (comme Harley Quinn), ni aussi lourdingue que Captain Boomrang. Killer Croc sera le gros muscle de l’équipe et aura donc son lot de scènes de destruction ; Katana sera un avantage marquant face à l’ennemi rencontré et l’Enchanteresse, bah, elle est là pile poil pour retourner la situation au bon moment (ou au mauvais).
J’ai beaucoup aimé aussi le personnage de Hack qui semble très très très balèze, vu ce qu’elle est capable de faire. J’attends de voir comment elle sera traitée par la suite.

Le numéro Rebirth est laissé aux soins de Philip Tan. Une surprise a priori pour beaucoup de monde, à commencer probablement par l’artiste. Les pages d’un comic-book pourtant premier d’une série, marqueurs sur la qualité du titre, étendards des ventes futures, sont bâclées. On sent que la réalisation a été faite à l’arrache et quand on discerne le trait de Jim Lee dans les dernières pages, on peut tout à fait se dire que le dessinateur superstar était probablement supposé réaliser ce numéro Rebirth.
A la place, Lee dessine la série régulière. Alors non, on n’aura pas droit à 20 pages de Lee chaque mois. Mais 12 et c’est déjà beaucoup. Pour info, chaque numéro est découpé en deux parties : la première avec lee aux pinceaux et l’intrigue principale ; la seconde, avec des dessinateurs différents et le focus mis sur un des membres de l’Escadron. Pas tout à fait un récit "origine" mais de quoi en savoir un peu plus sur chacun.

Revenons à Lee qui signe tout de même de sacrées pages. Le dessinateur soigne ses cadrages et sa mise en scène. On notera bien entendu ses célèbres ceintures pleines de poches dont il a le secret et dont l’Escadron bénéficiera. Quand il va à l’essentiel, j’avoue beaucoup aimer ses miniatures qui montre bien l’action même on y perd bien entendu en détails. Ensuite, Lee oblige, on sent le stress de fin de page et certains visages n’éviteront pas certains traits sont plus grossiers que d’habitude.

Concernant les récits back-ups, DC a eu l’intelligence de ne pas envoyer de jeunes dessinateurs inexpérimentés au casse-pipe, ce qui peut souvent se passer quand on est publié derrière le patron. On aura donc droit aux planches de Jason Fabok (sur Deadshot), Ivan Reis (sur Captain Boomrang), Philip Tan (sur Katana) et Gary Frank (sur Harley Quinn). De tous, c’est Gary Frank qui remporte ma préférence, haut la main. La "confrontatio" Flag / Quinn lui permet de s’éclater sur les expressions de ses personnages.
Philip Tan va dessiner un épisode qui va naturellement tabler sur la culture asiatique et le résultat, même si très inspiré de l’animation nipponne, fonctionne très bien avec les couleurs d’Elmer Santos.
Quant à Fabok & Reis, ils font très bien le job ; Fabok se rapprochant par moment du style de Frank et Reis jouant sur l’effet souvenir pour ne pas forcer sur les décors.

Suicide Squad est donc une série très pop-corn dans son concept et dans sa réalisation. A mille lieues donc de son modèle historique de John Ostrander mais qui fait son office si on ne lui en demande pas trop.