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Recit Complet Justice League #3 : Aquaman #1-6 : The Drowning + Rebirth

vendredi 10 novembre 2017, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Dan Abnett / Scot Eaton, Oscar Jimenez, Brad Walker & Philippe Briones)

Arc disponible en VF dans la revue kiosque parue chez Urban Comics

Arthur Curry est le roi d’Atlantis et un super-héros faisant partie de la Ligue de Justice. Pas du menu fretin, donc. Mais il lui faut faire face à deux problèmes : le premier, c’est son image souvent limitée à un super-héros qui parle aux poissons (ce qui est impossible, ils ne sont pas assez intelligents pour répondre) ; le second, forcément plus problématique, c’est que les Terriens et les Atlantes ne font pas bon ménage. Les premiers voient les Atlantes comme un peuple violent qui a déjà attaqué de nombreuses villes américaines et les seconds prennent le peuple du dessus comme des Rampants et surtout, des pollueurs des mers.
Aquaman a donc bâti la station Embruns, une ambassade Atlante sur le territoire Américain, histoire de rapprocher les peuples. Mais le dîner de gala où sont invités les journalistes afin de travailler la communication tourne rapidement au vinaigre quand Black Manta se fait passer pour un invité, histoire de planter quelques explosifs dans l’ambassade. L’explosion qu’il causera donnera toutes les raisons aux Américains pour fermer l’ambassade, ce qui va être très compliqué à remettre sur pied. D’autant qu’Aquaman doit toujours gérer le Déluge, une bande d’extrémistes Atlantes.

Dan Abnett en scénariste, ça devrait être une bonne nouvelle, voire une excellente nouvelle puisqu’il a écrit de superbes titres en compagnie de Andy Lanning. Sauf que dans le cas qui nous intéresse, c’est un peu un coup dans l’eau (voilà, elle est faite, celle-ci). Tout ne démarre pas trop mal. On voit Arthur en face d’une menace locale qu’il arrête facilement et son projet d’ambassade. On sent la menace de Manta qui plane. C’est qu’ensuite, tout va très vite : Manta réussit à rentrer dans l’ambassade mais aussi à planter des explosifs sans que personne n’y trouve à redire. Pourtant, comme les Atlantes ne sont pas des plus confiants vis à vis des humains, on pourrait tout de même se dire qu’une personne mal avisée pourrait difficilement effectuer tout cela. Bon, OK, passons, disons qu’il faut cela pour lancer l’intrigue. Par la suite, le comportement des Américains, aussi idiot qu’il paraisse d’un point de vue diplomatique, est plutôt réaliste mais renvoie Aquaman à son postulat de départ au moment où Johns reprend le titre à l’époque du New52 à savoir que les Atlantes sont toujours considérés comme des ennemis de la Terre alors que rien ne va dans ce sens du point de vue de l’histoire. Certes, cela nous donne une belle illustration des limites de la diplomatie y compris au sein de la Ligue de Justice mais cela efface de manière inconsciente tout le travail qui a été fait sur le personnage. N’y avait-il pas moyen de construire sur ce qui a déjà été fait plutôt que de repartir de zéro (encore une fois) ? Le personnage d’Aquaman a déjà eu de belles périodes qui se sont arrêtées de façon abruptes (Sub Diego, c’était quand même quelque chose) et visiblement, ça continue ...

Aux dessins, on ne va pas dire que ce soit une totale bonne pioche. Scot Eaton et Oscar Jimenez font du bon boulot pour le numéro Rebirth même si les dessinateurs n’arrivent pas à être réguliers sur une même page. Vu que je ne sais pas qui a dessiné quoi, je ne peux pas être plus précis mais quand on voit une Mera avec un visage tout mignon passer deux cases plus tard dans un contre-jour qui ne sert qu’à masquer le côté loupé du même visage, ça ne fait pas super pro (à moins que ce ne soit l’encreur qu’il faille passer sur le bûcher, c’est encore possible). Par la suite, Brad Walker prendra le relais sur le numéro 1 et sera chargé des couvertures de la série. Autant dire que le dessinateur devait probablement être l’étendard visuel de la série. Dommage, il ne tiendra pas plus des 20 pages réglementaires. Le travail de Walker avait un petit air vraiment pas désagréable de Rags Morales qui aurait pu mûrir avec le temps mais on ne pourra pas voir les évolutions, en tout cas sur Aquaman. Eaton reprendra sur un numéro avant de laisser les commandes au français Philippe Briones. Ce dernier fait du bon boulot avec un style détaillé et une masse considérable de travail (notamment dans la représentation de l’armée américaine qui
ne débarque pas avec deux jeeps et un char). Ceci étant, j’avoue que son style me laisse froid.

Aquaman est presque seul contre presque tout le monde (y compris son scénariste et l’équipe éditoriale, il faut croire). On lui fait donc reprendre les bases et du point de vue du lecteur, cela donne une impression de sur-place désagréable. Espérons que le demi-Atlante réussira à avoir des aventures un peu plus passionnantes par la suite.