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Hal Jordan & The Green Lantern Corps #1-7 : Sinestro’s Law

lundi 6 novembre 2017, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Robert Vendetti / Rafael Sandoval & Ethan Van Sciver)

Lu en VF dans la revue kiosque Justice League #1-5 parue chez Urban Comics (avec le numéro Rebirth).

Hal Jordan a subi pas mal d’ennuis : il a pris sur lui tous les reproches qu’on faisait aux Green Lanterns et s’est barré avec un gant spécial qui lui donnait suffisamment de pouvoirs pour survivre dans l’espace et continuer à effectuer la mission des shérifs de l’espace. Pendant ce temps, les Gardiens et tout le Corps a disparu. Il ne reste plus personne et l’autorité a été prise en charge par le Yellow Corps avec à sa tête Soranik Natu, fille d’un Sinestro mourant. Sauf que les choses ne vont pas rester comme ça. Tout d’abord, Jordan tente d’aller plus loin dans sa rébellion envers les Gardiens. Il essaie de construire un anneau lui-même à partir de sa propre volonté. S’il échoue, il risque de se dissoudre dans le spectre émotionnel. Et en face, Sinestro fait appel à Parallax pour une dernière faveur mais pas des moindres : siphonner son essence pour récupérer une seconde jeunesse. Voilà donc les deux ennemis gonflés à bloc et tandis que la puissance du Yellow Corps repose aussi sur une machine à peur, le Green Lantern Corps réussit enfin de s’extraire du trou interdimensionnel, même si c’est dans un état catastrophique avec impossibilité de recruter de nouveaux membres. Le combat est inégal ? Le croyez-vous vraiment ?

Ca fait bien longtemps que je n’ai rien lu concernant les Green Lantern. Je crois bien que la dernière fois que j’ai dû lire les aventures des sherifs intergalactiques, c’était à l’époque de Brightest Day. Un petit moment donc. Robert Vendetti était l’un des scénaristes du renouveau des Green Lantern lors du passage au New52 et il faut croire qu’il a fait du boulot suffisamment bon pour qu’on lui laisse les rènes du titre lors de l’événement Rebirth. Ce que je reconnais au scénariste, c’est qu’il sait mettre en scène aussi bien la destinée singulière d’Hal Jordan que les scènes (relativement peu nombreuses) des membres survivants du Corps. S’attachant à donner du sens au nom de sa série, Vendetti n’oublie jamais ni l’un, ni les autres, ce qui permet d’aérer un récit finalement assez linéaire. J’apprécie aussi le fait qu’on puisse prendre le train en route alors que ces numéros estampillés Rebirth sont dans une continuité logique. Je me laisserais bien tenter par les numéros où Soranik réussit à changer l’image du Yellow Corps et donne une façade juste à ce mouvement. Mais même sans la lecture de ce passage, on comprend bien la trahison de son père et son comportement par la suite tout au court de cette histoire. Une histoire qui finalement prend sa place et qui a pas mal de consistance.
Je n’ai pas été très impressionné par la Machine à Peur surtout qu’elle a une tête bien dure à moudre, mais c’est surtout son effet et le doublon qu’elle semble produire avec l’accès à Parallax qui est mal fichu. L’idée aussi que Hal puisse se perdre dans la puissance de l’anneau fait écho aussi bien à la Justice League qu’à Flash. Il serait bon que DC Comics ne s’arrête pas en si bon chemin et nous propose une intrigue avec une véritable utilisation des différentes forces en place dans l’univers. Sinon, cela donne un effet de redite pas forcément très heureux.

Rien à dire par rapport au travail des deux artistes qui se partagent le boulot sur cette série. Rafael Sandoval et Ethan Van Sciver font tout deux de l’excellent travail dans des styles qui sont toutefois différents. Sandoval dessine des personnages qui sont toujours bien fichus même sans masque (même si son John Stewart me semble trop jeune). Sa Soranik est assez proche de celle qu’on connaît lors de ses premières apparitions sous la plume de Patrick Gleason, contrairement à celle de Van Sciver, qui va pousser le personnage vers une ressemblance flagrante avec son père. Au rayon qui fait tiquer, j’ai trouvé que les personnages nus de Van Sciver étaient mal fichus ressemblant beaucoup à des boeufs (bon, ça associe le fond et la forme en ce qui concerne Guy Gardner, c’est vrai).
J’ai par contre bien apprécié le moment où Lyssa Drak et Hal Jordan se prennent tout deux un bon coup de poing en pleine figure et qu’ils tombent tous les deux suivant la même pose. On sent que ça tient plus de la mise en scène cinématographique que de la fainéantise et cela est toujours appréciable du point de vue du lecteur. Celui qui ne faiblit jamais, même en dessin, c’est Hal Jordan, ultra-puissant pendant toute cette histoire.

Hal Jordan & The Green Lantern Corps est donc une lecture agréable et j’espère qu’elle continuera à tenir ses promesses après un premier arc explosif qui laisse bien des pistes à explorer.