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Flash #1-8 : Lightning Strikes Twice

samedi 4 novembre 2017, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Joshua Willamson / Carmine Di Giandomenico, Neil Googe & Felipe Watanabe)

Le volume VO ou VF contient également le numéro Rebirth concernant Flash.

Lu en VF dans la revue kiosque Justice League #1-4 publiée par Urban Comics. Cet arc est aussi disponible en VF en librairie.

Barry Allen est l’homme le plus rapide de la Terre. Il est aussi celui qui a causé le Flashpoint en voulant empêcher l’assassinat de sa mère et donc celui qui a, au final, crée le monde du New52. Alors que Wally West tente de s’échapper de la Force Véloce, Allen le rencontre et chose impensable, se souvient de son ancien co-équipier ce qui lui permet de s’ancrer dans la réalité. Wally lui explique alors tout ce qui s’est passé, que le monde a changé et que quelqu’un a volé à l’univers dix ans d’existence. Cependant, si tout ceci est d’une importance capitale, Barry continue à servir Central City. Et c’est là qu’il assiste à une tempête causant des éclairs identiques à ceux l’ayant frappé auparavant. La force véloce fait des émules et les super-bolides commencent à pulluler en ville. Si certains ont de bonnes intentions, d’autres se servent de leurs super-pouvoirs pour commettre des crimes.
Heureusement pour Flash, il va être aidé par deux personnes : August Heart, un collègue qui va se trouver un rôle de side-kick bien commode pour son boulot, et Meena Dhawan, une scientifique de S.T.A.R Labs, qui va aider tous les civils victimes de la force véloce à appréhender leurs nouvelles facultés. Reste à savoir si tout le monde est bel et bien capable de gérer une telle responsabilité.

A la première lecture, je n’étais pas très convaincu par cet arc. On y retrouve des concepts déjà vus ailleurs : le pouvoir du héros qui atteint à peu près tout le monde, le concept de vol de force déjà mentionné dans le renouveau de la Justice League et un vilain qui au final est motivé en partie par les mêmes raisons que Zoom. Et puis à la deuxième lecture, il faut avouer que Williamson gère assez bien son affaire malgré les redondances. Les personnages sont bien campés et si il concède que Flash ne s’occupe pas de l’événement le plus important qui se soit jamais passé dans l’univers, il nous rappelle que le héros ne l’a pas oublié en fin d’arc. Le temps pour Barry Allen d’être heureux pendant une courte période.
Dommage que cette période n’ait pas été plus longue d’ailleurs, car je crois qu’il aurait été très sympathique de voir tous les incidents liés à la force véloce quand on n’y est pas habitué et que Allen prenne son rôle de mentor de façon plus appuyée. Malgré la longueur de l’arc (huit numéros, c’est deux de plus que la norme), j’ai trouvé que cette partie de l’intrigue n’était pas assez développée. Ceci étant les huit numéros permettent aussi d’avoir une histoire conséquente avec un développement qui ne fait pas précipité, ce qui est agréable.

Si le scénario contient aussi bien dans la forme que dans le fond, un cahier des charges proche de celui de Geoff Johns quand il était aux manettes du titre, on peut rapprocher le travail de Carmine Di Giandomenico très facilement à celui de Scott Kolins. Même travail sur le trait épais, même allure des visages des personnages et même design pour le super-vilain. J’ai déjà écrit en long, en large et en travers mon désamour envers le travail de Kolins et le fait aussi que je me suis habitué à son style. Du coup, avec Di Giandomenico, l’effet est forcément moindre et du coup, j’ai plus apprécié le travail de l’Italien. Il y a du boulot sur les planches de Flash : les effets des bolides sont super bien rendus et la mise en scène est efficace avec des cases qui ne donnent jamais l’impression de vide. Bien entendu, il faut aussi remercier le travail d’Ivan Plascencia, coloriste, qui rend les effets de super-vitesse très crépitants et spectaculaires. Di Giandomenico aura deux fill-ins sur les huit numéros (ce qui est fort compréhensible) mais ces derniers ont des styles réellement opposés à celui du dessinateur attitré.
Neil Googe a une approche nettement plus classique du comic-book. On verra que dans la réalisation des planches, le dessinateur n’échappe pas à des expressions communes pour ses personnages (deux planches montrent deux personnages féminins avec la même expression par exemple) et son Flash semble tout droit tiré de la série télévisée. Si ça n’est pas un mal en soi, cela change de la représentation précédente du super-héros.
Felipe Watanabe va encore reforcer la finesse du trait, ce qui nous donne de très belles planches détaillées concernant les personnages mais nettement moins concernant les décors. Malgré la présence de cases de travers, la mise en scène est nettement plus sage que chez les deux autres dessinateurs.

Je qualifierai ce récit de Flash d’agréable : il y a de l’aventure, un côté positif et des pistes pour la suite. Ceci étant, je trouve aussi qu’on sent trop la volonté de coller au run de Johns/Kolins, quasiment le seul run emblématique concernant Flash.
Le pathos n’est pas aussi présent, ce qui rend la lecture plus agréable, le rapprochement moins évident mais aussi les réactions du héros proche d’une bipolarité. Le principal étant d’avoir tout de même passé un bon moment et de voir comment Williamson va développer son intrigue principale.