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Action Comics #957-962 : The Path of Doom

jeudi 2 novembre 2017, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Dan Jurgens / Patrick Zircher, Tyler Kirkham & Stephen Segovia)

Lu en VF dans la revue Justice League #1-3 publiée en kiosque par Urban Comics.

Superman est mort, vive Superman ! C’est ce que les habitants de Metropolis ne vont pas tarder à dire. Que ce nouveau Superman soit en réalité un Lex Luthor dans une armure de combat issue de son passage sur Apokalyps ou bien un Superman copie presque conforme de celui qui est mort récemment. D’ailleurs, si le Kryptonien refait surface, c’est bien parce que voir Luthor porter l’emblème de la maison El l’insupporte au plus haut point. Mais deux Supermen ne seront pas de trop face à la menace qui point. En effet, une prise d’otage va servir de diversion à l’enlèvement d’un colis très suspect, colis qui ne tarde pas à tomber sur la terre ferme, ce qui n’était pas franchement prévu. Et dans ce colis, se trouve Doomsday, le seul méchant à avoir tué Superman. Kal-El et Lex Luthor vont devoir face front commun face à cette menace XXL sans que l’un ou l’autre ne le souhaite réellement. Pour compliquer les choses, voilà qu’un nouveau Clark Kent refait surface, mettant à mal la nouvelle selon laquelle le journaliste et le Superman décédé ne serait qu’une seule personne. Et bien entendu, dans l’ombre, un nouveau personnage affublé d’une faux très design observe les différents combats d’un œil attentif.

Dans cette nouvelle mouture "Rebirth" d’Action Comics, Dan Jurgens reprend l’un des arcs qui aura marqué l’histoire de Superman, à savoir sa mort et sa renaissance. C’est d’autant bien vu qu’il reprend tous ces éléments après la mort du Superman New52. La menace est bien réelle et le scénariste met son héros en difficulté. Ceci étant, ce ne sont pas ces scènes de combats toujours aussi dévastatrices qui sont les plus intéressantes. Non, il s’agit plutôt du jeu de double ou triple personnalité, du retour de personnages qui font que l’histoire tient en haleine. Bien entendu, ces mystères ne seront pas résolus à la fin de l’arc mais ont toutefois réussi à m’intriguer. Jurgens réussit aussi à bien traiter le duo Luthor / Superman sous un jour nouveau, sachant que les deux protagonistes restent sur leurs acquis, en ayant bien conscience que leur "adversaire" a changé mais sans réussir à comprendre en quoi. Concernant Kal-El, l’effet est encore plus sympathique pour le lecteur, qu’il semble s’agir d’une situation où Superman est injuste. Quelque chose de tout nouveau, puisqu’il n’est nullement contrôlé par un tiers.
S’il y avait un détail qui m’a particulièrement agacé, ce serait la présence systématique d’écrans qui permettent à tous les personnages de voir ce qu’ils veulent. Si je peux encore considérer que la tour de garde de la Ligue peut voir n’importe où grâce à son système satellitaire, ils devraient voir les choses vues de haut et pas comme s’ils avaient installé une caméra devant l’action. La palme de l’incohérence revenant au vilain méchant (?) dans l’ombre qui peut voir jusque chez les Kent (damned, objets connectés !).

Patrick Zircher est censé être le dessinateur attitré de la série. C’est lui qui ouvre les arcs mais il ne dure jamais longtemps puisque deux numéros après, il a toujours besoin d’un fill-in. A sa décharge, si la série est bimensuelle, il est logique qu’il tienne difficilement la cadence, étant donné qu’il s’agit là d’un dessinateur qui a besoin de temps. Ceci dit, je trouve que son travail se laisse lire avec plaisir et certaines de ses splash-pages révèlent un Superman vraiment bien dessiné. On voit que l’artiste fait des efforts pour varier ses angles de vues même si le résultat n’est pas toujours aussi réussi que sur des poses classiques. Ceci étant, du bon boulot. On pourra dire la même chose de ce que Tyler Kirkham nous propose même si on est à dix mille lieues du style de Zircher. Avec Kirkham, on est au rayon Aspen avec une inspiration venant probablement aussi bien du studio de Michael Turner que du travail de Joe Madureira. C’est efficace aussi, compliqué dès que certaines émotions font leur apparition (le cliché de l’énervement façon manga est très présent). Pour finir, on a aussi droit à certaines planches de Stephen Segovia. De ce côté-ci, rien à dire : ça fait tout à fait le job demandé avec le côté joli des portraits rapprochés et l’explosion des scènes d’action. Par contre, je ne suis pas sûr de pouvoir reconnaître son style en regardant des planches.

Au final, même si le côté bourrin est très présent et que la sympathie repose en partie sur les clins d’œil par rapport à la Mort de Superman (et surtout son retour, en fait), cette nouvelle mouture d’Action Comics se laisse lire avec plaisir et est certainement le meilleur titre de l’anthologie VF kiosque Justice League.