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Justice League #1-5 : The Extinction Machine

dimanche 29 octobre 2017, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Bryan Hitch / Bryan Hitch, Tony S. Daniel, & Jesus Merino)

Ce volume contient les numéros Rebirth #1 et les #1-5 de la série régulière.

Lu en VF dans les numéros 1 à 4 de la revue Justice League parue chez Urban Comics.


Un souci sur la planète ? Ça ne va pas durer longtemps car la Ligue de Justice est là. Enfin, on va dire qu’elle fait ce qu’elle peut, amputée de son homme fort, Superman, mort sur le champ de bataille. La ligue va devoir affronter deux menaces différentes : la première est une attaque d’aliens possédant les humains en se collant à leur visage, Alien-style. Heureusement que le Superman classique sera là pour arranger les choses.

La seconde menace est en réalité double. Une nouvelle attaque d’aliens insectoïdes menaçant les humains va de paire avec ces mêmes humains étant possédés et s’agglomérant pour créer des êtres géants qui s’appellent les semblables. De quoi bien occuper nos super-héros d’autant que certains d’entre eux, comme Flash ou les Green Lanterns, voient leur pouvoir saper momentanément. Une double menace qui s’accompagne de tremblements de terre à répétition et à des endroits complètement improbables. Heureusement que Superman sera là pour arranger les choses.

Comment ça, j’ai écrit la même chose ? C’est vrai que j’aurais pu faire un coup de copier-coller. C’est probablement ce que Bryan Hitch a fait pour proposer son pitch à DC Comics. Car pour ces deux histoires, il y a des points communs forts troublants même si les deux sont différentes. Le numéro Rebirth présente la Ligue comme elle l’est à la fin du New52, c’est à dire sûre d’elle car ayant déjà affronté des gros calibres (du type Darkseid) mais aussi incomplète puisque leur Superman est mort sur le champ de bataille. Et il faut dire que Hitch n’est pas tendre avec l’équipe car les membres aussi forts soient-ils ne peuvent rivaliser avec les ennemis qu’ils ont en face d’eux. Le dessinateur d’Authority et scénariste de deux mini-séries chez Image (America’s Got Powers et Real Heroes) va mettre en avant le Kryptonien. Dans la première aventure, Kal-El est celui qui arrive comme un cheveu dans la soupe pour indiquer à quel endroit il faut frapper. Dans la seconde, il fait partie du travail d’équipe mais réalise une prouesse incroyable. Si j’ai bien compris, on peut envoyer Superman dans un solide visqueux sans qu’il en meurt, c’est quand même très pratique, ou alors il y a moyen de respirer dans le noyau terrestre et la lave ne rentre pas dans les oreilles et les narines de Superman). En soi, ça n’est pas très embêtant que Kal-El réalise des prouesses hors du commun, c’est même son rôle mais c’est quand même très mal raconté ; On aurait pu voir le héros réaliser pas à pas sa tâche tout en remontant à la surface pour faire le plein d’oxygène et d’énergie. L’action aurait été moins tendue, peut-être, mais elle aurait aussi rendu Superman moins indestructible qu’il ne l’est déjà.
A contrario, s’il y a bien un héros qui a un rôle majeur dans l’histoire, c’est Aquaman. Et pourtant, les passages qui le concernent sont vraiment tièdes. Il y a des figurines, un chant mystérieux et une résolution bien commode à la fin de l’arc. Il y aurait pu y avoir des énigmes pour l’Atlante, le principe de chercher ou d’affronter des monstres incroyables pour récupérer les figurines, mais non. Aquaman se contente de nager. C’est encore ce qu’il fait de mieux.

Écrit comme ça, je ne donne pas cher de l’écriture de Hitch. Pourtant, dans son arc, j’ai trouvé intéressant que la Ligue soit confrontée à deux menaces ennemies l’une de l’autre. Cela permet de ne pas tracer de ligne "gentils / méchants" et pose les héros en face de décisions difficiles à prendre. Il y a des pistes d’intrigues qui sont laissées par ci par là, comme pour Cyborg ou Wonder Woman. Reste à savoir si le scénariste réussira à les développer et à nous proposer quelque chose d’intéressant. Les Green Lanterns sont là comme force de frappe avec au moins une relation intéressante entre Jessica et Flash. Cyborg a la chance d’être au cœur des communications et de téléporter les gens, sinon on ne le verrai pas et Batman joue son rôle de chef mais ne fait pas preuve de beaucoup de ruse ou d’analyse de la situation.

Si le cerveau n’est pas gâté, est-ce que les yeux le sont ? Je serais tenté de répondre oui et non. Oui, parce qu’on a du beau monde à bord. Hitch et Daniel, ce sont tout de même des artistes qui en ont sous le coude et Merino n’est pas non plus un manchot même si on le connaît plus comme encreur que comme dessinateur. Et non, parce que Hitch qui n’a pourtant qu’un seul numéro ne parvient pas à me faire rêver et surtout, ne fournit pas un travail digne de ce qu’il a pu faire auparavant. C’est un peu le même cas qui se pose avec Tony S. Daniel dont certaines pages sont vraiment très jolies (un peu comme ses couvertures qui ont toujours un effet wow, même si leur composition n’est pas très heureuse) et parfois franchement bâclées. C’est finalement Merino qui rendra la copie la plus régulière même si je soupçonne une palanquée d’artistes d’être présents pour compléter le numéro même s’ils ne sont pas crédités (Hitch signe une page, quand Superman est au centre de la Terre, c’est sûr et certain ou alors il a demandé à Alan Davis de le dépanner).

Bref, ce premier arc de Justice League permet de présenter les héros à de nouveaux lecteurs, présente une menace de taille mais n’offre rien d’original, voire même repousse les héros dans leur stéréotype - damned, Aquaman en prend vraiment pour son grade, du point de vue de l’utilité. Il faudrait qu’un bon scénariste inspiré s’empare des manettes. Mais Bryan Hitch est encore à bord au numéro 34 avec quelques fill-ins. Espérons donc qu’il prenne rapidement de l’expérience.