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Récit Complet Justice League #2 : Green Lanterns - Planète Enragée

jeudi 10 août 2017, par Mathieu Doublet

(DC Comics - Urban Comics / Geoff Johns & Sam Humpries / Ethan Van Sciver, Ed Benes, Robson Rocha, Tom Derenick, Jack Herbert, Neil Edwards, Eduardo Pansica & Will Conrad)

Cette revue contient :
- Green Lanterns Rebirth #1
- Green Lanterns #1-6

Hal Jordan a besoin d’aller ailleurs dans l’espace pour régler ses problèmes avec Sinestro mais il ne peut décemment pas laisser la Terre et le secteur 2418 sans surveillance.
Voilà comment Simon Baz et Jessica Cruz récupèrent chacun un anneau de Green Lantern. Pourtant les deux jeunes adultes n’ont pas le profil type du policier de l’espace. Baz est un voleur de voiture qui a passé un petit moment à Guantanamo, étant accusé à tort de terrorisme. Il paie donc cher le fait d’avoir volé la mauvaise caisse et voit sa famille (sa sœur, son beauf et son neveu) harcelée simplement parce qu’ils sont musulmans. Cruz, quant à elle, est agoraphobe. Suite à un massacre auquel elle a assisté, complètement impuissante, cela fait trois ans qu’elle n’a pas quitté son appartement.
Et pourtant, chacun semble avoir vaincu sa peur puisqu’il se voit doté de l’arme la plus puissante de l’espace. Ils ont beaucoup de mal à se supporter et leur statut de novice laisse entendre à Hal Jordan qu’ils doivent réussir à travailler ensemble. Le senior fusionne les deux lanternes personnelles de nos héros et les voilà pieds et poings liés. Une entente va donc être primordiale d’autant qu’ils vont rapidement devoir affronter une menace bien réelle : celle d’Atrocitus et des Red Lanterns.

Après un numéro Rebirth de rigueur qui remet tout ce qu’il faut savoir à plat (même si j’ai un peu de mal à bien comprendre le traumatisme de Cruz), Geoff Johns laisse la main à Sam Humphries (son coup d’essai Our Love is Real, diverses
séries chez Marvel - Ultimate Universe, Avengers A.I., Legendary Star-Lord, ...). Le scénariste est donc nouveau sur le titre et gère deux nouvelles recrues ce qui lui laisse pas mal de marge même s’il doit considérer ce qui se fait sur Justice League
(en effet, Simon et Jessica sont censés être formés par les membres de la JLA). Et il va y aller franco avec une menace mondiale qui n’est pas des plus simples. En effet, Atrocitus n’est pas le plus docile des vilains et ses créatures, si elles ne sont pas très horribles, ne sont pas non plus des enfants de cœur.
Le souci, dans ce cas-là, c’est forcément de mettre ses héros en échec. Et c’est grosso modo ce qui se passe sur les cinq premiers numéros de la série Green Lanterns (avec un "s"), sachant que les personnages passent le gros de leur temps à se demander pourquoi les anneaux les ont choisi. Ça peut passer une ou deux fois mais on a droit à ce passage obligé sur chaque chapitre. Si l’intention "un comic-book doit pouvoir être le premier de n’importe quel lecteur" est noble, elle est aussi rapidement lassante, l’image des héros qui s’apitoient sur leur sort n’étant pas forcément ce que l’on cherche dans ce genre de récits. Le personnage de Simon Baz joue un peu plus la subtilité car devant cette incertitude, il donne une image sûre de lui, quitte à la surjouer "cow-boy de l’espace".
On peut dire aussi que les anneaux ne sont pas tendres avec ces nouvelles recrues et qu’elles n’indiquent pas vraiment d’informations très intéressantes. Elles font leur boulot, c’est-à-dire de répondre à leurs propriétaires mais j’avoue que ces derniers
sont curieux sauf en temps de crise, au moment où il faudrait justement avoir plus d’informations pour éliminer les adversaires qui se présentent. A noter aussi que les anneaux, dont l’alarme n’arrête pas de se déclencher à tout bout de champs, se taisent de façon bien commode dès la fin de l’arc alors qu’elles devraient continuer à hurler vu ce qui se passe. Une facilité scénaristique qui achève un récit un poil poussif.

Aux dessins, on devrait avoir droit de façon continue au travail de Robson Rocha encré par Jay Leisten (qui avait dessiné pas mal de Hack/Slash). Il est vrai que l’artiste, s’il n’a pas manqué de travailler quasiment chaque mois chez DC, n’a pas encore eu de série régulière à son entière charge. Et le résultat n’est pas très surprenant : il cale dès le numéro 3, ouvrant le bal des artistes fill-ins avec des encreurs qui eux aussi se multiplient. Pourtant, cela ne change pas grand chose au récit pour peu qu’on ne s’arrête pas sur chaque page. A la lecture première de l’histoire, les styles se suivent sans choquer. Ensuite, si on prend une page au hasard dans le magazine, on se rendra rapidement compte que les dessins sont différents. La colorisation de Blond permet aussi de lisser les différences d’autant qu’avec des Green et des Red Lanterns qui ne sont pas les plus fins des représentants du spectre lumineux, ça va solliciter les yeux du lecteur. Mais tous les artistes à bord font preuve de générosité avec des planches qui possèdent leur lot de détail. Les Red Lanterns avec leur vomi permanent demandent déjà beaucoup de travail et le reste des personnages arrive pourtant à être soigné. Ce sont finalement les situations les plus ordinaires qui ont le traitement graphique le plus léger.

Green Lanterns n’est donc pas ma série préférée dans cette cuvée Rebirth. Humpries tente quelques trucs (les nouveaux pouvoirs de Baz qui pourrait bien devenir le prochain Ion) mais loupe sa sortie d’arc, histoire que ça arrange bien ses personnages. Et comme la facture graphique n’est pas exceptionnelle, on peut dire que ce numéro est tout à fait anecdotique.