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Deadpool the Duck #1-5

vendredi 7 juillet 2017, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Stuart Moore / Jacopo Camagni)


Etre mercenaire, c’est aussi accepter des contrats fournis par le S.H.I.E.L.D. Voilà comment Deadpool arrive là où Howard a décidé de laisser traîner ses guêtres. Le Canard se demande toujours pourquoi il vit aussi misérablement et pourquoi le destin ne lui sourit pas un peu plus. La seule réponse qu’il obtient débarque sous la forme d’une navette spatiale qui manque de détruire sa voiture. Son poursuivant, par contre, la démolit complètement sans l’ombre d’un remord. A bord de la navette écrasée, Howard découvre son ami Rocket Raccoon qui le met en garde avant de partir en mode rageux. En voulant s’échapper de son ami, Howard se retrouve en face de Deadpool. Celui-ci cherche à capturer un extra-terrestre de classe supérieure et prend rapidement Rocket pour cible. Après une bataille dans les règles, Rocket mord dans le téléporteur que Wade Wilson porte au poignet et crée, sans le vouloir, cette créature improbable, Deadpool the Duck.

Hé oui, Marvel a inventé une histoire "crédible" pour créer le crossover le plus bizarre de tous les temps. Un bon signe pour Howard puisqu’il semble être suffisamment populaire pour réapparaître après la fin de sa série par Zdarsky et Quinones. Deadpool, quant à lui, est la vache laitière de la maison des idées, on le retrouve donc logiquement dans cette revue.
Je trouve que le concept de départ qui prend tout le premier numéro est soigné et qu’on en a déjà pour notre argent. Stuart Moore (un mercenaire de l’écriture puisqu’on le retrouve aussi bien sur Firestorm que Wolverine, Conan ou The 99) tisse donc les bases illogiques de son récit mais qui, une fois posées, nous proposent un cadre établi et qui ne changera pas. Ainsi si Deadpool a pris possession du corps de Howard, ce dernier n’est pas en reste puisqu’il occupe la place de l’esprit animal qui accompagnait Deadpool en début de récit.
Par la suite, Moore va faire voyager nos deux héros sur Terre et dans l’espace, à la rencontre d’endroits improbables et de leurs occupants qui le sont tout autant. De quoi rendre l’action trépidante et agréable à suivre avec quelques commentaires qui brisent le quatrième mur. A ce titre, le mashup des deux personnages m’a souvent fait penser à Daffy Duck dans sa tenue de héros spatial, Duck Dodgers. Rajoutant de fait, une voix assez rigolote à l’ensemble.
Le final sera à la hauteur du reste avec un ennemi qui, je le suppose, renvoie au run classique de Steve Gerber sur Howard The Duck. Néanmoins, même si vous ne connaissez pas ce méchant ridicule, vous pourrez profiter de l’histoire, avec simplement un petit clin d’oeil en moins. De plus, cela pourra vous donner envie de vous jeter sur ces anciennes histoires de canard. (En tout cas, c’est le cas pour moi.)

Deadpool the Duck bénéficie de superbes portes d’entrée grâce aux couvertures de David Nakayama. Heureusement, ces couvertures très efficaces (il n’y a peut-être que la seconde qui est assez classique) précèdent le travail d’un artiste qui est à la hauteur.
Jacopo Camagni est un artiste qui bosse chez Marvel depuis un petit moment déjà. Il commence sur des séries jeunesse (Marvel Adventures) et après quelques mini-séries en rapport avec les X-Men, commence à s’occuper du destin de Deadpool. D’abord en mini-série puis en série régulière. Si donc il connaît parfaitement le mercenaire sur le bout des doigts et le manie très bien, il donne une version d’Howard particulièrement réussie avec une palette d’expression qui capture bien le caractère désabusé du volatile.
A noter une mise en page dynamique qui donne des scènes de combat intenses qui profite aussi de toute la gestuelle du mini-héros qui envoie du bois et reste drôle. Camagni se permet même une ou deux pages nuff’said et utilise les splash-pages avec parcimonie ce qui donne un effet boeuf dès qu’une d’entre elles apparaît.
Les décors sont riches (même dans la Zone Négative) et il n’y a que les personnages 100% humain qui mériteraient encore un peu de boulot pour avoir un travail sans aucune faille.

Au final, même si j’étais déjà très client du concept, je suis agréablement surpris par cette mini-série qui garde un côté humoristique très présent (et qui tape aussi souvent dans le comique dégueu qu’apprécie une partie des Américains) et à la fois un scénario carré qui tient debout. Une belle réussite.