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Wonder Woman Rebirth Tome 1 : Année Un

dimanche 25 juin 2017, par Mathieu Doublet

(DC Comics – Urban Comics / Greg Rucka / Nicola Scott & Bilquis Evely)

Lu en VF.

Ce tome reprend les épisodes 2, 4, 6, 8, 10 et 12 de la série Rebirth.


Steve Trevor est un soldat qui aime son pays et qui est prêt à partir sur n’importe quel front. Si son meilleur ami a commencé à construire une famille, on ne peut pas dire que Steve en soit au même point. Parallèlement à cela, la jeune princesse Diana de Themyscira sent que quelque chose lui manque. Les deux vont être confrontés à des événements très particuliers : pour le militaire, c’est un envoi sur une mission pour contrer le mouvement SEAR. Pour la princesse, c’est l’apparition d’un arbre noir cauchemardesque d’où sort un serpent qui va la mordre. Deux signaux annonciateurs d’un changement à venir.
En effet, au cours de la mission, Steve va voir l’avion qui le transporte lui et sa troupe s’écraser sur les plages d’une petite île. Il sera le seul survivant au crash et sera réveillé par une troupe d’Amazones pas forcément très heureuses de le voir arriver, toute intrusion étant un signe de guerre manifeste. Pour Diana, ce sera le premier signe qu’il faut partir et intervenir auprès du monde des hommes, un monde qu’elle idéalise beaucoup.

Au moment des lancements des séries Rebirth, DC Comics a choisi de publier quelques séries sur un rythme bimensuel, histoire d’en vendre un peu plus. Mais pour les dessinateurs, c’est bien évidemment un rythme impossible à tenir. Il faut donc une pirouette scénaristique pour éviter que le dessinateur ne s’ampute des deux bras au bout d’un run de douze épisodes.
Du coup, Greg Rucka va choisir de continuer son histoire pré-Rebirth d’un côté et de se lancer dans une nouvelle histoire des origines de l’Amazone. Au moment où j’écris ces lignes, le film avec Gal Gadot vient de sortir et la parution de ce volume permet à de nouveaux lecteurs de prendre le train en marche, les deux histoires étant assez proches, même si différentes.
Ainsi on va avoir droit à l’arrivée de Wonder Woman dans le pays des hommes, à son incompréhension de celui-ci, au fait qu’elle leur fasse tout de même confiance et qu’elle finisse par rencontrer le vilain qui est la source de ses problèmes, même si, à n’en pas douter, les choses ne sont pas aussi simples que Diana pourrait le penser.

Greg Rucka oblige, on aura droit à une galerie de personnages qui met en valeur les femmes. Si les femmes sont dans des rôles majeurs pour l’histoire (princesse guerrière, experte militaire ou archéologue obstinée) et finalement, c’est bien Steve Trevor qui sert de faire-valoir et qui va subir tout ce qui arrive, même s’il le fait de façon fort héroïque, image du militaire droit dans ses bottes qui sert son pays et un idéal (là encore, une image « ruckéenne » récurrente).
Concernant Diana, l’auteur prend le parti-pris (contrairement au film) de laisser Diana dans une complète incompréhension avant une intervention divine et la découverte des capacités du lasso. C’est suffisamment logique pour que ça fonctionne et ça donne beaucoup d’ampleur à la découverte du monde des humains et au fait que Diana n’y soit absolument pas préparée.
Pour le scénario, bon, on est sur une nouvelle réécriture des origines, partiellement commune avec celles du film, ce qui fait qu’il n’y a rien de bien passionnant dans le fond.

Aux dessins, Nicola Scott réalise un travail assez bluffant. Les traits sont très fins, les personnages très beaux (voire un peu trop), les expressions sont bien rendues (tellement bien que Diana a un visage parfois grotesque). Et forcément, vu tout le boulot fourni sur les protagonistes, les décors passent au second plan. Ceci dit, l’artiste connaît son boulot et ne donne jamais l’impression d’avoir des cases vides en face de soi. Il faut dire aussi que l’excellente copie graphique doit aussi au superbe travail de Romulo Fajardo Jr. qui possède une palette riche et fait un sacré boulot sur la mise en lumière des cases. Un coloriste que l’on retrouvera aussi sur l’épisode fill-in réalisé par Bilquis Evely, très bonne artiste brésilienne, au style prononcé et maîtrisé, un poil plus cartoon que ce que fait Scott.
Que ce soit pour Scott ou pour Evely, la mise en scène et le découpage des planches est très bon avec tout de même plus d’audace et de panache en ce qui concerne les planches de Nicola Scott.

Au final, je suis un peu embêté pour dire ce que je pense de cet album. Trop longtemps absent de l’univers DC, je ne peux pas comparer avec ce que Azzarello a pu produire (pas eu le temps de lire le run en entier). Et comparer avec ce que Rucka avait déjà fait sur l’Amazone ne serait pas tout à fait juste car le personnage n’était absolument pas dans la même situation au niveau continuité. Pour un nouveau lecteur, cet album est parfait avec les bases et un dessin magnifique.

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