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Punisher : Nightmare #1-5

dimanche 12 mars 2017, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Scott M. Gimple / Mark Texiera)

Lu en VF dans Marvel Saga 5.


En enquêtant sur une balade affaire de guerre des gangs, Frank Castle tombe sur le blog de Jake Niman. Militaire, tout comme lui, veuf et ayant perdu ses enfants lors d’un règlement de compte en plein Central Park, tout comme lui. Il reste tout de même une légère différence : Jake a abandonné l’armée car un alter-ego s’emparait de lui dès qu’il partait en guerre. Un alter-ego ultra-violent que ses camarades de compagnie n’ont rien trouvé d’autre que de le surnommer Johnny Cauchemar. Castle va donc prendre à cœur ce fait divers qui ressemble à sa vie mais il va rapidement se rendre compte qu’il fait peut-être fausse route et que Niman cache involontairement bien des choses.

Nightmare est une mini-série qui va taper dans les effets de réclame. Elle est hebdomadaire et signée par l’un des scénaristes / producteurs de la série télé The Walking Dead. Et c’est à mon humble avis, dans ce genre de choses que l’on va qu’écrire pour l’audiovisuel ou écrire pour de la bande dessinée, ça n’est carrément pas la même chose. Il y a deux gros soucis dans Nightmare. Le premier est purement formel : arriver à faire comprendre que Niman n’est pas bien clair dans sa tête mais sans révéler le pot aux roses tout de suite et garder un peu de suspense. Pour moi, il n’y a rien de plus ennuyeux que de lire des bribes de phrases sur lesquelles on ne peut pas placer de sens et qui, au final, sont tellement passe-partout qu’une seconde lecture est inutile. Des petites phrases hachées qui vont parsemer le récit et surtout jouer sur la répétition. Il y a fort probablement l’idée d’obsession derrière tout cela et le fait que le mental de Niman en a pris un sacré coup.

Le second souci vient du fond. Car Nightmare ne propose en tout et pour tout que de confronter Frank Castle à un adversaire qui lui est quasi-identique. Je ne suis pas un ultra-fan du Punisher qui aurait lu toutes ses aventures mais le concept du double, j’imagine qu’il a déjà été exploité dans la carrière du justicier à la tête de mort. On se retrouve donc avec le refrain de l’ancien du Vietnam qui se trouve trop violent et l’accepte, ou bien comprendre qu’il est un monstre, mais un monstre minime (qui a dit "un monstre gentil" en chantant ?) face à son adversaire. Il y a même des flashbacks où Castle joue le rôle du gentil soldat accompagnant des coéquipiers plus cruels, plus réalistes face à leur mission. En jouant à la fois du yoyo pour Castle et le thème du double, Gimple ne sort pas des sentiers battus et n’arrive pas vraiment à donner la finesse qu’il le souhaite à son héros.

Aux dessins, on retrouve Mark Texeira, la raison majeure qui m’a poussé à l’achat du magazine. J’en ai eu pour mon argent, je dirais, même si Texeira n’est probablement pas l’artiste idéal pour le sujet qui intéressait le scénariste. Plus jeune, Texeira aurait certainement pu produire des planches plus hardcore et rendant probablement en plus le chaos ambiant dans la personne de Niman. Ici, on est face à un Tex qui assure mais qui ne produit pas de planche réellement surprenante. Et bien entendu, l’artiste fatigue sur la longueur et les dernières planches sont bien moins efficaces que celle du début de mini-série. Est-ce la faute du dessinateur ou du coloriste Frank d’Armata (qui bosse habituellement avec Texeira) mais j’ai trouvé les ambiances assez répétitives. Les personnages se distinguent les uns des autres par des gimmicks capillaires (et franchement, la crête pour Nightmare n’était peut-être pas obligatoire) ce qui ne montre pas une réelle distinction entre eux. J’imagine bien que, là encore, c’est un choix mûrement réfléchi qui souligne le thème du double mais même avec les cartouches de voix-off qui sont elles colorisées suivant le personnage qui parle, ça n’est pas toujours simple à suivre.

Au final donc, ce Nightmare pourrait être un récit relativement intéressant pour un nouveau lecteur ou quelqu’un qui aborde le personnage du Punisher pour la première fois. Il manque cruellement d’intérêt ou de finesse pour un lecteur plus assidu.

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