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Secret #1-7

mardi 20 décembre 2016, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Jonathan Hickman / Ryan Bodenheim)


Quand Grant Miller se présente auprès d’une entreprise, c’est que la sécurité de celle-ci laisse quelque peu à désirer. Ou plutôt que Steadman, l’entreprise pour laquelle il bosse est en mesure d’aider l’entreprise auditée. Tout cela grâce à des méthodes qui sont, disons, discutables. Ce qui tombe plutôt pas mal, c’est qu’un client de l’entreprise en question vient d’être séquestré la veille chez lui et qui a menacé dans les grandes largeurs. Si seulement le pauvre bougre pouvait savoir que la menace qu’il a rencontrée est en réalité complètement mise en scène afin qu’il fasse justement appel à Miller et son patron. Bref, tout irait le mieux dans le meilleur des mondes si Miller n’apprenait que son mentor / ami / partenaire Thomas Moore a été abattu lors d’un dîner. Miller se doute bien que le monde n’est pas aussi clair qu’on veut bien lui présenter et va mettre le doigt dans une affaire qui ne sera pas plus grosse que lui mais qui sera bien dangereuse.

Secret est donc un titre assez ancien chez Image Comics, mais en 2012, Hickman se débrouillait déjà plutôt pas mal chez Marvel. Et Secret est là pour nous montrer qu’un nom de scénariste n’est pas toujours gage de succès puisque la série ne durera que sept numéros, de plus, publiés en 2 ans. Bien entendu, difficile de trouver d’où vient le souci et la série en fera donc son deuil. Pourtant, Hickman est beaucoup plus clair, à mon humble avis, que dans la plupart des séries qu’il a scénarisées pour Image Comics jusque là. Si on retrouve la patte visuelle d’Hickman dans la mise en page qui correspond à tout ce qui n’est pas bande dessinée, l’histoire est (presque) claire, les personnages ne sont pas extrêmement nombreux, il y a des flash-backs qui sont là pour éclaircir la lecture et pas nous perdre (ou pas bien longtemps), bref, ça n’est pas très compliqué à suivre. D’autant que le scénariste va suivre un code très série télévisée avec intro, scène choc, titre, développé de l’épisode. Et c’est peut-être parce que Secret n’est pas aussi alambiquée que ses soeurs, qu’elle a eu du mal à convaincre les lecteurs.

Il faut dire que le dessinateur Ryan Bodenheim (entre autres Black Panther, Fear Itself : Fearsome Four, A Red Mass for Mars - déjà avec Hickman ou The Dying & The Dead - toujours avec Hickman) est certes un artiste qui sait gratter de superbes cases mais qui souffre de deux points noirs. Le premier est l’irrégularité. Si certaines de ses cases sont superbes, si certains visages sont d’une beauté hallucinante et qu’on se dit que là, c’est du travail absolument superbe, il n’est pas capable de gérer cette maîtrise sur un numéro, voire même sur une planche. Cela ne serait pas si gênant que ça si le héros ne changeait pas de couleur de cheveux entre les numéros 1 et 2, si les personnages masculins étaient trop proches avec des visages qui m’ont rappelé ceux de Ken le survivant et ses potes (d’accord, j’exagère, mais tous les barbouzes vont avoir des gueules rectangulaires qui semblent interchangeables). Avec plus de finesse, plus de rigueur sur chaque numéro, Bodenheim aurait probablement pu aider à mieux différencier les personnages. Le second point noir vient de la mise en scène. Ce qui m’a gêné au cours de la lecture, c’est qu’on lit les numéros très rapidement, la faute à une mise en scène très aérée qui tient à la fois de la décompression et que les scènes sont majoritairement diplomatiques ou de dialogues. Il y a certes des scènes d’actions souvent bien fichues et qui permettent de redonner un peu de vie à l’ensemble mais elles ne sont pas suffisamment nombreuses.

En fait, Secret n’est pas désagréable à lire. Ce qui est le plus frustrant, c’est que le développement des personnages est avancé mais ne sert pas à grand chose et qu’au bout des sept numéros, si les choses semblent être réglées, on se dit qu’il y a encore quelques aventures à vivre en compagnie de cette équipe de barbouzes qui risque de ne pas faire feu bien longtemps. Telle quelle, Secret reste un beau story-board de série télé mais comme bande dessinée, elle reste plus frustrante qu’enthousiasmante, ce qui est fort dommage.

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