Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Dark Horse > The Midnight Society : The Black Lake #1-4

The Midnight Society : The Black Lake #1-4

mardi 29 novembre 2016, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Drew Edward Johnson)

Si Arcturus et Kevin Kaycee sont deux crypto-zoologues (comprendre par là, des chasseurs d’animaux mythiques), le premier considère plus ses découvertes comme étant des créatures dotées de raison et
donc de certains droits tandis que le second est beaucoup plus à la recherche de trophées, de preuves d’existence et de célébrité. Ceci dit, ils sont aussi ce que l’on pourrait appeler des amis. Alors quand Kaycee
vient à disparaître dans le Loch Ness, Arcturus se dit qu’il se doit d’enquêter. Alors le patron de la MI : Omega lance d’une de ses agents sur le terrain. Et comme cela va se passer sous l’eau, qui mieux que Matilda Finn,
sirène de son état, pour accomplir cette mission ? Ceci dit, l’agence gouvernementale se chargeant des mystères de la planète est scrutée d’un oeil insistant par les personnes au pouvoir qui aimeraient bien faire quelques
économies. L’agence ne tient donc qu’à un fil et il suffirait d’une action un peu mouvementée, d’une discrétion mise à mal et les crédits pourraient soudain être suspendus.
Le souci pour Matilda, c’est qu’effectivement le monstre du Loch en a gros sur la patate et que Kaycee a beaucoup forcé la main du destin.

Drew Edward Johnson après avoir bossé longtemps en tant que dessinateur (rappelez-vous l’excellent run de Greg Rucka sur Wonder Woman au début des années 2000) qui se met au creator-owned chez Dark Horse. On peut dire que
l’auteur a bien choisi sa maison d’édition puisque tout ce qui fait The Midnight Society rentre parfaitement dans le cahier des charges de bien des séries publiées chez Dark Horse. Des créatures mythiques, une agence gouvernementale
secrète, une héroïne aux facultés particulières : on est pile poil dans le cadre d’un Hellboy, à la limite d’une Buffy, même si le titre qui nous concerne possède plus de points communs avec la série de Mike Mignola.
Du coup, il n’y a pas vraiment beaucoup de surprises dans cette mini-série. Cependant, le scénario est correctement écrit et le fait que l’auteur cherche à nous mettre tout de suite dans l’action est un point positif. Cela a aussi un aspect
très déroutant : avec une espèce de résumé dès la couverture intérieure du premier numéro, on peut tout à fait imaginer qu’il y a eu quelque chose avant cette aventure. Or il n’en est rien, ce qui explique les très légers flash-backs "origine"
concernant Matilda. Cela nous épargne un premier arc se concentrant sur l’introduction de l’héroïne et nous donne une aventure complète.
Comme je le disais juste avant, il y aura assez peu de surprises et que les promesses pré-premier numéro ne seront pas forcément honorées. Ceci étant, on peut mettre au crédit de l’auteur qu’il y a une belle tension une fois les héros plongés
sous l’eau et que l’héroïne est plutôt bien écrite même si on peut se demander pourquoi elle est aussi renfermée et maussade.

Ce qui m’a le plus surpris en lisant la carrière de l’auteur, c’est que je gardais un souvenir vraiment très différent de ses dessins. Alors certes, 14 ans sont passés et que l’auteur a pu évoluer dans son style. Pour le coup, je trouve que les dessins
de Midnight Society qui m’avaient assez séduit sur les previews sont finalement moins bons que le travail de Johnson sur Wonder Woman où il y avait une certaine élégance attachée à un trait sûr et assez avare dans les micros-détails et hachures. Là, on a des
effets d’ombres qui semblent mal assurés et mélangés à une colorisation qui sera d’ailleurs effectuée par deux personnes (Lizzy John qui fournit du bon boulot et Daniele Rudoni qui est déjà nettement moins efficace), le résultat donne vraiment un aspect amateur qu’on n’attend
pas d’un tel artiste. Il y a certainement eu des soucis de production qui ont empêché le titre de garder une qualité homogène, ce qui est fort dommage.

Au final, The Midnight Society est trop classique pour moi et la facture graphique est trop pauvre par rapport à ce que j’en attendais. Reste un univers qui peut gagner en intérêt avec un peu de développement.