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Power Cubed #1-4

dimanche 27 novembre 2016, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Aaron Lopresti)

Kenny est un ado qui a forcément des soucis de communication avec son père. Et si il lui arrive de parler avec sa mère, c’est dans ses rêves puisqu’elle est morte accidentellement.
Autant dire que le jeune homme n’a pas une vie facile même si il a quelques dons comme celui de dessiner tout ce qu’il imagine avec une certaine efficacité. Ce que Kenny ignore, c’est que son
père est en réalité un extra-terrestre dissident qui a décidé de vivre sur Terre après être tombé amoureux d’une terrienne qui aurait dû être disséquée selon le protocole habituel. mais le père de
Kenny est conscient que ses beaux jours sont comptés et que ses compatriotes vont chercher à le récupérer. C’est pourquoi il décide d’offrir un cadeau absolument fabuleux à son fils : un cube qui va
lui permettre de changer n’importe quel objet en autre chose. Or, ce cube est aussi recherché par un médecin nazi, le docteur Cruel, qui va embaucher deux petites frappes pour mettre la main sur le formidable cube .

J’ai appris récemment qu’Aaron Lopresti avait tenté l’aventure Image Comics avec une série appelée Atomic Toybox qui n’avait connu à l’époque qu’un seul numéro. Lopresti a donc repris ses planches (toujours selon
la même source, toutes les pages sauf une auraient été redessinées - merci Tony) Et voilà un projet creator-owned qui refait surface 16 ans plus tard. Le résultat ? Une expérience de lecture très fun qui fait la part belle
à des aventures pas forcément très variées (après tout, il n’y a que 4 numéros) mais dynamiques. Les personnages sont peut-être clichés mais je suis toujours aussi client du savant fou nazi imbu de lui-même et de ses employés
qui sont forcément plus conscients de ce qui se passe dans la vraie vie. L’objet titre est forcément quelque chose de très puissant et c’est l’utilisation que va en faire Kenny qui est intéressante. Là où un H-E-R-O faisait appel
au hasard, là, c’est l’imagination d’un ado plein de testostérones qui va fonctionner. Et forcément, il y aura du T-Rex !
Ceci dit, les relations entre personnages sont plutôt bien fichues. Le petit robot qui va faire l’interface entre le père et le fils est bien pensée et apporte un peu de finesse en rappelant que Kenny et son père ont des choses
à se dire et à rattraper. Les personnages féminins ne seront pas en reste, même si j’avoue que l’agent fédéral intergalactique est un peu facilement mise sur la touche. Encore que, cela montre une certaine logique dans un récit qui n’est
pas complètement étanche à l’invraisemblance.

Lopresti dessine aussi son histoire ce qui lui a pris un certain temps à en croire son blog puisqu’il devait à la fois dessiner sa série et garder un contrat chez DC afin de pouvoir gagner sa vie. Au final, le résultat est tout à fait réussi.
J’ai beaucoup aimé ce mélange de classicisme et de modernité, Lopresti empruntant à pas mal de dessinateurs connus mais réussissant non seulement à donner quelque chose de très homogène et de personnel. Si vous aimez, Dodson, Adams, Lee, Conner ou Kaluta, vous devriez
apprécier ce que l’auteur a réalisé pour vous.

Power Cubed est donc une mini-série très agréable à lire, qui change par rapport à ce qu’on peut trouver chez Marvel et DC puisqu’elle mise sur un ton très léger. Reste à savoir quand Lopresti pourra réaliser la suite de son aventure. Même si ce premier arc résout une
partie des ennuis qui se trouvent devant Kenny, il lui reste encore fort à faire. Espérons qu’on aura l’occasion de lire cette suite dans un avenir proche et pas dans 15 ans.