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X-Men : Battle of the Atom

vendredi 30 septembre 2016, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Brian Michael Bendis, Jason Aaron & Brian Wood / Frank Cho, Stuart Immonen, David Lopez, Chris Bachalo, Guiseppe Camuncoli, Esad Ribic, Andrew Currie & Tom Palmer)

Lu en numérique.

Ce cross-over contient :
- Battle of the Atom #1-2
- All-New X-Men #16-17
- Uncanny X-Men #12-13
- Wolverine & The X-Men #36-37
- X-Men #5-6


Si Cerebro se déclenche à l’école Jean Grey, cela signifie que Kitty Pryde doit aller voir sur le terrain quel mutant vient de se révéler. Si elle décide d’y emmener les versions originales des X-Men, c’est qu’elle n’imagine pas se retrouver confrontée à une bande de Sentinelles. D’autant que le jeune Scott Summers joue beaucoup trop au héros et qu’il manque d’y laisser sa peau. A deux reprises d’ailleurs mais heureusement, lors de la première attaque non évitée, les X-Men du vieux Scott Summers arrivent pour filer un coup de main aux recruteurs de l’équipe Wolverine. Mais lors de la seconde, le jeune Cyclope est touché sévèrement. A tel point que l’existence du vieux semble s’arrêter un bref instant. Heureusement que Christopher, mutant récemment incorporé, réussit à remettre un peu de vie dans l’existence du chef mutant.

Ce drame évité de justesse fait poser la question de la présence des jeunes X-Men à notre époque. En effet, si l’un des jeunes venait à mourir au combat, cela chamboulerait tout l’espace temps et cela ne vaut jamais rien de bon. D’autant que des X-Men du futur débarquent et qu’ils annoncent aux mutants actuels que si les jeunes ne retournent pas à leur époque immédiatement, une catastrophe gigantesque va se produire et que le futur en sera dévasté. Bien sûr, pour préserver l’équilibre de l’espace-temps, ils ne peuvent pas en dire beaucoup plus. Pour une fois, il semble y avoir consensus parmi les enfants de l’atome même si, pour les jeunes X-Men, ce sera synonyme de lavage de cerveau par Charles Xavier. Cela n’enchante guère Jean Grey qui décide de se faire la malle en douce avec celui qui n’est pas encore tout à fait son petit ami. La chasse au mutant peut commencer.

Battle of the Atom est donc un crossover entre les séries mutantes X-Men, All-New All-Different, Uncanny et Wolverine & The X-Men. 10 parties pour un événement qui va porter un nom emblématique mais qui, avouons-le, n’arrivera pas à honorer ses promesses. Brian Michael Bendis est le scénariste qui a introduit les versions originales des cinq premiers X-Men à notre époque et on pouvait s’attendre à ce qu’il profite d’un crossover de cette ampleur pour apporter suffisamment d’informations à leur existence, voire même leur régler leur compte une bonne fois pour toutes.
Malheureusement, ça ne sera pas le cas ici. On a droit à 10 numéros qui se contenteront de jouer à la fois sur des courses poursuites, sur un incroyable sac de nœuds temporel dont les explications ne seront pas dans la BD, non, ça serait trop simple, mais bel et bien dans les résumés des épisodes précédents (c’est là que j’ai appris qui étaient réellement les X-Men venus du futur - OK, je spoile un poil). Mais ce qui m’a surtout gêné, c’est la répétition des actions au cours de ces dix numéros. J’ai eu l’impression que les mutants se sont dits un nombre incalculable de fois qu’ils n’arrivaient jamais à se mettre d’accord et que, depuis le temps, ils auraient appris à arrêter de se mettre sur la tronche et finalement réussir à voir la vision des uns et des autres, voire même d’accepter de concéder sur certains points. Et à la longue, c’est juste fatigant.

On retrouvera les équipes traditionnelles des artistes sur leurs titres respectifs. Peu de surprise donc dans le travail de Stuart Immonen ou Chris Bachalo dont le travail, malgré la pelleté d’encreurs, réussit à encore à convaincre. N’ayant pas encore démarré X-Men, c’est une joie de revoir des planches signées David Lopez, un artiste qui est malheureusement trop tributaire de son encreur, les planches passant du sublime habituel au grossier. Guiseppe Camuncoli joue le fill-in qui tombe bien avec les honneurs (une scène très réussie avec une jeune Jean Grey rougissante me revient à l’esprit) et d’autres artistes tentent de combler le vide créé par un Frank Cho même pas capable de terminer un numéro entier, alors qu’il est toujours crédité sur la couverture de la dernière partie. Globalement, il n’y a strictement rien à dire, tout s’enchaîne avec suffisamment de maîtrise pour être complètement transparent et soutenir la maigre intrigue et ses scènes d’action dantesques.

En fait, Bendis s’offre un crossover pour faire avancer (et c’est un bien grand mot) les deux séries dont il est responsable en prenant dans la foulée les deux autres séries qui n’en demandaient pas tant. Mais finalement, ce qui résulte de tout cela, c’est une mort complètement gratuite, des personnages qui s’évadent, créant une nouvelle faction ennemie, et une avancée du SHIELD dont on soupçonnait déjà l’existence. Bendis et ses collègues sauvent le navire du naufrage grâce à quelques scènes bien trouvées, touchantes ou amusantes. Mis à part cela, et sauf à ce qu’un point d’intrigue soit savamment utilisé, voilà un crossover qui fait plus de mal que de bien à la franchise mutante et qui se révèle complètement creux.