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Chew #51-55 + Demon Chicken Poyo : The Last Suppers

vendredi 19 août 2016, par Mathieu Doublet

(Image Comics / John Layman / Rob Guillory)


Tandis que Tony passe visiblement du bon temps au Paradis, le temps s’est écoulé et Amélia Mintz est devenue une auteur à succès avec sa série Eaters, une série complètement fictionnesque même si les faits sont en réalité plus proches de la réalité qu’on ne peut le penser. Pendant ces deux années, Olive Chu a elle aussi diversifiée ses talents et va rapidement grimper les échelons de la FDA avec un petit coup de pouce du President of the United States himself, tout comme D-Bear qui a une chance insolente. Et Tony dans tout ça ? Il refait équipe avec Colby et tout deux vont enquêter sur les récentes prises de position du pape. En effet, sa sainteté a déclarer que manger du poulet était un crime en pleine bénédicité de Pâques et même que chaque mangeur de poulet devrait être tué. Autant dire que c’est un sacré choc pour une fête qui a souvent reposé sur l’image de l’œuf. Et bien entendu, si le pape est un adorateur de la secte de l’œuf, nos héros vont devoir aller faire un tour sur l’île tristement célèbre de Yamapalu pour vérifier le bien-fondé de ces informations. Ce qu’ils vont trouver là-bas ne va pas faire plaisir à Tony, pas du tout, du tout, du tout.

Avant-dernier arc pour Chew et Layman avance sur son intrigue avec, disséminée de façon fort légère, la solution à toutes ces histoires de messages étranges dans le ciel et toute l’intrigue sur le poulet. C’est énorme, c’est dingue, c’est fou, c’est Chew. A côté de ça, la recette qui mélange instants passés, présents et futurs fonctionne toujours autant à merveille, et va bien entendu, comme dans tout arc de Chew, vous remuer les tripes. A ce petit jeu, Layman fait son G.R.R. Martin et réussit à manipuler le lecteur de façon belle façon (celle qui vous fait pleurer, rire puis pleurer ensuite). Le final est comme à son habitude tragique et annonciateur d’un truc tellement cool qu’il ne peut que nous faire jubiler.
Avec un passage dithyrambique comme celui-là, le one-shot Demon Chicken Poyo fait un peu pâle figure. Contrairement à Warrior Chicken Poyo qui s’intégrait assez bien dans l’histoire continue de Chew, j’ai trouvé Demon Chicken beaucoup plus faible. J’ai senti qu’on ne voyait pas réellement Poyo en action en dehors de double-pages de combats dont on ne verra pas le déroulement. C’est en réalité complètement faux mais Poyo sert ici de moyen de résolution et n’est jamais le personnage central de l’histoire, tout du moins pas au sens classique du terme. J’aurais bien aimé voir comment Poyo gérait ses affaires dans les Enfers mais peut-être que cela aurait rappelé ce qui a déjà été écrit. Au final, cette histoire de Noël dans l’histoire est sympa avec beaucoup de clins d’œil mais ne m’a pas autant charmé que le reste de la série.

Rien à dire sur le travail de Rob Guillory que je n’ai écrit avant. C’est tout à fait ma tasse de thé même si j’ai un peu de mal avec ses gros plans qui sont nettement moins cartoonesques que le reste de sa production. Le reste, ce sont des personnages givrés, des animaux inventés absolument déments, des passages hallucinogènes sympathiques comme toujours (avec le Chonk et son placement de produit carrément malhonnête !) et toute une ambiance qui a fait le succès de la série.

Voilà donc comment on continue une série à succès qui ne démérite absolument pas. Sur soixante numéros, c’est un joli tour de force. Il n’y a plus qu’à attendre le dernier arc qui devrait avoir son lot de rebondissements, de larmes et de rires à en croire les twits de Rob Guillory.

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