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Usagi Jane & The Skullbunnies

lundi 8 août 2016, par Mathieu Doublet

(Black Sheep Comics / Ben Seto)


Jane est une jeune fille vivant dans un monde étrange où la plupart des créatures ressemble à des mini-démons. En se baladant dans la forêt non loin de chez elle, elle découvre un petit crâne de lapin. Afin de s’amuser, elle crée un corps de terre sur lequel elle perche le crâne et, à sa grande surprise, voilà que le petit lapin à la sauce squelette prend vie. Un Skullbunny un peu peureux qui la guide rapidement vers quelques uns de ses congénères. Mais la crainte des lapereaux fait que Jane les perd rapidement de vue. Elle décide donc de se créer un costume de lapin à sa taille afin de moins faire peur à ceux à qui elle a redonnée la vie. Et ça marche plutôt bien puisqu’ils la guident vers une clairière où plein de crânes attendent Jane. Si elle se met au travail, elle doit aussi défendre ses protégés face à un dragon orange très glouton. Une fois le monstre terrassé, c’est une véritable amitié qui se crée entre les Skullbunnies et la jeune fille.

Je pensais que Usagi Jane & The Skullbunnies était un projet Kickstarter auquel j’avais souscrit. En fait, pas du tout, mais j’y reviendrais. Si j’ai été séduit par le bouquin, c’est probablement grâce à son idée complètement farfelue, à son graphisme et au fait que le bouquin ait reçu le prix de la Xeric Foundation qui promeut les artistes indépendants, ce prix étant souvent précurseur et dénicheur de talents.
En ce qui concerne la bande dessinée qui nous intéresse, on est véritablement dans le cadre d’un délire très personnel de la part de son créateur, Ben Seto. Je n’ai pas trouvé comment l’artiste vivait mais celui-ci est parti d’un concept tout simple, une espèce de maquette pour jouet avec un crâne de lapin. (On peut bien entendu trouver des traces du projet dans le bouquin mais vous pouvez aussi en voir quelques exemples sur le Tumblr de l’artiste. Et de ce concept de jouet a découlé toute un ensemble de mini-histoires qui ont tout d’abord été publiée en mini-comics noir & blanc, imprimés et agrafés à la maison avant de passer le cap de la compilation colorisée dont je vous parle actuellement.
Et Seto y va franco dans le délire passé son histoire de départ : lapin mécha géant contre monstre arboricole, délivrance d’un esprit lors du jour des morts, collaboration avec des taupes de neige géantes, et parcours en nature avec rencontre de cochons d’arbre, on voit que tout est possible dans l’univers d’Usagi Jane. Et comme le concept de départ est déjà bien barré, on a se mettre l’idée d’une cohérence derrière l’oreille et apprécié le voyage. Pour le coup, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre tout simplement parce qu’il y règne une ambiance très zen, douce, paisible avec des personnages qui sont à cent mille lieues d’une quelconque dépression. Les choses sont naturelles, les dangers ne font pas vraiment peur, on est énormément dans le pays des bisounours. Et c’est peut-être cela qui bloquera quelques lecteurs : le comic-book est très sucré. Aussi bien par les créatures toutes mignonnes que par Jane qui semble bien innocente et protectrice de la nature.

Le dessin, bien entendu très inspiré par le manga, va dans ce sens. Et si ce n’est dans le cadre du 24-Hour-Comics où les planches partent dans tous les sens (mode portrait ou paysage sans crier gare), on peut voir que l’artiste mélange très bien les codes du comics et du manga. Ce qui donne des planches pleines d’énergie et avec un côté énormément "kawai" qui va beaucoup jouer sur l’expression des skullbunnies. Concernant ces créatures, on voit que Seto les maîtrise parfaitement et réussit à leur donner des expressions alors que la conception des personnages est véritablement basique. Les dialogues sont limités à leur strict minimum et les pages défilent donc à une vitesse très honorable, gardent toute la fraîcheur et l’énergie nécessaire à ce genre de récits. La colorisation est très soignée et renforce le côté très propre, très zen de l’ensemble.

Ce premier volume de Skullbunnies est donc vivement conseillé si vous aimez les récits pour enfants ou les choses très sucrées, très roses, très mignonnes. En donc, en reparlant de projet Kickstarter, l’auteur propose un projet d’artbook basé sur son univers. De quoi continuer à développer le merchandising autour d’un concept qui doit être, à mon humble avis, très vendeur. Peut-être qu’un autre comic-book aurait été préférable mais bon, cet artbook semble très joli.

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