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Eternals HC

dimanche 16 septembre 2007, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Neil Gaiman / John Romita Jr.)

Ce hardcover reprend les sept épisodes de la mini-série.


Mark Curry est un étudiant en médecine qui bosse autant qu’il le peut. Il est abordé un jour par un certain Ike Harris qui lui prétend une destinée bien particulière et au dessus de la vie des humains. Curry a un pouvoir et peut aider Harris à sauver la Terre. Mais l’aspirant médecin est trop cartésien pour y croire malgré les cauchemars qui remplissent ses nuits. Même un Harris volant dans les airs ne pourra le convaincre. Tandis qu’un gamin de onze ans mène une vraie vie de pacha en tant que star du petit et du grand écran, Sersi, une jeune femme à qui la vie n’a pas trop souri jusque là, tente de se reconvertir dans l’organisation de soirées privées. Son premier contrat sera de créer une soirée spéciale "scientifiques" pour le compte de Vorozheika, une ancienne république soviétique, aujourd’hui indépendante et menée par le député premier ministre Druig, ô combien inquiétant. Et tout ce petit monde va bien entendu se retrouver et partager une histoire peu commune.

Second projet de Neil Gaiman pour Marvel Comics après un 1602 pour le moins controversé, Eternals va chercher ses personnages dans une création de Jack Kirby après que son contrat chez DC se soit terminé au milieu des années 70. Les créatures de Kirby sont des extraterrestres, les Célestes, qui débarquent à différents moments de l’évolution de la planète Terre et qui y apportent leur petite graine personnelle. Ils crééront deux races : les Eternels, créatures parfaites et les Déviants, au patrimoine génétique aléatoire et donnant naissance par le biais de nombreuses procréations à des créatures hideuses. Le petit hic pour Marvel, c’est que la série de Kirby ne s’incrit absolument pas dans l’univers de la maison des Idées.
Gaiman va proposer à Joe Quesada d’utiliser ces personnages pour faire quelque chose de complètement différent de 1602 tout en gardant une certaine liberté artistique. Quesada accepte et Gaiman tente donc de s’accrocher au monde de Kirby.

Personnellement, je n’ai jamais lu les Eternels en VO ou en VF. Et cela ne m’a absolument pas gêné dans la lecture de ce hardcover. Cette histoire est une création de Neil Gaiman sans aucun doute (le rapport entre les Eternels et les Endless étant évident - même si l’auteur s’en défend). Son histoire n’est pas des plus originales mais le fin mot de l’histoire l’est. Il apporte une pièce qui me semble majeure pour l’univers Marvel mais qui reste à être correctement exploitée pour les futurs scénaristes d’une série régulière qui ne manquera pas de paraître dans le futur. Ceci étant, même si cet album laisse entendre une suite, l’histoire qu’il raconte est bel et bien close.
Des envies, Gaiman en avait et l’une d’elles était de donner dans le Kirbysme sans le pasticher. Alors oui, le scénariste y arrive mais à côté d’évènements comme Annihilation, Eternals manque d’un poil de patate, à mon humble avis. D’ailleurs, est-ce que les lecteurs actuels sont prêts à recevoir une certaine dose d’illogisme dont Kirby semblait maîtriser l’art ? Pas si sûr.

Artistiquement, on est aussi loin de Kirby puisque c’est Romita Jr qui s’y colle. Les styles des deux hommes sont radicalement différents et Romita aura aussi pour tache de renouveler les costumes des Eternels. Le tout passe très bien, Romita prouve encore qu’il fait toujours de l’excellent boulot. Le côté "Kirby" s’exprime au travers des personnages qui sont plus grands que nature et qui dépasse l’entendement. La mise en page est nerveuse et on ne s’ennuie absolument pas.

Bref, Eternals est un bon bouquin. Que les fans de Gaiman qui veulent du Gaiman aillent voir ailleurs, si Eternals est meilleur que 1602 (peut-être grâce à un buzz moindre), il n’est absolument pas du calibre de Sandman ou des romans du scénariste. Pour les autres, c’est un récit sympathique, bien mené, bien illustré, pas forcément super original mais à la fin tout à fait correcte même si ouverte.


Pour acheter ce livre :

En VO :

Version reliée (hardcover) (Les deux versions me paraissent identiques mis à part la couverture. Elles viennent toutes deux de Marvel US et contiennent le même nombre de pages.)

ou

Version brochée (softcover)

ou

(Cette édition contient 20 pages de plus. J’ignore ce que Panini UK y a mis en plus.)

En VF :

(Ce volume ne contient a priori que la moitié de la mini-série.)

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