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Recit Complet Batman #2 : Poison Ivy : Cycle of Life and Death

vendredi 29 juillet 2016, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Amy Chu / Clay Mann, Stephen Segovia, Robson Rocha, Julio Ferreira, Ethan Van Sciver, Al Barrionuevo & Cliff Richards)

La revue parue chez Urban Comics contient les numéros 1 à 6 de la mini-série.

Le docteur Pamela Isley, spécialiste de la botanique, trouve un job dans les jardins botaniques de Gotham, sous la protection de Luisa Cruz. Pour Pamela, c’est l’occasion inespérée de développer ses recherches sachant que le matériel des jardins botaniques serait hors-limite pour son autre personnalité, celle de Poison Ivy. Que Cruz soit au courant ou non de la double-identité de sa collègue, cette dernière voit son embauche comme une seconde chance qu’elle ne veut pas louper. Alors oui, il y a parfois des inconvénients à travailler dans des institutions locales, comme la visite du jardin par des enfants ni forcément intéressé, ni forcément respectueux. Il arrive aussi qu’une visite du Docteur Harley Quinzell vienne troubler le cours d’une journée normale. Mais c’est la vie. Ce qui l’est moins, c’est de retrouver le corps inerte de Luisa Cruz et de savoir que ses recherches ont été volées, sans que cela n’émeuve plus que ça le reste de l’équipe. Ivy va devoir trouver qui a fait le coup tout en gérant une espèce de vie de famille qui lui tombe dessus assez rapidement.

La scénariste Amy Chu s’est fait remarquer grâce à des anthologies Girls’ Day Out pour lesquelles elle a scénarisé quelques passages. On peut dire que ses projets Kickstarter ne sont pas passés inaperçus puisque DC lui a confié les rênes d’une mini-série. Alors oui, la campagne pour que des scénaristes femmes a peut-être joué dans la balance mais il est agréable de voir que de jeunes scénaristes peuvent aussi aborder un projet un peu plus costaud qu’un récit court. Et donc, Chu fait exactement ce qu’on attend d’elle, à savoir un récit mettant en scène un personnage féminin très indépendant. La scénariste va la confronter à beaucoup d’hommes sans scrupules mais réussit toutefois à modérer un peu son propos grâce à un jeune homme moins bête que les autres à qui Ivy va faire confiance.
Ce qui va changer les choses, sans trop ruiner l’histoire, c’est qu’Ivy va se retrouver en position de mère pour celle qui a toujours cherché à avoir quelqu’un qui lui ressemble, ses vœux ne pourraient pas être mieux exaucés. Mais comme on a affaire à un personnage très misanthrope, autant dire qu’elle ne réussit pas toujours à bien faire le job, ce qui va lui apporter quelques déconvenues. Dommage que ce côté de l’histoire ne soit pas plus développé, car cela aurait probablement permis de creuser le personnage d’Ivy ainsi que ses "filles" qui seront probablement utilisées dans le DC Universe un peu plus tard à condition qu’un autre scénariste se rappelle de leur existence.

Aux dessins, les choses seront très classiques et le défilé de dessinateurs n’aidera pas vraiment à donner une touche personnelle au récit. C’est Clay Mann qui sera toutefois le plus présent au cours de la mini, accompagné par son frère (?) à l’encrage. Je n’ai pas trouvé le style de la fratrie désagréable mais autant dire qu’ils sont bien plus à l’aise dans la réalisation de splash-pages ou de couvertures que des pages de récit en elles-mêmes. Tout est complètement lisible ceci dit mais les frangins utilisent un peu trop les cadrages rocambolesques de façon systématique. Cela peut fonctionner pour certains moments de baston mais dans les scènes d’exposition, les contre-plongées sont exagérées.
Comme le duo n’arrive apparemment pas à suivre la cadence, il y aura tout d’abord la présence de Stephen Segovia en renfort puis de pas mal d’autres fill-ins (avec étonnamment, un Ethan Van Sciver qu’on s’attend à voir sur quelque chose de plus sérieux). Ca n’est jamais vraiment hideux, ça tâte parfois du style Top Cow à certains moments mais au final, le tout est relativement homogène. Cela montre aussi que peut-être mis à part Mann (qui se permet quelques allusions art nouveau), il n’y a pas beaucoup de personnalité dans les planches.

Il y a donc deux intrigues très typées dans ce Cycle of Life and Death qui sont résolues de manière fort classique (surtout le whodunnit) mais cela permet réellement d’apporter de la matière au personnage d’Ivy en la changeant un peu de l’image d’intégriste botanique qui lui colle souvent à la peau. En jouant la carte de la scientifique et en la reliant ponctuellement à Swamp Thing et au Vert, les choses prennent une tournure plus intéressante. Espérons maintenant que le personnage soit aussi bien utilisé dans le futur et que les nouveaux personnages introduits aient eux aussi droit à quelques moments de bravoure.