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Guardians of the Galaxy Team-Up #4-6 et 8-10

dimanche 17 juillet 2016, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / John Layman, Andy Lanning & Andy Schmidt, Bill Willingham, Ray Fawkes, Javier Pulido & Tim Seeley / Otto Schmidt, Gustavo Duarte, Diogo Saito, Bengal, Javier Pulido & Mike Norton)

Lu en VF dans All-New Les Gardiens de la Galaxie Hors-Série n°1.


Au programme de ce bouquin lu en VF, 6 histoires mettant en scène un membre des Gardiens de la Galaxie ainsi qu’un autre personnage de l’univers Marvel.
Six scénarios plus ou moins folichons, malgré des noms qui donnent envie. John Layman démarre avec l’idée intéressante d’un imbroglio entre Gamora et Miss Hulk
qui sont toutes les deux vertes. Si on passe la facilité avec laquelle Layman ignore que Gamora doit connaître quelque chose de la Terre, c’est sympathique sans être
renversant. Maintenant, si on me dit que Layman va scénariser une nouvelle série She-Hulk, je signe tout de suite ! :)
C’est Otto Schmidt qui réalise les planches et c’est vraiment un plaisir que de voir le travail de cet artiste russe qui s’est inspiré de beaucoup de courants de bande-dessinée
pour en faire quelque chose de foncièrement réussi. Si l’artiste est plutôt connu pour ses illustrations et ses designs de personnages, il montre ici qu’il est aussi capable de
raconter une histoire. Pas sûr, par contre, qu’il soit capable de garder un rythme mensuel.

On aura ensuite droit à une aventure de Rocket Raccoon qui sera en charge de la surveillance de l’univers. Connaissant le personnage, cela risque de déraper rapidement et
cela ne manque pas. Andy Lanning et Andy Schmidt (je ne sais pas s’il y a un rapport avec le dessinateur ci-dessus) nous concoctent une petite histoire avec les Pet Avengers et
rien que ça, ça vaut le coup. Ils vont se retrouver face à face avec une autre équipe animale constituée par le vautour du Dr Fatalis qui chercher à imiter son maître. C’est drôle,
ça fonctionne assez bien même si on reste beaucoup sur des gags "clins d’oeil" et c’est surtout absolument magnifiquement illustré par Gustavo Duarte. C’est pas compliqué, j’aimerais me
payer toutes les planches de ce numéro. Le dessinateur réussit à garder son style "mignon" et à le marier avec la mauvaise humeur d’un Rocket Raccoon en manque de bière. Certes il n’y a pas
de grande scène d’action, mais ça m’a fait très plaisir aux yeux. En plus, il y a Lockjaw dans toute sa majesté. :)

Le scénario raconté par Bill Willingham ressemble au départ à un tournoi des Arts Martiaux dans le plus grand respect d’un Dragon Ball. Sauf qu’on peut dire que le scénariste fait démarrer son
intrigue très lentement, surtout qu’il n’a à vrai dire pas grand chose à dire. Diablo et Gamora doivent se rencontrer mais tout cela n’est bien entendu qu’un subterfuge pour coincer un méchant
très méchant. Heureusement que les dessins de Diogo Saito sont là pour rendent l’ensemble plus digeste. Les scènes d’action et les personnages sont très joliment réalisés avec (je crois) une inspiration
très J.S. Campbellienne. A la limite, le dessinateur en fait beaucoup, peut-être trop et la lisibilité de l’ensemble s’en ressent. Mais il y a fort à parier qu’on tient là un illustrateur qui devrait faire
parler de lui.

Le numéro 8 (en VO) de la série prendra le risque de choisir l’option muette. Cette aventure de Silver Surfer et Groot (qui est tout bizarre avec ses cheveux-racines verts, est-ce pour nous dire que c’est
un récit de jeunesse ?) veut faire la part belle aux dessins et au talent de Bengal qui doit se dépatouiller avec une histoire de Ray Fawkes très mince. Il s’agit donc de l’histoire d’un sauvetage par nos deux héros
face à une horde de ... Bonne question. En fait, je peux comprendre le principe d’un peuple extra-terrestre qui ne parlerait pas anglais, qu’on n’entend pas de bruit dans l’espace ou même que les paroles de Groot n’ont
que peu d’intérêt sans un interprète. Mais le réalisme ne fait pas tout et j’ai eu du mal à suivre l’histoire ou surtout l’intérêt de celle-ci. D’autant que Groot peut ou non se déplacer dans l’espace suivant une logique qui
m’a totalement échappée.
Et comme il revient à Bengal toute la charge de faire de cette histoire quelque chose d’intéressant, la charge est drôlement rude. Si certaines pages rendent justice au comportement pacifiste de Groot, d’autres sont confuses
et ne permettent pas de bien comprendre qui fait quoi et surtout pourquoi. Bref, à mon humble avis, sans contenu éditorial et avec ce choix très discutable du nuff’said pour rendre les deux seules phrases finales plus émouvantes,
c’est le récit le moins bon de toute la revue.

Arrivera ensuite Javier Pulido qui va tenter lui aussi des choses dans une aventure de Star-Lord et Spider-Man. Pulido va chercher à expérimenter et à aller voir s’il est capable de produire quelque chose de proche au travail de Marcos Martin.
Il y a donc un boulot de mise en page très intéressant pour une histoire qui est elle assez classique, même si l’idée pour les méchants est assez amusante. Les personnages sont bien rendus (sauf peut-être Félicia Hardy dont les dialogues la rendent
trop naïves, vu son expérience - de même, le fait que Star-Lord ne fasse pas confiance à Spider-Man est assez étrange si on considère que l’Araignée est en circulation depuis longtemps). Mises à part ces menus défauts qui ne feront tiquer que les
amateurs de continuité, c’est quand même un numéro tout à fait réjouissant.

Rocket Raccoon reviendra pour le final en compagnie de Deadpool qui jouera toujours autant la carte du quatrième mur. Tim Seeley est en grande forme et nous propose tout ce qu’on peut attendre d’une telle combinaison tout en restant fidèle aux personnages.
C’est va donc castagner avec un Rocket forcément désemparé face à son compagnon d’infortune. Il n’y a pas à chercher midi à quatorze heures, ça bastonne, ça défouraille, il y a plein d’aliens partout et un Mike Norton toujours aussi fidèle et consistant dans la
qualité de ses planches.

Au final donc, ce numéro est un vrai plaisir pour les yeux et une lecture divertissante ce qui est tout ce qu’on demande quand on s’attelle à ce genre d’histoires en format one-shot avec des équipes improbables. Un numéro dont certaines parties se reliront avec plaisir.