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What If ? Infinity TPB

vendredi 15 juillet 2016, par Mathieu Doublet

(Marvel / Joshua Willamson / plein de dessinateurs, on voit ça plus bas)

Lu en VF dans la revue Marvel Universe Vol. 4 #3.


Le principe du What If ? (Et si les choses s’étaient passées différemment ?) est appliqué à l’avant-dernier event Marvel, Infinity.

Et si Thanos était devenu un Avenger ? (avec Mike Henderson)

Ce premier récit met en scène un Thanos qui va s’allier aux Vengeurs afin d’arriver plus rapidement à son fils. Le récit est assez logique et comme
à la grande époque se permet quelques ellipses nécessaires qui vont provoquer aussi quelques non-dits qui sont autant de zones d’ombres dans le récit
de Willamson et qui rendent Thanos d’autant plus ambigu. On peut toutefois se demander pourquoi le Titan Fou continue à traîner avec les terriens une fois
son but accompli. Le traitement que le scénariste choisit d’appliquer est une vértiable noirceur et rend les Illuminatis encore plus cinglés que d’habitude.
Le seul point noir à ce récit ? Qu’on ne puisse pas le développer.

Les planches de Mike Henderson sont classiques mais manquent de netteté. J’ai l’impression que le coloriste fait le gros du travail pour que l’ensemble passe bien.

Et si seuls les Inhumains avaient survécu ? (avec Riley Rossmo)

Episode intéressant qui parle de concession et de jusqu’où aller pour protéger les siens quand on a perdu. Le gros souci de ce What If, c’est la gestion des
rapports de force entre Flèche Noir et Thanos. Normalement, l’Inhumain devrait tout exploser y compris le Titan avec une de ses ondes sonores. C’est la base du
personnage qui n’est pas véritablement respectée à mon humble avis, j’ai du mal à comprendre comment l’élément de résolution en est un. Le final est par contre
très intéressant.

Je retrouve avec plaisir Riley Rossmo dans des planches moins foutraques et plus colorées que d’habitude, ce qui n’est peut-être pas une bonne idée quand l’artiste ne gère
pas lui-même la totalité de ces planches. Rossmo et Willamson ont déjà bossé ensemble sur Dia de los Muertos, logique de voir l’équipe dans cette compilation de What If.
Pas sûr que le style de Rossmo se prête vraiment à ce genre de récit.

Et si Rocket Raccoon était devenu Iron Man ? (avec Jason Copland)

Là encore, le scénario regorge de bonnes idées, à la fois rigolotes et surtout motivées et d’une conclusion qui remet l’équipe des Avengers (ou plutôt des Illuminatis) à sa place. Et
c’est toujours très agréables de voir une équipe un peu moins coincée prendre le contrôle. La conclusion est très maline et renverse complètement l’équilibre des forces. Elle fait quelque
part écho au premier récit de la revue, ce qui est assez intéressant dans cet exercice de style.

Aux dessins, Jason Copland produit des planches qui ne me séduisent pas franchement. Je trouve le style assez grossier dès qu’on a affaire à des humains. Les créatures extra-terrestres dont
le Rocket Raccoon sont nettement mieux traitées.

Et si Norman Osborn s’était emparé du Gant de l’Infini ? (avec Goran Sudzuka)

Cet épisode montre que Willamson connaît sa Quatrième Dimension sur le bout des doigts. En fait, cet épisode est un "double" What If ? puisqu’on considère non seulement qu’Osborn et ses Dark Avengers
sont toujours en activité et que celui-ci a en sa possession le gant de l’Infini. Peu de rapport avec la structure même d’Infinity si ce n’est que les Vengeurs sont dans une situation de combat. Contrairement au
récit sur les Inhumains, Willamson va jusqu’au bout des possibilités du Gant et de ce que Norman Osborn peut en faire. La conclusion est d’une logique imparable même si on peut penser qu’Osborn agit surtout sous le coup
de la colère et se révèle finalement peu malin. Ceci étant, le scénariste connaît bien le personnage et montre que le Gant lui permet d’asseoir sa folie jusqu’au bout dans une scène assez terrifiante et formidablement mise en scène.

Il faut dire que Goran Sudzuka est à bord et qu’il gère assez bien toute cette histoire. Le dessin est propre avec encore de superbes personnages mais j’ai encore bout de mal avec la colorisation qui ne rend pas justice à l’ensemble et surtout qui ne masque pas un manque
de décor à certains moments.

Et si les X-Men étaient des réfugiés de l’espace ? (avec Mike Norton)

Pour terminer, un épisode où Williamson joue probablement les fanboys et se sert de Rocket pour lui donner ce qui lui a longtemps pendu au bout du nez. Il joue aussi la carte du AvX, bien sûr dans une dimension bien plus petite. De quoi mettre en scène là encore, un combat perdu et
le meilleur moyen pour survivre. On pourrait presque coupler ce récit à celui des Gardiens de la Galaxie qui sont absents de ce récit pour plus de commodité.

Aux dessins, Mike Norton fournit exactement tout ce qu’on attend de lui : des planches propres fines et bien mises en scène.

Au final, ce numéro vaut surtout pour les scénarios et les idées intéressantes qu’ils développent. Dommage que Marvel ne prenne pas de décisions aussi radicales dans certaines de ces séries régulières.

P.S. Ah oui, il y a un mini-récit en conclusion le Destructeur et Thanos. Très anecdotique et très classique, malgré la présence de Mike Zeck aux dessins.