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Secret Avengers #16-25

mardi 31 mai 2016, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Warren Ellis & Rick Remender / Jamie McKelvie, Kev Walker, David Aja, Michael Lark & Stefano Gaudiano, Alex Maleev, Stuart Immonen, Patrick Zircher, Gabriel Hardman)

Lus en numérique sous forme de numéros individuels.
Ces numéros ont été compilés dans les recueils Secret Avengers Vol.3 et Secret Avengers by Rick Remender Vol.1.


Pas de résumé, grosso modo, c’est toujours le même principe avec des menaces plus ou moins particulières sur lesquelles les Avengers ne peuvent pas attaquer sans se dévoiler publiquement.

Après le run de Brubaker et les numéros estampillés Fear Itself, c’est au tour de Warren Ellis de se charger de la bande de "rebelles" étrangement sélectionnée par Steve Rogers. Au programme, la découverte d’une cité souterraine dirigée par le Shadow Council, l’attaque d’un convoi un peu particulier géré par des humanoïdes robotisés, une mission d’infiltration en Symkaria où un vendeur de drogues veut faire affaire avec le même conseil ténébreux, et enfin une mission de secours pour la Veuve Noire qui devra jouer avec le temps tout en gardant bien les recommandations d’Hank McCoy en tête si elle veut sauver son équipe.

Tous ces numéros sont des one-shots qui n’ont pas forcément de liens entre eux. Le Shadow Council reste l’ennemi commun à toutes ses histoires, il y a un semblant de lien entre le premier et le dernier numéro et c’est ce dernier qui met en scène Natasha Romanova qui est certainement le plus intéressant de tous, car il contient une excellente idée qui sera généreusement étalée sur 20 pages. Globalement, c’est le schéma d’Ellis : une bonne idée = un numéro. On ne peut pas vraiment le lui reprocher puisque beaucoup d’histoires de super-héros n’en contiennent qu’une seule sur tout un run et qu’elle est en général très mal exploitée. Pourtant, le mini-run souffre de ce manque de développement (sauf sur le #20, donc). Du coup, non seulement tout cela ne donne pas beaucoup de cohérence à l’ensemble mais je suis ressorti assez frustré d’une lecture un peu allégée en idées géniales ou démentes. Ellis réussit par contre à illustrer le Shadow Council comme une espèce d’ennemi invisible et insaisissable, ce qu’il est probablement, l’affiliant à un Hydra dont les membres repoussent toujours.

Avec Ellis, il y a une sacrée lignée d’artistes ayant une personnalité bien marquée. Il y a un monde entre McKenzie et Maleev, tout comme Aja va produire quelque chose de complètement différent d’Immonen (même si ce dernier est tout à fait capable de réaliser des planches avec des styles complètement différents, il produit ici des dessins très super-héroïques modernes). Ce qui est agréable, c’est que le plus souvent les artistes sont embauchés pour des histoires qui leur conviennent. Les plus réalistes, les plus orientées espionnages sont par exemple proposées à Aja et Maleev, tandis que que Kev Walker aura la charge d’illustrer le récit qui est le plus explosif.

Avec le 21.1, la série est laissée aux bons soins de Rick Remender. Et comme tous les ".1", il s’agit de permettre de faire monter de nouveaux lecteurs à bord de la série. Cela tombe drôlement bien puisque Rogers décide de récupérer le costume de Captain America et ne peut plus diriger l’équipe comme il le souhaite. Le .1 permet donc de faire la transmission entre Captain America et Hawkeye qui sera le nouveau chef. Un Cliff Barton particulièrement agressif, peu sûr de lui, qui détonne par rapport à l’image que j’avais du héros (même si ça fait bien longtemps que je n’ai pas suivi sa carrière au sein des Vengeurs). Si le .1 est un numéro que j’ai trouvé assez pénible à lire, à cause d’un jeu de "Je t’aime, moi non plus" entre les deux super-héros, les numéros 22 à 25 permettent à Remender de signer un arc très agréable mettant en scène, les Adaptoîdes, des androïdes capable de s’adapter (si, si) et qui vont devoir protéger ce qu’on pourrait prendre pour une nouvelle mutante si sa nature réelle n’était pas si différente. On se demande bien au début pourquoi le premier Human Torch est introduit dans l’équipe et il faudra attendre patiemment le milieu de l’arc pour le comprendre. Si ça n’est pas très naturel, cela permet de développer des points de vue intéressants. Et le "final" de l’arc est lui aussi assez réjouissant quand on pense à tout ce qui peut se passer. De par son thème, il n’est pas si éloigné du numéro one-shot d’Ellis ce qui est aussi agréable.

C’est Gabriel Hardman qui illustrera tout le run et le choix de cet artiste est assez intéressant par rapport à ce qu’on a pu lire sur la série. En effet, je trouve qu’Hardman marie assez bien le découpage très super-héroîque action avec quelques scènes bien marquantes et une technique qui s’apparente à celle de David Aja par exemple en terme d’encrage. Une synthèse qui permet de rappeler tout ce qui a été fait avant et donc un artiste cousu main pour la série.

Au final, le run d’Ellis est valable pour ses idées vraiment sympathiques (et les quelques splash-pages qui valent le coup) mais ne sert pas à grand chose si les scénaristes suivants ne s’en servent pas. Le run de Remender commence lui assez bien. A voir si la suite tiendra aussi bien le coup.

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