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Secret Avengers #12.1 et #13-15

samedi 28 mai 2016, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Nick Spencer / Scot Eaton)

Lu en numérique. Ces épisodes sont inclus dans le recueil Fear Itself : Secret Avengers accompagné d’un one-shot Fear Itself : Black Widow (non lu).


Un homme déguisé en U.S. Agent va faire un tour en Suisse et plus précisément dans un bâtiment qui se prétend être le Fort Knox de l’endroit. Ce qu’il cherche : quelques fichiers informatiques dont la liste des informateurs de la plupart des agences. Comprendre des méchants vilains qui cherchent
soit à se faire payer en monnaie sonnante et trébuchante ou bien d’autres qui cherchent, au contraire, à se racheter une conscience. Et le "super-héros" va se faire un véritable plaisir de faire fuiter tout ça. Ca ne manque pas de faire son effet : les vilains vont se faire un plaisir de chercher ceux qui les ont trahis et les gentils vont faire leur possible pour protéger leurs indics. Ce qui vaut aussi pour les Secret Avengers ...

Après le run d’Ed Brubaker, c’est Nick Spencer qui va se charger de l’interim avant que Warren Ellis n’y aille de son propre arc. Spencer aura donc la lourde
charge non seulement de signer le "point one", c’est à dire le numéro permettant à de nouveaux lecteurs de prendre la série en cours mais aussi les numéros estampillés
Fear Itself et qui sont donc des tie-ins à l’événement principal où Sin, la fille du Crâne Rouge, ressuscite un méchant dieu Asgardien.
Globalement, ce que j’ai trouvé à tous ces numéros, c’est qu’ils sont véritablement très bavard avec des bulles remplies ras-la-gueule ce qui donne une désagréable impression de
lourdeur. Spencer va y aller franco mais sans pour autant que ce qu’il fait dire à ses personnages soit particulièrement passionnant. Il faut dire que ces numéros ne sont pas
destinés à lancer de nouvelles intrigues et doivent plutôt être lues comme des one-shots. Alors peut-être que Spencer a voulu s’inspirer de la Marvel Way historique et qu’il
n’a pas voulu voler les lecteurs au niveau du temps de lecture. J’ai trouvé ça d’autant plus désagréable que le ton de la série n’est pas à la joie, même dans le "point un". Non pas que
je m’attende à de la bonne humeur à tous les étages, bien entendu. On est dans ce qui est plus ou moins conçu comme une série de super-héros "black ops" un peu à la Authority en moins sauvage.
Mais les one-shots dans leur globalité sont dépressifs : l’équipe ou les membres vont être confrontés à des échecs doux-amers. Ils vont faire face à des moments de beauté qui ne peuvent exister
et qui sont voués à périr. Vous vouliez un truc un peu positif, une chance de voir un trait de lumière, d’espoir dans un chantier de noirceur ? Ce ne sera pas avec ces numéros que
vous aurez votre bol d’oxygène. Des trois numéros de Fear Itself, celui que j’ai le plus apprécié est probablement celui qui met en scène Black Widow. Pas parce que mon attention est tournée vers
les aventures de cette héroïne ces derniers temps mais parce qu’il met en scène la question de la mort des super-héros et de comment de simples humains peuvent l’envisager. Il va y avoir tout un
débat entre la super-héroïne et une équipe de journalistes / blogueurs en quête de célébrité qui sera au moins intéressant.

Passées les couvertures assez chouettes d’Adi Granov, on retrouve Scot Eaton à bord. Je retrouve chez ce dessinateur les mêmes qualités et les mêmes défauts que chez Deodato. A savoir que certaines
cases sont vraiment très jolies, qu’il y a souvent un souci au niveau des détails et des décors qui donnent une belle impression de cases remplies et que les scènes de baston mettant en scène des poids lourds
font bien sentir les chocs et les coups portés. Un peu comme s’il y avait le subwoofer de votre home-cinema en marche et qu’il était fortement mis à contribution. Mais cela alterne avec des cases nettement
moins réussies, surtout au niveau des visages humains non masqués. Avec des jeux d’ombres inégaux, je suis passé régulièrement de l’émerveillement à la mauvaise surprise. Une montagne russe graphique qui n’est pas
ce que je cherche dans un comic-book.

Voilà quelques numéros qui me laissent une impression agréable dans le fond mais que je sais avoir eu du mal à finir et pour lesquels j’ai lu les dialogues clairement en diagonale. Espérons donc que Warren Ellis soit plus
inspiré par cette série qui pour l’instant reste anecdotique.