Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Marvel Comics > Black Widow > Black Widow (2014-2015) #1-6

Black Widow (2014-2015) #1-6

vendredi 20 mai 2016, par Mathieu Doublet

(Marvel / Nathan Edmondson / Phil Noto)

Lu en numérique sous forme de recueil.


Etre espionne et avoir des cas de consciences, ça peut tout à fait arriver, vous n’avez qu’à demander à Natasha Romanova, aussi connue sous le nom de Veuve Noire. L’espionne travaille donc toujours pour le SHIELD mais se trouve être aussi une espèce de mercenaire qui choisit donc avec précaution les affaires dont elle se charge. Si le job reste exactement le même et moralement discutable, Romanova va se faire un point d’honneur à travailler pour renflouer des comptes qui semblent être destinés à faire le bien pour pas mal de monde qu’elle aurait mis dans la mouise par le passé. Elle utilise donc les services d’un avocat qui se trouve être aussi son agent, Isaiah.
Si certaines affaires ne posent aucun problème du point de vue de la réalisation, il peut arriver que les choses ne tournent pas comme prévues ou que le contrat ne va pas se révéler aussi net qu’établi au départ, que le Bien ne va pas l’emporter en fin de compte. Heureusement que l’espionne peut compter sur ses amis en noir & blanc, même si ces derniers n’hésiteront pas à utiliser ses services si elle doit faire appel à eux. Heureusement que Maria Hill l’aime bien et sait qu’elle peut compter sur ses talents. Voilà comment Natasha va se retrouver confrontée à une bande d’illuminés qui veulent faire régner le chaos dans toute la zone russe. Comme si l’endroit n’était pas déjà suffisamment explosif ...

Nathan Edmondson fait partie de ses jeunes scénaristes qui ont fait leurs armes chez Image Comics et qui ont réussi à se trouver une place chez l’un des deux grands éditeurs. Pour Edmondson, on peut citer The Activity ou bien Where is Jake Ellis ? entre autres. Mais ces deux titres sont importants car ils sont solidement implantés dans un univers d’espionnage plus ou moins réaliste (pour The Activity, Edmondson expliquait qu’il se renseignait auprès d’anciens militaires pour le réalisme des situations). Du coup, il semble logique de le retrouver sur une série comme Black Widow. Et le scénariste ne va pas rentrer directement dans le vif du sujet avec ce premier arc. Il va d’abord poser les pièces qui composent le quotidien de l’espionne. Bien entendu, le tout démarre sur les chapeaux de roues avec une situation de négociation pleine d’action et qui montre que Romanova, si elle a acquis une conscience, reste une professionnelle capable de tout. Puis Edmondson crée un univers plus personnel, plus ancré dans la réalité avec des voisins et un chat noir plus qu’insistant pour trouver un nouveau logis. Ca fonctionne parfaitement même si on ne comprend pas tout à fait de quels crimes Natasha cherche à se racheter. Puis dès le numéro 4, on rentre dans les choses sérieuses avec des adversaires qui semblent effrayants mais qui cachent visiblement quelque chose d’encore pire. Ce qu’Edmondson arrive aussi à faire, c’est à distiller un climat de paranoïa qui met le lecteur dans une position très sensible. En effet, nous sommes au courant de plus d’informations que la Veuve et parfois, il pourra même arriver de trouver les choses trop commodes pour être ce qu’elles prétendent. Pourtant, de mon côté, je n’ai jamais trouvé qu’il s’agissait de facilités scénaristiques pour faire avancer l’histoire, je penche plus sur de prochaines trahisons et j’espère bien que l’héroïne aura su être aussi clairvoyante.

On retrouve un dessinateur qui a ses fans et ses détracteurs pour ce reboot de série. C’est Phil Noto qui dessine les six numéros et autant dire que ça fait toujours plaisir à l’oeil. Il a un style irrémédiablement séduisant avec notamment de superbes héroïnes qui renvoient aux pulps des années 60. Mais cela ne veut pas dire qu’elles se résument à de simples bimbos, loin de là, car ce sont le plus souvent des femmes dangereuses. J’ai trouvé que par rapport à ses travaux précédents, Noto avait réellement développé sa mise en page et que pour ces six premiers numéros, les scènes d’action avaient gagné en dynamisme de façon très nette. Il faut aussi rappeler que l’artiste s’occupe de tout, du trait à la couleur et que, s’il manipule l’outil informatique pour se faciliter la tâche, sa maîtrise de l’outil est fort respectable. Les fonds sont plus variés et ne donnent plus cette impression de vide qu’on pouvait parfois retrouver dans ses pages et les effets de flous sont excellemment bien rendus (je pense aux plans sur l’araignée dans l’appartement) et servent toujours l’action. L’artiste arrive à rendre ses 20 pages mensuelles, à en mettre plein les mirettes même s’il utilise quelques raccourcis et ce, sans varier au niveau de la qualité de la production.

Au final, ce premier arc de Black Widow est très prometteur et sachant que l’équipe reste stable jusqu’au numéro 20 (il s’agit ensuite du presque-reboot de l’univers Marvel), il est fort probable pour que le reste soit aussi bon.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0