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Groot #1-6

jeudi 5 mai 2016, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Jeff Loveless / Brian Kesinger)

Lu en VF dans Marvel Universe #2.

Groot et Rocket Raccoon sont en rade en plein espace. La solution ? Le stop. Ca ne convient pas des masses au poilu mais l’arbre obtient
gain de cause quand un camion passe par là. Leurs soucis reviennent rapidement quand ils sont abordés par des requins de l’espace. Si nos
deux héros se débarrassent assez rapidement des assaillants, ils fichent aussi visiblement une peur bleue à leur samaritain. Après avoir rencontré
une version Skrulls des Three Stooges et avoir saboté l’existence d’un potentiel Superman, ils tombent nez à nez avec Eris, chasseuse de primes de
son état. Et n’en déplaise à Rocket, c’est Groot qui constitue la plus grosse prime. Une partie de sauvetage, de chat et souris, va alors s’en suivre.

Et c’est tout bonnement génial. Oui. C’est d’autant plus une grosse surprise que je n’attendais absolument rien de cette mini-série. Il y avait un petit
indice en lisant le nom des auteurs écrits avec une police très cartoon (j’associe ça à celle de Jeff Smith sur Bone notamment mais sans savoir si c’est la même).
Et donc pourquoi est-ce génial ? Tout d’abord, il y a une grande aventure avec beaucoup d’action mais de l’action fun (voilà, ça y est, je l’ai écrit), ça explose,
ça court, ça saute dans tous les sens, il y a de la fraternité, et tout ça dans un climat très agréable qui ne m’a jamais fait décrocher mon sourire. En se servant
des capacités spéciales de Groot, Jeff Loveless (écrivain pour le show de Jimmy Kimmel, auteur chez Marvel d’un numéro d’A+X) nous raconte donc une histoire dont on ne peut
pas décrocher. Musclée, tout en restant légère, elle met pas mal de monde en scène mais pas des personnages dont il faut une connaissance poussée. Ainsi on va rencontrer le
Silver Surfer mais même si vous n’avez pas lu la dernière série de Dan Slott et Mike Allred, ça n’est pas très grave. Au pire, ça donne même envie de cette série, tellement
les personnages sont bien écrits (et on voit bien ce que Allred a pu proposer pour le Surfer par exemple). Et le dernier numéro permet de terminer tout ça encore sur un déroulé
très amusant et une scène touchante pour finir.

Quant à Brian Kesinger, il suffit de dire qu’il a bossé aux studios Walt Disney pendant 16 ans. Le dessin de la série est à l’avenant, contrairement à la couverture de la VF qui est
signée Ryan Stegman, ou même des couvertures disponibles à l’intérieur, réalisées par Declan Shalvey. A l’intérieur donc, c’est comme du dessin animé mais bien, très bien fait. La narration est
déjà très fluide, lisible, mais néanmoins varié et qui se permet parfois quelques moments inventifs particulièrement réussis (sa rencontre avec Numinus par exemple). Et si l’histoire a des bons moments
de comédie (avec les Skrulls notamment), le dessin suit parfaitement la route avec des personnages que l’illustrateur a bien su s’approprier. Bien entendu, les créatures comme Rocket sont toutes mignonnes
mais pas que, Groot est un modèle d’expression malgré son corps de bois (là, on peut déjà voir la réussite en pensant à ce que Skottie Young a pu faire) et les humanoïdes ont leurs visages soignés
avec de grands yeux. Ajoutons à cela que les couleurs de Vero Gandini sont très réussies.

A mon humble avis, cette mini-série Groot est l’exemple parfait du comic-book qui peut être lu aussi bien par de vieux lecteurs que par des jeunes et cela, sans passer par un formatage à la série animée, un
label "Kids" souvent moins exigeant graphiquement. Avec son côté amusant et touchant, il peut aussi plaire à d’autres lecteurs qui lisent des choses plus indépendantes que du comic de super-héros souvent bourrin.
Marvel a encore réussi un joli coup avec cette mini-série qui fait passer un moment très agréable.