Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Image Comics > Paper Girls #1-5

Paper Girls #1-5

mercredi 4 mai 2016, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Brian K. Vaughan / Cliff Chiang)


1988, 4h40. Voilà déjà quelques minutes qu’Erin est déjà debout. Il faut dire que le camion délivrant les exemplaires du quotidien The Cleveland Preserver vient de passer
afin que la jeune fille fasse sa tournée. Mais en ce premier novembre, tout le monde n’est pas couché après la nuit de fête qu’est Halloween. C’est comme cela qu’Erin se fait
agresser par une bande de garçons plus grands qu’elle. Heureusement, elle est plus ou moins sauvée par trois autres livreuses dont MacKenzie, la première fille à faire ce genre
de petits boulots. Les filles vont faire des équipes de deux et se partagent des talkies-walkies qui vont se révéler bien pratiques quand un des deux groupes se fait attaquer
par trois gugusses déguisés en fantômes noirs. Cela les amènera à une zone de maisons encore en construction et à trouver un engin des plus particuliers dans l’une d’entre elles.
Le genre de vaisseau spatial plein de métal et de trucs qui font squish squish même quand on n’y touche pas. Et quand elles se rendent compte que le ciel a changé de couleur avec bien
plus d’étoiles que prévu, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.

Après Saga, Vaughan revient chez Image (tandis que sa série au prix libre The Private Eye fonctionne plutôt très bien) avec une série sur quatre filles livrant des journaux et se retrouvant
confrontés à des extra-terrestres. Enfin, extra-terrestres, vous verrez que les choses sont un peu plus complexes que ça mais que finalement, au bout des cinq numéros de cet arc, on n’en saura
pas beaucoup plus. C’est certainement ce qui est le plus dommage avec ce qui correspond tout de même à 120 pages de lecture (le premier numéro est un double très généreux). Car pour le reste, c’est
très sympa : les filles sont bien conçues avec leur propre caractère très indépendant, il y a de l’action et un peu de bagarre, du suspense et un jeu sur l’époque (en 1988, la marque Apple n’a pas encore
révolutionné le monde). Pour le reste, il semble y avoir plusieurs camps chez les "méchants" et le fait que les intentions ne soient pas clairement établies donnent un sentiment de flou dont je me serai,
personnellement, bien passé. En fait, on peut dire qu’il y a à peu près une avancée d’intrigue et une seule dans chaque numéro, le reste étant du remplissage pour donner la consistance à l’univers.
Il y a un bon lot de mystères mystérieux (même si, bon, le coup des disparitions, c’est plutôt commun) et un cliffhanger de fin d’arc assez sympathique même s’il permet de se poser des questions sur certaines
lois de science-fiction.

C’est un vrai plaisir de retrouver le dessin de Cliff Chiang dont les planches sont colorisées par Matt Wilson. Au programme, toujours ce trait mélange de modernité et de classicisme avec des personnages aux grands
yeux et cet encrage qui fait des merveilles. Pour le reste, c’est pile poil ce à quoi on doit s’attendre : une narration sans faille, une mise en page claire avec tout de même un nombre honorable de cases et des détails
un peu partout pour faire plaisir aux yeux. Là encore, tout comme le caractère des filles est différent, leur look l’est aussi. Je ne vais pas dire que Chiang réussit par contre à vraiment les différencier par rapport à leur
âge. A priori, Erin est plus jeune que les autres de quelques années mais ça n’est pas forcément évident à la lecture. Tout l’univers fantasy / SF est bien rendu avec des créatures et des objets technologiques intéressants car ils
gardent aussi un look très années 80/90.

Paper Girls est donc un récit agréable à lire mais qui frustre aussi beaucoup. Je suivrais très probablement la suite des aventures de ces quatre jeunes filles mais en grande partie grâce à la participation de Cliff Chiang.

P.S. Ah, il y a un alphabet à décoder pour savoir ce que les envahisseurs racontent. Heureusement, il y a des gens qui se sont mis à la tâche et voilà le résultat tout cuit.