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Mystery Girl #1-4

lundi 2 mai 2016, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Paul Tobin / Alberto J. Alburquerque)


Trine Hampstead est une jeune femme passant la majorité de son temps sur un trottoir. Elle y a deux occupations principales : vendre des tableaux mais
surtout résoudre tout type de mystère et cela, sans jamais se lever de sa chaise pliante. Son secret : depuis une mystérieuse rencontre,
Trine est capable d’avoir réponse à tout. Sauf à l’origine de ses pouvoirs bien entendu. Ce que Trine ignore, c’est qu’en décidant d’aider une jeune femme
à la recherche d’un mammouth suffisamment frais pour en extraire de l’ADN sur lequel travailler, elle s’expose à une sombre affaire où un tueur à gages est impliqué.
Mais peut-on piéger quelqu’un qui sait déjà tout ?

Paul Tobin, vous devez commencer à le connaître si vous traînez vos guêtres par ici. C’est l’auteur, entre autres, de l’adaptation du jeu vidéo Plants vs Zombies,
de Bandette, I Was The Cat, de l’excellente série horrifique Colder ou encore de Gingerbread Girl. Avec Mystery Girl, il démarre un nouveau
concept chez Dark Horse avec un récit introductif qui ne manquera pas d’action. Le scénariste est très malin et ne se risquera pas à expliquer le mystère des mammouths grâce à un
changement de scène fort pratique mais permettra tout de même à ses personnages de vagabonder comme ils le souhaitent. La grande force de Tobin, à mon humble avis, est d’écrire
des personnages auxquels on croit sans forcément s’y identifier. Ils ont tous leur petit truc en plus qui les sort de l’ordinaire mais ce petit truc est toujours suggéré, apporté de façon
anodine au détour d’une case. Le récit gagne du coup en finesse et ça fait du bien. A noter la présence de Lincoln, le tueur à gages ayant un TOC assez présent, ce qui permettra aussi
à certains personnages de s’en sortir sans jouer la carte de l’invraisemblance.
Pour le reste, l’énigme n’en est pas vraiment une, il y a bien entendu un lot de péripéties mais pas forcément de celles qui vous font hérisser le poil. Mystery Girl est de l’ordre de
la série policière avec une dose de fantastique mais surtout beaucoup de bonne humeur. Oui, nous y voilà. Je ne dirais pas qu’il y a de l’humour dans cette série, ça n’est pas vraiment le
cas même s’il y a certaines scènes qui sont écrites pour faire rire ou sourire. Non, c’est juste qu’avec un personnage comme Trine Hampstead, les choses ne peuvent pas vraiment mal se passer.
A la manière d’un Batman, la "détective privée" jouit d’une faculté très pratique : celle d’être toujours prête. S’en suivent du coup des scènes très agréables pour le lecteur.

Aux dessins, Alberto Alburquerque nous propose des planches au découpage soigné tout en restant assez sobre et efficace. Les couleurs de Marissa Louise sont légères pour rendre le tout encore plus
lisible et souvent très lumineux (l’histoire se passe dans un Londres ensoleillé et visiblement chaud) Le dessinateur ne s’économise pas, les décors sont suffisamment présents et joliment détaillés,
les personnages sont nombreux et variés et souvent bien distincts les uns des autres. Quant au style du dessinateur, il est un étrange mélange de plein de choses qu’on a déjà vu ailleurs mais sans pouvoir
réellement mettre le doigt sur ces origines bien digérées. On aura droit à des inspirations comics mais aussi clairement européennes. Je trouve que les planches sont bien dessinées et que le dessinateur
maîtrise bien son art. Ceci étant, il y a des moments où notamment sur les personnages, l’impression est moins enthousiaste. Certaines expressions de surprise ou d’horreur rappellent ce qu’un Rob Guillory
peut proposer, mélangeant des personnages censés être sexys et leur donner une allure limite monstrueuse.

Vous l’aurez compris, ça n’est pas encore ce coup-ci que Paul Tobin me décevra. Peut-être que le récit paraîtra trop anecdotique pour certains lecteurs plus exigeants, mais en ce qui me concerne cela me convient tout à fait.