Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Marvel Comics > The Unbeatable Squirrel-Girl #1-8

The Unbeatable Squirrel-Girl #1-8

samedi 19 mars 2016, par Mathieu Doublet

(Marvel / Ryan North / Erica Henderson)

Lu en numérique.


Doreen Green a décidé d’être une grande fille, de quitter son appartement secret dans la demeure des Avengers et d’aller vivre la grande vie de jeune universitaire. Elle va donc emménager dans le campus sous son identité secrète en compagnie de Tippie Toe l’écureuil. Bon, on ne peut pas dire que la demoiselle soit très à l’aise avec le concept de la discrétion puisqu’elle discute avec son ami(e ?) en pleine rue, ce qui peut la faire passer soit pour une folle, soit pour quelqu’un qui a des capacités hors-normes. Idem quand elle porte la totalité des cartons de son déménagement à bout de bras.

Doreen va avoir une surprise dès qu’elle rentrera dans sa chambre. Non, il ne s’agit pas de Nancy Whitehead, qui porte une vénération éternelle à son chat Mew et qui écrit les fan-fictions de Cat-Thor, mais plutôt de voir Kraven le Chasseur atterrir non loin du campus. Et pour cause, Kraven se trouve être l’administrateur de l’université. Il va falloir que Doreen s’en mêle et vous savez quoi, elle va même gagner. Enfin presque.

The Unbeatable Squirrel-Girl est l’une des quelques facettes que Marvel va tenter pour toucher un public plus attiré vers la comédie. Elle se range donc du côté non seulement de séries comme She-Hulk ou Howard the Duck. Il faut dire aussi que Squirrel Girl a fait partie des Great Lake Avengers, des héros quelque peu ridicules et mis en scène par Dan Slott lors d’une excellente mini-série.
Et ce sera Ryan North qui devra scénariser les aventures de la jeune fille, lui qui s’est déjà attaqué aux séries comiques avec, entre autres, Adventure Time ou [Original Sins-. On peut dire que le scénariste remplit bien le cahier des charges. C’est frais, c’est drôle, Squirrel Girl trouve des solutions raisonnables à des conflits qui semblent pourtant perdus d’avance (juste pour la forme les ennemis de ces huits numéros sont Kraven, Galactus, Whiplash, des dinosaures et un ancien dieu asgardien). Le pire, c’est que ça se tient et que Squirrel Girl est non seulement assez forte mais aussi plutôt maline. Tout comme sa co-locataire Nancy qui va faire un merveilleux voyage à Asgard.
North ne franchira jamais les portes de l’hilarité mais ses histoires donnent le sourire sans aucun doute, Doreen se permettant pas mal de choses avec le matériel des Avengers (celui de Tony Stark en particulier). Le scénariste tisse des histoires qui possèdent à la fois un côté aventure et un autre beaucoup plus réaliste (Squirrel Girl devra patrouiller pour une banque parce qu’elle a cassé un de leurs murs pendant une intervention). Il jongle donc parfaitement entre quotidien et exploits super-héroïques. Les héros que Doreen va rencontrer sont tout aussi farfelus qu’elles et c’est très bien comme ça car ils sont aussi étonnamment compétents.
Les pages de résumé de chaque épisode sont formulés comme des pages de réseaux sociaux (visiblement plus Twitter que Facebook) et permettent encore quelques vannes bien placées. Quant au quatrième mur, il sera brisé par des commentaires indiqués en bas de page qui donneront la parole à l’héroïne, au scénariste, voire au bruiteur des pages concernant l’analyse des événements ayant lieu sur la dite page. C’est en général bien trouvé, ça n’apporte pas d’informations supplémentaire sur l’univers (contrairement à ce que Matt Kindt pouvait faire sur Mind MGMT) mais cela donne une ambiance amusante.

Aux dessins, c’est l’artiste Erica Henderson qui est aux commandes avec l’aide de Rico Renzi pour les couleurs. Le travail de la dessinatrice a déjà pu être aperçu dans Atomic Robo : Real Science Adventures ou bien dans l’un des mini-récits de Original Sins. J’avoue que le résultat ne me fascine pas outre mesure. Les couvertures sont toujours très sympathiques et donnent dans la bonne humeur caractéristique du titre. Ceci dit, au sein des pages des comics, il manque quelque chose de plus cartoony, plus être plus exagéré dans les différents dessins. Une limite qui est dépassée chez Howard mais qui ne l’est pas ici, un peu comme sur le She-Hulk de Charles Soule. Alors peut-être que trop d’effets tuerait l’effet comique, peut-être que The Unbeatable Squirrel Girl n’est pas destiné à franchir une barrière qui le rapprocherait trop de la parodie ?

Au final, ces huit premiers épisodes de The Unbeatable Squirrel Girl sont diablement sympathiques et forment un tout cohérent qui permet aussi au lecteur de se faire à l’ambiance du titre (il y a par exemple un numéro entier où SG sera pastichée avec des aventures et des origines biscornues). Pour ma part, j’ai été très convaincu par la fin de ce premier ensemble de numéros et l’aventure avec le Dieu Asgrdien. La série, quant à elle, est ensuite rebootée au numéro 1 et ce nouveau volume aura droit à un moment à un crossover avec Howard.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0