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Death Vigil #1-8

mercredi 13 janvier 2016, par Mathieu Doublet

(Top Cow / Stjepan Sejic)


S’habiller en policier ne fait pas de vous un membre des forces de l’ordre. Avoir un pistolet en plastique ne permet pas d’arrêter des voyous, seraient-ils même en train de menacer une jeune femme. Par contre, en général, les dits-voyous sont souvent équipés d’armes à feu réelles et le pauvre Samuel Lewis va en faire les frais. Sauf qu’au moment de passer l’arme à gauche, il est approché par Bernadette, la faucheuse. Une vision un peu plus séduisante que la Mort classique, puisque la jeune femme est belle, certes habillée de noir, mais d’une blancheur toute albinos qui est troublante. Elle propose à Sam un marché qu’il est difficile de refuser : devenir immortel mais combattre à ses côtés des créatures démoniaques. L’homme qui est déjà spontanément un héros accepte rapidement. Et le voilà en compagnie d’autres Veilkeepers à combattre des Nécromanciens qui sont un peu plus que des humains portés sur le satanisme. Chaque clan a ses facultés propres basés soit sur des armes éthérées (chez les Veilkeepers) soit sur des tatouages (chez les Nécromanciens).
Depuis peu, les choses semblent s’agiter dans les forces du Chaos et pour cause, une Nécromancienne aurait peut-être trouvé le moyen de faire gagner son camp mais elle a une condition : elle veut l’arme de Bernadette qui, pense-t-elle, lui permettra de redonner vie à sa fille qu’elle maintient en vie artificiellement. Mais chez les "bons", si les rangs se sont rapidement amenuisés à force d’être attaqués, ils commencent à regonfler avec l’apparition de Clara parmi les leurs. Une jeune fille qui a un gros secret (un peu contre son gré d’ailleurs) qui pourrait coûter cher à la bande de Bernadette aussi bien que leur apporter un avantage considérable.

S’il y a quelque chose qu’on ne peut pas reprocher à Stjepan Sejic, c’est que c’est un énorme bosseur. Car non seulement, il réussit à sortir un comic-book régulier en se chargeant de toutes les tâches, tout en gérant plusieurs séries à la fois (dont Sunstone qu’il publie également en webcomic sur Deviantart). Avec Death Vigil, Sejic reprend le combat du Bien et du Mal avec quelques bonnes idées, histoire de rendre son récit un peu plus original. Tout d’abord, le camp du bien est celui de la Mort, c’est un peu étrange mais cela fonctionne. Chaque membre est bien conçu, notamment grâce à un système d’armes personnelles qui peuvent être améliorées. C’est tout bête mais l’on retrouve bien sûr les archétypes super-héroïques (avec notamment un speedster, un archer ou encore une masse de muscles - qui traîne un bateau de viking zombies, c’est vous dire) ou des pouvoirs issus des jeux vidéos (on cause beaucoup de MMORPG ou bien de Portal dans Death Vigil). Et ça fonctionne, non seulement en donnant des personnages jeunes mais aussi crédibles (on a le droit à des personnages adolescents normaux qui parlent correctement), et aussi en apportant du sang neuf dans les idées surnaturelles.
Ensuite, il y a LA composante évidente d’agents doubles, de traîtres, ou bien de personnages dont le camp est encore incertain. Et là où beaucoup de scénaristes se concentreraient sur ces personnages en leur faisant jouer une tragédie déchirante, l’auteur de Sunstone va chercher une situation tendue où tout est possible mais où chaque personnage n’énonce pas à haute voix son tourment. C’est plutôt bien pensé et surtout Sejic va bien diversifier ce point de vue en jouant sur beaucoup de métissages possibles. C’est forcément contraire aux règles énoncées et c’est ce qui apporte pas mal de surprises. Et parfois d’humour. Ceci dit, Death Vigil malgré son logo très gothico-horrifique, se situe tout de même dans l’actionner agréable avec des pointes de rigolades. Cela peut prendre la forme de jeu de mots (pour le coup, le fait de les souligner systématiquement n’est pas super fin) ou bien de répliques efficaces. En fait, la couverture du numéro représente assez bien, je trouve l’ambiance de la série.

Et donc Sejic s’occupe aussi des dessins de sa série. Il y a bien entendu une patte qu’on reconnaît immédiatement, et que certains reprocheront à l’artistes, les femmes se ressemblant beaucoup. Ceci étant, cette ressemblance est de titre en titre et nullement à l’intérieur d’une série. Malgré leurs cheveux blancs, on discerne parfaitement Bernadette, Clara et toutes leurs copines. Les hommes ne sont pas en reste et si Sam reste un Musclor avec un bouc fourni, les autres personnages sont bel et bien différents. Mention particulière aux Nécromanciens et aux créatures qu’ils invoquent, avec des yeux et des dents un peu partout et des membres très filandreux, élastique et souples qui évoquent les animes horrifiques les plus bizarres (Parasite est probablement passé sous les yeux de l’auteur).
Et si je disais que Sejic était un bosseur, c’est qu’il faut voir le découpage des planches dans lesquelles il se passe quelque chose, même pendant les discussions. C’est vraiment du découpage très serré, parfois très minutieux qui oblige à reproduire certains dessins. Et si le dessinateur utilise certainement quelques techniques pour gagner du temps, celles-ci ne m’ont pas sauté aux yeux lors de cette première lecture. Avec des décors numériques habillement utilisés, les cases ne donnent pas non plus une impression de vide, au contraire.

Si je comprends que Death Vigil raconte une histoire mille fois lue, j’ai passé un véritable bon moment avec une série qui a su gardé mon intérêt même pendant quelques moments de fatigue (là où j’aurais remis à plus tard pas mal de titres). Certes la facture graphique y est pour beaucoup dans l’attrait que je porte à ce comic-book, mais il y a plus que de la poudre aux yeux dans ce Death Vigil dont j’attends avec impatience la suite (les huit numéros forment une histoire complète mais appellent aussi un nouvel arc).

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