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The Goon : Once Upon a Hard Time #1-4 (TPB 15)

lundi 11 janvier 2016, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Eric Powell)


Ca y est, les choses ne peuvent plus aller comme ça : le Goon est complètement brisé et il est maintenant l’heure de la vengeance. Le musclé va
prendre ce qui lui reste de lucidité et remonter la piste de tous ceux qui l’ont trahi et les tuer. Jusqu’à arriver devant ses véritables ennemis
et leur faire la peau. Le sort de ce quartier maudit est entre les mains de son protecteur mais celui-ci pourrait bien se perdre ou perdre ses amis
dans la foulée.

Wow, Once Upon a Hard Time va voir le Goon garder le peu qu’il reste d’envie de vivre et régler ses problèmes. De façon entière et ultra-violente bien
entendu, guidé seulement par sa rage et l’alcool qu’il ingurgite en grande quantité. Powell ne va pas y aller avec le dos de la cuillère. Bien entendu,
ça n’est pas dans son habitude mais dans ce récit, il y va encore plus franco, lâchant son héros afin que celui-ci trouve enfin un peu de paix intérieure.
Et voilà une longue descente dans la violence, le chemin droit tracé vers la fin d’une énorme partie de l’histoire du Goon. Il n’y aura comme interlude qu’un
numéro quasiment entièrement consacré à l’île du Docteur Moreau où Powell (et probablement son héros) cherche la distinction entre l’homme et l’animal. Le choc est
rude pour le lecteur qui ne s’attend probablement pas à ça mais l’expérience est intéressante et permet de rendre l’attente du Goon plus concrète.
Le final, quant à lui, sera aussi surprenant par sa résolution finalement assez optimiste mais s’il y a bien quelque chose que l’auteur ne cautionne pas, c’est bien
les bons sentiments et les mots du Goon seront suffisants pour renverser légèrement la vapeur et ne pas faire sombrer le titre dans la guimauve.

Graphiquement, c’est juste superbe. Powell se charge de tout : dessin et couleurs, enfin couleurs, disons mise en relief du dessin par des tons choisis. Et pour le coup,
dans un premier temps (les deux premiers numéros), c’est du gris et de l’écru, il n’y a vraiment pas d’autres tons. Et puis, par la suite, Powell n’a pas toujours le temps
de passer à l’aquarelle et on repasse alors vers une colorisation plus classique, avec même un peu de couleur, du bleu, du orange, toujours un peu de rouge (oui, ça saigne)
et l’histoire se terminera dans des tons verdâtres en demi-teinte.

Once Upon a Hard Time marque réellement un grand tournant dans l’histoire du Goon avec tout ce qui caractérise un épisode de fin de série (oui, Powell aurait clore son ouvrage de façon
très satisfaisante avec ces numéros). Il reste donc une lecture obligatoire pour tous ceux qui ont suivi la série depuis le début. Espérons que la suite (The Lords of Misery dont un numéro prologue est déjà sorti) soit un peu plus optimiste et contienne plus d’humour ou d’étrangetés.