Onirique Comics 7.1

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King Tiger #1-4

samedi 9 janvier 2016, par Mathieu Doublet

(Dark Horse / Randy Stradley / Doug Wheatley)


Dans la région du Névada, riche en casions, en alcool et en occasion de vautrer dans la débauche, des personnes sont enlevées par de vilains bonhommes qui les apportent à leurs commanditaires. Ce que les kidnappeurs ignorent, c’est qu’ils sont eux aussi sur la liste des corps nécessaires et se retrouvent enfermés dans une grande boîte comme les autres. Quand on voit ce genre de choses, c’est qu’il y a souvent du sacrifice humain dans l’air et ça ne manque pas, tous ces gens sont prêts pour servir de carburant à une belle invocation démoniaque.
Parmi les victimes, il y a un flic et celui-ci possède le numéro de téléphone de Tiger, espèce de Bruce Lee en costume d’arts martiaux orange qui se trouve aussi être un sorcier jeune mais puissant. Forcément, le flic demande à ce qu’on le sauve et Tiger se rue dans le danger tête la première puisque ce sont les vilains qui ont organisé ce guet-apens. Est-ce que Tiger réussira à se tirer de ce mauvais pas ? Est-ce que son nouvel assistant Milo, sa copine Rikki et le vieux sage Lookfar lui seront d’une grande utilité ? Et qui est ce mystérieux vilain encapuchonné qui semble connaître Tiger ?

Bien, avec tout ça, et le ton quelque peu ironique des lignes ci-dessus, vous allez vous dire que King Tiger n’est pas une bande dessinée de qualité. Et vous aurez tort. Alors certes, le scénario de Randy Stradley n’est pas extrêmement folichon avec une histoire de monstre démoniaque gigantesque à combattre mais les personnages sont bien écrits et sympathiques. Le héros est sûr de lui, très puissant mais qui ne manquera pas de faire remonter les bretelles par sa copine. Il restera aussi très calme face aux adversités les plus ignobles et même quand cela concerne sa famille (m’enfin, faut aussi voir de quoi est composée sa famille). La copine en question est loin de la demoiselle en détresse, d’ailleurs c’est elle qui tient les cordons de la bourse (et se permet d’avoir tout un garage rempli de véhicules roses). Le vieux sage en a encore en réserve et l’assistant qui débarque aura un comportement très logique face aux événements qu’il va rencontrer. A défaut d’être originale, l’histoire est solide et a le mérite de ne s’étaler que sur quatre numéros, là où on aurait pu en avoir 6 chez d’autres éditeurs. Stradley apporte aussi un côté très zen à son héros

Le truc qui change quand même pas mal de choses, ce sont les dessins de Doug Wheatley. Le trait est d’une finesse remarquable et les visages des personnages sont très réguliers alors que le style réaliste apporte souvent chez des dessinateurs moins chevronnés des visages différents. A propos des visages, Wheatley les maîtrise à la perfection et chaque expression est superbement rendue. Les planches sont remplies de détails et le dessinateur sait comment remplir l’espace en choisissant des techniques différentes qui sont toujours très efficaces, des aplats de noirs cohérents aux lignes de vitesse tirées de la bande dessinée japonaise. Rain Beredo est toujours aux commandes des couleurs et le résultat est réellement enthousiasmant.

King Tiger, après son apparition en back-up de la série Blackout, continue son chemin et dispose d’une équipe ayant un certain savoir-faire qui permet de vivre un agréable moment. Dommage que les adversaires que rencontrent nos héros ne soient plus originaux.

P.S. Deux choses à noter :
- le recueil contient le mini-récit initialement inclus dans la série Blackout.
- Dark Horse n’a pas estampillé cette série du logo "Project Black Sky" alors que le projet est bel et bien présent et que King Tiger fait partie de l’univers partagé de l’éditeur. Ceci étant, le mystérieux projet n’apparaît que de manière fugace au sein du titre.

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