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Kaptara #1-5

jeudi 7 janvier 2016, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Chip Zdarsky & Kagan McLeod)


Keith Kanga est un biologiste embauché pour mener une mission sur Mars. Il embarque donc accompagné d’un physicien, d’un pilote, un médecin et un ingénieur. Si les quatre premiers trouvent de quoi s’occuper pendant le voyage (le physicien étant aussi un body-buildeur), ça n’est pas le cas de Kieth qui, du coup, joue aux jeux vidéos et passe pour un feignant de première. Alors que tout se passe bien, l’équipage se retrouve devant une formation d’astéroïdes assez particulière puisque les roches forment une espèce de tube. En faire le tour causerait trop de retard à la mission et voilà pourquoi le pilote décide, malgré la réticence d’autres membres, de passer à l’intérieur. Bien entendu, ce qui semblait inoffensif avec les instruments de mesure se révèle être plus risqué que prévu. Et voilà les membres séparés les uns des autres dans des capsules de sauvetage. Quand Kieth reprend connaissance, il se retrouve sur une planète étrange aux coloris, à la faune et à la flore inconnus. Il retrouve rapidement le pilote de la mission qui va se retrouver découpé en deux par un animal local. Kieth ne devra sa survie qu’à l’apparition de guerriers du coin. Kieth est arrivé sur Kaptara à travers un passage entre les dimensions et il se pourrait bien que le grand méchant soit passé dans l’autre sens. Une équipe se créé donc mais Kieth, lui, préfère rester sur la planète extra-terrestre à glandouiller. Après plus rien ne le retient sur Terre, alors peu importe si celle-ci est renversée par un tyran à la tête de squelette.

Kaptara est donc la seconde oeuvre de Chip Zdarsky en tant que scénariste après Howard the Duck chez Marvel. Le dessinateur de Sex Criminals va pouvoir s’en donner à coeur joie dans le délire, se permettre pas mal de choses qui ne passeraient peut-être pas à la Maison des Idées. On aura donc droit à un vilain rappelant le Squelettor des Maîtres de l’Univers et un Musclor découpé en deux avec un guerrier en armure très rigide et un autre musclé blond, vantard, gaffeur et spécialiste de la fléchette empoisonnée. Toutes les créatures de Kaptara sont donc bizarroïdes, difformes, composées de plusieurs choses que nous connaissons mais que nous n’avons jamais vu ensemble. Le premier numéro démarre d’ailleurs par l’apparition d’un cheval rose avec une énorme barbe, beaucoup de dents, de cornes et de bois (mais des bois faits en os et particulièrement pointus). Il y aura ensuite bien entendu des races particulières (comme des Schtroumpfs mélangés avec des lutins de Willy Wonka et particulièrement grossiers) mais aussi beaucoup d’humanoïdes. Au rayon des personnages, on trouvera aussi un mage change-forme tout nu se servant de sa gigantesque barbe comme sous-vêtement ou encore une boule de motivation vivante.
Si les personnages sont très détaillés dans ma description, c’est aussi que ce premier arc sert surtout à mettre les choses en place. Avec tout de même, une mention particulière aux méchants pour qui les choses changent encore plus que pour les gentils. Les intrigues qui ponctuent ces cinq numéros sont plus pour décrire les personnages que pour véritablement faire avancer l’intrigue.

Si Kagan McLeod a participé à Mad ou à Star Wars Tales, c’est surtout son comic-book Infinite Kung-Fu qui l’a fait découvrir et reste sa plus grosse production avec Kaptara. Au programme, des personnages bien conçus, un bestiaire étrange et effrayant et un choix de couleur pour le moins particulier (s’il est assisté par Becka Kinzie, il fait le plus gros du travail). Mais le pire, c’est le tout fonctionne parfaitement, et c’est même beau. On sent la patte du dessinateur qui dessine des personnages fins (voire même filiformes, ce qui pour des bonhommes musclés donne un dessin très particulier) et des cases bourrées de détails. On en a clairement pour son argent. Des hachures diverses placées aux bons endroits donnent un cachet un peu plus brut / sale à l’ensemble qui n’aurait pas fonctionné de même façon si le style était trop aseptisé.

Kaptara est donc une série pleine de promesse qui bénéficie de tous les délires de ses auteurs qui ont les moyens techniques pour les réaliser. Si le deuxième arc avance un peu plus sur son fil rouge, on tient là une belle série de SF, qui pourrait être comparée à ce que Rick Remender peut offrir. Seulement, en plus drôle et en (presque) plus joli.

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