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Uncanny X-Men #1-11 (2013-2015)

dimanche 27 décembre 2015, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Brian Michael Bendis / Chris Bachalo, Frazer Irving & Kris Anka)

Lu en numérique. En papier, les 11 numéros sont regroupés en deux volumes : Revolution et Broken.


Cyclope a été possédé avec quelques uns de ses collègues par la force Phénix (cf Avengers vs X-Men) et il a commis la pire des atrocité :
assassiner le professeur Xavier, son père spirituel. Il est devenu par la force des choses un vrai paria auprès des mutants et un véritable danger
public auprès des humains. A tel point qu’un mutant se révélant déclenche des hostilités aussi bien auprès du public que des forces de l’ordre. Au moins,
une partie de la population a entendu le message de Summers et soutient la cause mutante comme une minorité de plus qui a le droit d’exister.
Et donc Cyclope en compagnie d’Emma Frost, Magneto et Magik recrutent de jeunes mutants afin non seulement de les aider à gérer leurs pouvoirs mais aussi
à ce qu’ils puissent s’en servir aussi bien d’une manière offensive que défensive. Seul souci : après la disparition de la force Phénix, les professeurs ont vu
leurs pouvoirs réellement modifié : en réalité, ils arrivent difficilement à les contrôler. Et même dans son camp, Cyclope ne compte pas que des amis. Comme Magneto
qui cherche à filer des informations au SHIELD. Autant dire une sacrée tuile pour la cause révolutionnaire.

En 11 numéros, on ne peut pas espérer de Bendis qu’il fasse avancer beaucoup les choses. Ceci étant, il y a quelques arcs dans ce paquet de numéros au découpage
assez clair. Le premier met les pièces en place, comme d’habitude, et c’est peut-être dans cet arc que l’on rencontre le plus de répétition avec All-New X-Men. Le second permet
à Magik surtout de refaire un petit tour en Enfer, c’est visiblement la jeune fille qui s’en est le mieux sorti dans sa période post-Phénix mais les choses ne sont pas
forcément totalement réglées. Le troisième continuera l’exploration des "Nouveaux Mutants", les élèves de Summers et compagnie et permettra au SHIELD de faire bouger la situation
ce qui apportera un peu de finesse dans la position de certains mutants. C’est aussi dans cet arc qu’un des X-Men originaux rejoindra les révolutionnaires. Enfin, on aura droit au retour
d’une nouvelle génération de Sentinelles avec bien entendu un mystérieux personnage les contrôlant.
Ce qui est assez futé de la part de Bendis, c’est de ne pas se vautrer dans le cynisme et la dépression des X-Men fautifs d’avoir voulu contrôler le monde. Certes il y a beaucoup de passages
où Summers se remet en cause, où Magneto se fait un personnage plus ambivalent (ce qui est d’autant plus fort qu’il vit ce qu’il a finalement espéré) et Emma Frost est encore plus glaciale que jamais.
Mais il y a aussi cette nouvelle génération de mutants qui apporte un peu d’humour et de fraîcheur au titre, y compris cet étrange garçon capable de produire des boules en or de son corps. Le dosage fonctionne
bien je trouve et permet de profiter d’une lecture agréable.

Ce sont Chris Bachalo et Frazer Irving qui se partage le gros du boulot sur ces 11 numéros avec un peu d’aide de la part de Kris Anka. Bachalo est fidèle à lui-même, avec un trait fin, agréable, sexy en diable
et des mises en page allergiques aux cases horizontales. Il garde donc ses tics (quoique depuis Steampunk, on peut clairement dire qu’il a gagné en lisibilité) mais j’aime toujours autant. Irving réalise les fill-ins et
si l’arc se déroulant en Enfer est à mon humble avis parfait pour son style, je suis plus circonspect sur l’arc se passant sur Terre. On ne peut pas dire que l’artiste soit raccord ou même proche de ce que Bachalo peut produire
et le thème ne ressemble pas vraiment à l’ambiance de son dessin. Il reste la nouvelle génération de Sentinelles qui possède un côté nébuleux qui colle bien à ce que produit l’artiste.

Au final, malgré le côté répétitif avec All-New X-Men (oui, je sais, j’ai fait la même sur l’autre chronique), Uncanny X-Men est assez agréable à lire. Plus sombre peut-être, plus mature ou correspondant à un public plus adulte que All-New.
Pour la suite, il est déjà l’heure du crossover avec Battle of the Atom, dont je n’ai pas encore les numéros sous la main.