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All-New X-Men #1-15

dimanche 20 décembre 2015, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Brian Michael Bendis / Stuart Immonen, David Marquez & David Lafuente)

Hank McCoy a joué avec le feu et sa mutation. Il en ressent les effets aujourd’hui avec de nouveaux changements auxquels son corps répond difficilement. En gros, il s’apprête à mourir mais n’a bien entendu prévenu personne. Alors, il décide de finir sur un coup mémorable : persuadé que Cyclope va déclencher un génocide chez les mutants, il prend sa machine à voyager dans le temps et va chercher l’équipe des X-Men des années 60, équipe dont il a été d’ailleurs membre. Le but est de rappeler à Cyclope ses premières intentions et le faire revenir dans le droit chemin. McCoy ne se rend surtout pas compte qu’il prend des adolescents qui ne sont pas forcément prêts à vivre dans un futur très éloigné du rêve pour lequel ils se battent.

Bendis prend en charge la destinée des mutants et part sur un concept plein de promesses. Cela permet de jouer un peu la carte de l’humour (avec Iceman version ado et les références aux événements déjà passés) et du drame. En ce domaine, c’est bien entendu Jean Grey qui sera la source de pas mal de conflits, la jeune fille grimpant rapidement en puissance mais sans la guidance de Charles Xavier. C’est Kitty Pryde qui aura la lourde tache de gérer la nouvelle télépathe / télékinésiste et le personnage est bien écrit de ce point de vue (merci d’ailleurs à Jason Aaron pour sa performance sur Wolverine & The X-Men qui aura permis de redéfinir la jeune femme).

Bien entendu, en 15 numéros, Bendis ne va pas beaucoup développer son histoire, il n’en a pas vraiment le temps. Le premier arc (#1-5) met essentiellement les pièces en place sans grand ennemi.
On a ensuite droit à une courte parenthèse (#6-8) mettant en scène la décision des X-Men de rester. Bendis (et McCoy) jouent quand même beaucoup sur le thème d’une traîtrise finale. Car l’histoire peut difficilement se terminer autrement que par des jeunes X-Men rentrant chez eux et se faisant effacer la mémoire par Xavier (c’est d’ailleurs dit dès le départ). Il faut simplement espérer que le plan de McCoy fonctionne. La parenthèse permet aussi d’insérer les Vengeurs dans l’histoire ainsi que Mystique et Hydra qui auront leur importance dans les numéros suivants.
Je trouve d’ailleurs que l’arc suivant (#9-14) tape trop dans la transition. Il y a des moments vraiment très sympathiques (comme celui avec Havok et le jeune Cyclope) mais les plans de Mystique n’auront pas d’explication claire. Peut-être est-ce une intrigue menée sur le très long terme. Comme en plus, la bande au vieux Cyclope va intervenir, cela fait encore plus d’occasions pour causer mais pas pour faire avancer l’intrigue.
Bendis joue d’ailleurs la carte de la répétition déjà utilisée dans Powers en reprenant certaines scènes dans Uncanny X-Men, ce qui peut agacer ...

Aux dessins, on est gâtés. Stuart Immonen fournit un boulot vraiment très séduisant et qui supporte bien le zoom numérique. L’artiste n’hésite pas à utiliser la carte "double-page" afin de mettre en scène de belles scènes d’action. Ses personnages sont soignés, y compris son nouveau Beast (même si j’avoue avoir une préférence pour le look précédent). Il laissera la main à David Marquez et David Lafuente pour les fill-ins. Le premier est plus raccord avec Immonen, son dessin n’ayant pas autant de caractéristiques asiatiques que celui de Lafuente. Ceci étant, les deux font du très bon boulot.

All New X-Men est donc une très bonne lecture si on comprend que, réalisée par Bendis, elle ne va pas très vite et qu’il y a parfois un sentiment de doublon avec Uncanny.