Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > Marvel Comics > Powers #21-37

Powers #21-37

dimanche 13 décembre 2015, par Mathieu Doublet

(Marvel Icon après Image Comics / Brian Michael Bendis / Michael Avon Oeming)

Lu en numérique.

Ca en fait un paquet de numéros, non ? Alors pour que les choses soient claires, on a droit à 3 arcs : Anarchy (#21-25), The Sellouts (#26-30) et Forever (#31-37).


Anarchy : Ca fait quelques temps que Christian Walker a décidé de rendre son badge et bien entendu Donna Pilgrim se trouve avec un nouveau co-équipier. Elle a de la chance, il ne s’agit pas d’un bleu mais d’un officier ayant un peu d’expérience et sachant à quoi s’attendre face aux particularités du service. En l’occurrence, ils enquêtent sur la mort d’un super-héros attaqué à la bombe molotov. Reste à savoir qui est derrière ça et l’apparition une nouvelle fois du logo "Kaotic Chic" va bien entendu faire froid dans le dos et retourner les souvenirs de la mort de Retro Girl.

Bon, la fin de l’arc précédent (Supergroup) était intéressant avec un cliffhanger qui laissait présager bien des choses. Peut-être que lors de la publication papier, il avait dû y avoir un réel gap avec la parution d’Anarchy mais si vous ne laissez pas beaucoup de temps entre les deux, vous aurez peut-être le sentiment, comme moi, que l’intrigue n’est qu’un prétexte à faire revenir le héros principal. En effet, c’est bel et bien pour reconstruire le duo Walker / Pilgrim que Bendis écrit ces cinq numéros. Alors oui, l’intrigue suit logiquement ce qui se passe dans l’univers de Powers avec le fiasco du FG-3 ; oui, le moyen de faire revenir Walker est bien pensé. Mais je trouve que ce dernier accepte bien vite de retrouver ses marques.

The Sellouts : une nouvelle mort de super-héros et cette fois-ci, on a droit au décès d’un membre d’une super-équipe qui était aussi un sénateur. Autant dire quelqu’un d’important et comme Unity est sous couvert fédéral, les agents de Powers auront bien du mal à faire leur job en toute tranquillité. Il faut dire qu’au même moment une vidéo pornographique mettant en scène le super-héros et une très jeune fille déguisée en side-kick va être révélée. Et pas un porno classique, non, du qui tache.

Pour une fois, Bendis va se poser du côté du super-héros et traite enfin la super-puissance qui existe entre les mains de certains encapés. C’est bien fichu, le whodunnit reste assez classique mais heureusement, les petites ficelles qui sont derrière tout cela font que la sauce passe bien et que l’on suit l’intrigue avec intérêt. Le final est certainement un autre grand moment de ce premier volume et change carrément, entièrement, la donne une nouvelle fois. Même avec une lecture proche des albums, même si Bendis nous a déjà fait le coup, on reste avec la bouche bée et on se demande ce qui va se passer ensuite.

Forever : Bendis aussi d’ailleurs puisqu’il change complètement son fusil d’épaule avec un numéro entièrement consacré aux deux premiers super-héros terrestres, des super-héros immortels qui verront leur naissance en tant qu’hommes préhistoriques (homo erectus si je ne dis pas de bêtises). Un sacré concept car jamais il ne sera fait mention des héros que l’on connaît habituellement et la totalité des dialogues seront composés de bruits. Alors on n’est clairement pas au rayon d’un Moore ayant inventé une nouvelle langue (dans La voix du feu) et ce sont vraiment des cris de bêtes auxquels on a droit. Chaque numéro fera la part belle à une époque et au conflit entre ces deux êtres. On voit rapidement où Bendis veut en arriver, même si les dessins de Oeming relativement classiques dès qu’il s’agit de représenter un super musclé laissent planer le doute. Après une phrase particulière pendant l’étape kung-fu de l’arc, le doute n’est plus permis et on comprend comment les wagons se raccrochent jusqu’à un des tous premiers numéros de la série.

C’est malin, et c’est sûrement ce que Bendis fait le mieux : exploiter ce qui a déjà été fait et maximiser la réalisation des planches. Ce sera le cas avec Forever qui reprend donc des événements déjà passés (et donc des planches déjà lues) mais aussi The Sellouts. En effet, dans cet arc, on va avoir droit à un mini-effet à la Rashômon et à la réaction de plusieurs personnages différents par rapport à un même événement. A la lecture, ça passe tout à fait, même si les planches dédoublées ne demandent pas une lecture particulièrement attentive. Bendis joue la carte du remplissage habilement. J’aurais été un lecteur mensuel, je crois que je l’aurais eu quand même un peu mauvaise.

Là encore, la fin de Forever est assez forte en sens et en conséquences, surtout par rapport à celle de The Sellouts. Mais pour Forever, on reste tout de même dans beaucoup de non-dits. De quoi faire parler de la série, faire gamberger les lecteurs et se laisser la porte ouverte à utiliser ou non de possibles nouvelles idées et situations.

Quant à Oeming, il fait le boulot mais je n’ai pas grand chose à ajouter par rapport à ce que j’avais déjà écrit sur son travail. Certes, dans Forever, on peut voir que le dessinateur tente de changer son style pour coller à l’époque du récit et cela fonctionne assez bien. Il a un style rond que j’apprécie toujours autant mais sans que je crie au génie. A noter aussi que le dessinateur va dessiner quelques femmes nues mais que les hommes auront toujours leurs bistouquettes bien planquées (sauf dans The Sellouts). A la décharge du dessinateur, j’ai vraiment le sentiment que la série a été numérisée avec les pieds et que Comixology ne rend pas service à la série qui, avec ses doubles planches bourrées de petites cases, se prêtent beaucoup aux zooms et à la lecture guidée.

Au final, j’ai beau voir les tics de constructions, le côté très bavard, la décompression des intrigues, je reste fasciné par l’univers de Bendis, surtout grâce à ces deux personnages centraux et leur caractère trempé. Le fait d’avoir acheté les numéros à un prix léger a tout de même fait passer la pilule agréablement. A noter d’ailleurs que la promotion de chez Comixology a oublié le numéro Annual de ce premier volume et que je ne l’ai donc pas encore lu.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0