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Death of Wolverine #1-4

samedi 28 novembre 2015, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Charles Soule / Steve Mc Niven)

Lu en numérique.

Ca commence bien : Logan est sur le bord d’une maison au fin fond de la campagne (l’état de British Columbia pour ceux qui arriveraient à se situer) et en piteux état. Quant on sait que le mutant a perdu son facteur auto-guérisseur. Alors les scientifiques les plus efficaces ont beau s’être remués les méninges, il n’y a pour l’instant pas grand chose à faire. Le métal du squelette de Logan est complètement irradié, ses griffes qui rentrent et sortent sont des nids à infection, bref, tout ça ne sonne pas très joyeusement. Logan vit ses derniers jours, il n’y a pas à chipoter. D’autant que les nouvelles de sa santé défaillante sont allées à la vitesse de la lumière et qu’ils sont nombreux à vouloir la peau du glouton. D’ailleurs, c’est un peu ce qui est arrivé aux bonhommes qui sont morts en pleine campagne américaine. Le "dernier" à tenter sa chance n’est autre que Nuke, un super-gugusse qui doit surtout ses capacités extra-ordinaires à un régime copieux à base d’anabolisant. Et Logan lui donne carrément rendez-vous sur une île. Pas particulièrement à Nuke ceci dit mais à toute personne qui voudrait une nouvelle fois attenter à ses jours. Mais Logan va apprendre que s’il y a un contrat sur sa tête, il implique de capturer le mutant vivant. Il n’y a plus qu’à remonter la piste ...

Marvel a décidé à laisser le sort de Wolverine dans les mains de Charles Soule, scénariste qui gagne du terrain chez l’éditeur, alors que Paul Cornell avait détruit et reconstruit le personnage avec application, même s’il y avait aussi beaucoup à redire. Reste à savoir si c’est Soule ou Marvel qui veut donner le change au lecteur mais l’histoire est courte, les presque cinquante pages du premier numéro (ainsi que les pages supplémentaires des autres numéros) sont composées à moitié de bonus, retraçant les impressions de Steve McNiven. J’y reviendrai.
Quatre numéros pour une menace grandissante qui retrace très probablement les grandes époques des aventures de Logan, lequel rencontrera des personnages ayant eu leur importance dans sa destinée. Je dis "très probablement" car je ne suis clairement pas au fait de tous les grands moments du griffu. Ceci étant, une fois de plus, l’étape asiatique avec passage obligé à Madripoor a encore un traitement de faveur (et montrera un Sabretooth dans une condition bien peu enviable par rapport à sa situation dans les précédentes séries Wolverine). J’imagine que l’hommage devait peut-être en rester là, que le grand vilain aurait été trop évident si Soule s’était acquitté d’une exhumation d’archives en prenant à rebours la grande histoire de Wolverine.
Les plus critiques y verront aussi peut-être le signe que le héros n’a pas connu beaucoup de grands moments. Ca serait très cynique mais pas forcément improbable. Et peut-être qu’en allongeant, les allusions auraient été trop lourdes. Du coup, le grand vilain, si on peut employer ce terme, arrive un peu vite à mon goût. Pour une fois, j’en aurais bien pris pour 6 numéros, voire 8. Il faut aussi dire que si le premier numéro a son compte de page réglementaire, les suivants sont allégés (16 pages de bandes dessinées) et que tout va très vite reléguant le côté incroyable, légendaire qu’on attendait d’une telle mort, au rang de l’anecdote. Tout est logique mais cela manque aussi de grandiloquence.

Aux dessins, on retrouve avec plaisir Steve McNiven qui avait déjà oeuvré avec Wolverine sur le très bon Old Man Logan et ses premières planches malgré la violence et l’aspect très saignant sont absolument superbes. Le récit complet aura beau compter moins de 80 pages, on aura droit à des choses qui font plaisir aux yeux. Ses commentaires aussi sont les bienvenus d’autant qu’ils sont accompagnés de cases au crayon ce qui est fort appréciable. Jay Leisten fait un travail d’encrage honorable, restant très fidèle aux traits de McNiven mais sans trop en faire comme quand le dessinateur s’encre lui-même. Justin Ponson finit de mettre tout cela en couleur de façon fort pertinente avec des décors qui sont très réalistes (la campagne, l’île, Madripoor ou encore le désert californien ont des palettes de couleurs qui leur sont propre). Et Chris Eliopulos terminera le travail avec un lettrage efficace et discret.

Au final, Death of Wolverine est une mort digne du héros (même si je vois très probablement une façon pour le mutant de revenir sur le devant de la scène) mais qui est moins emblématique que ce qu’on aurait pu croire. Restent de belles pages finales, c’est déjà ça.