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They’re Not Like Us #1-6

mardi 24 novembre 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Eric Stephenson / Simon Gane)

Lu en numérique.


Etre télépathe, ça n’est pas toujours facile. Surtout quand on n’a jamais appris à contrôler son pouvoir, qu’on ne comprend pas ce qui se passe et quand sa famille fait tout pour que vous arrêtiez de perdre les pédales. Alors au bout d’un moment, on songe à commettre l’irréparable. C’est qu’une jeune fille pense et elle s’apprête à sauter du haut d’un immeuble. Forcément, elle n’y va pas franco, elle reste un petit moment sur le rebord du toit. Suffisamment longtemps pour que quelqu’un intervienne et décide de discuter avec elle. Mais cela ne change rien. Elle saute ... et visiblement se loupe puisqu’elle se retrouve à l’hôpital. L’homme qui a cherché à la convaincre de ne pas sauter est là, bien décidé à la faire sortir, même si encore en état de convalescence. Il est persuadé que si elle ne sort pas rapidement, il va lui arriver malheur. Que des gens mal intentionnés vont la kidnapper et l’utiliser à leurs propres fins. Alors, accompagné d’une petite équipe, il réussit à la faire sortir.
Et c’est comme cela que la jeune fille va rencontrer The Voice (celui qu’elle a rencontré en premier) ainsi qu’une bande de jeunes. Des jeunes comme elle qui ont des facultés mentales hors du commun. Des jeunes guidés par The Voice dont le credo est "puisque nous sommes supérieurs aux autres et que ces autres nous ont toujours méprisé, faisons tout ce qui nous plaît, absolument tout". La seule condition étant de ne jamais, au grand jamais, attirer l’attention sur l’équipe, sur les maisons sans lesquelles ils vivent, sur leur quartier même. Et pour cela, il faudra employer la violence. ce que Syd (son nom de code) n’est pas forcément prête à accepter.

Eric Stephenson, c’est le boss d’Image Comics après avoir longtemps traîné ses guêtres chez Rob Liefeld. They’re Not Like Us n’est pas son premier coup d’essai puisqu’il a notamment aussi scénarisé (ou co-scénarisé) Badrock, Glory, Fantastic Four ou Wolverine (avec Erik Larsen) et bien entendu le récent récit rock’n’roll et scientifique Nowhere Men. Avec They’re Not Like Us, Stephenson reprend le concept de l’équipe de super-héros jeunes et menés par un mentor. Sauf que le mentor en question n’est pas le professeur Charles Xavier et que son propre passé lui fait prendre des décisions "entières" beaucoup plus proches de celles d’un Magneto, sans qu’il cherche à prendre le contrôle de l’univers, ceci dit. Bien entendu, le nouveau personnage va être le rouage qui ne peut pas s’insérer tel quel dans la machine et qui va bouleverser l’univers établi.
Les six premiers numéros (et vues les ventes de la série, elle risque de ne pas en comporter énormément plus) nous présente donc à la fois un premier arc qui sert d’introduction à l’univers et aux personnages mais heureusement aussi à une certaine forme de complétion. L’histoire pourrait s’arrêter là, elle serait probablement incomplète (avec un personnage qui voit le futur, chacune de ses phrases est une possibilité à une intrigue supplémentaire) mais la fin de cet arc reste satisfaisante, elle règle la grande question en cours et au lecteur d’imaginer ce qu’il adviendra des protagonistes.
Stephenson, à l’instar de Nowhere Men, prendra soin d’insérer pas mal d’allusions musicales (y compris les phrases qui concluent chaque numéro). Avec un esprit très post-punk, They’re Not Like Us fait penser aux Invisibles ou bien à Umbrella Academy. Loin d’être mauvaises comme références, que l’on sent plus comme parenté que d’inspiration.

Aux dessins, Simon Gane (Northlanders, Vinyl Underground) sera seul aux commandes, se chargeant des dessins et de l’encrage. Seule la colorisation est laissée à Jordie Bellaire qui fournit un travail assez joli même si un peu plat. Le dessin de Gane est un mélange de plusieurs influences. Je ne peux m’empêcher d’y trouver une très légère inspiration asiatique et beaucoup de bande dessinée européenne. Beaucoup de détails dans les éléments de décor (quand il y en a) et aussi dans les visages des protagonistes. Il y a un côté très rude qui donne une impression non pas de saleté mais d’aspérités. Cela colle assez bien avec l’identité du titre qui cherche à gratter le lecteur. Les personnages sont tous bien conçus, distincts et maîtrisés. Le découpage est très classique, avec des bandes horizontales qui permettent une lecture très fluide. Le dessinateur ne sort pas d’une mise en page très "perpendiculaire" mais diversifie ses pages et ne reste pas sur le même nombre de cases pas pages.

They’re Not Like Us est un titre intéressant qui se permet d’avoir une histoire relativement complète au terme de son premier arc ce qui est déjà très agréable. Maintenant, elle ne révolutionne pas non plus son concept de base. Les ventes de septembre 2015 ne sont pas très optimistes (le numéro 8 voit 8% des lecteurs partir), espérons donc que Stephenson réussisse au moins à clore son deuxième arc de façon satisfaisante.

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