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Vampirella Vol. 2 #1-6

vendredi 20 novembre 2015, par Mathieu Doublet

(Dynamite / Nancy A. Collins / Patrick Berkenkotter)

Le terme "volume 2" correspond à ce qui est paru chez Dynamite, donc la série débutant en 2014.

Lu en numérique.


Vampirella est au service des forces du Vatican et les aide à pourchasser tout type de monstres. Elle est réveillé en sursaut car un certain Ethan Shroud a possédé un bon père de famille et a kidnappé sa fille, histoire d’en faire un sacrifice acceptable pour qu’Umbra, reine des Ombres et soeur-femme du Dieu Chaos, puisse revenir sur Terre et préparer le terrain pour son mari. Autant dire déclencher l’Apocalypse. Alors forcément, plutôt que d’envoyer une force de frappe spéciale, ils décident d’envoyer la chasseuse de monstres du coin. Sauf que tout ceci n’est qu’un stratagème pour attirer Vampirella et faire d’elle l’enveloppe corporelle pour Umbra. Du côté du Vatican, dès qu’on s’aperçoit de la gravité des événements, on se fait fort de couper tous les ponts et d’envoyer des gens spécialisés dans le nettoyage ... Vers qui Vampirella pourra-t-elle se tourner pour sauver sa peau ? Peut-être vers les monstres qu’elle a toujours pourchassé.

Nancy A. Collins est une romancière spécialisée dans l’horreur qui a bossé pas mal sur des créatures maléfiques cherchant à être très discrètes chez les humains. Elle a aussi apparemment signé les aventures d’une certaine Sonja Blue qui est en réalité une vampire qui chasse les créatures de la nuit s’attaquant aux innocents. Oui, bon, pas difficile de voir la relation que peuvent avoir la scénariste et le personnage, donc. Collins a aussi collaboré à certains comic-books dans les années 90, bossant chez à peu près tout le monde (DC/Vertigo, Topps, Marvel, Dark Horse ou même Verotik).
En ce qui nous concerne, ces six premiers numéros constituent la nouvelle entrée en matière pour Vampirella qui, depuis l’arc dernier, s’est tout bonnement retrouvée dans une réalité alternative puisque la précédente a été détruite et que sa mère l’en a renvoyée avant que tout ne soit détruit. Je trouve finalement très dommageable que Dynamite ne cherche pas à bosser sur cette base, que le reboot soit si paresseux et qu’on retrouve les mêmes bases d’une héroïne vampire bossant pour l’Eglise. Bref, comme si rien n’avait vraiment changé. Mais pour le coup, ça n’est pas la faute de Collins qui n’a pas été embauchée pour ça mais pour écrire ce qu’elle sait déjà faire. Pour le coup, on a droit presque à du monstre du mois que Vampirella doit vaincre sachant qu’elle va traverser la Terre entière et rencontrer différents monstres issus de cultures différentes. On est dans l’archi-classique, mis à part la conclusion du numéro 4, plutôt intéressante si cette conclusion se révèle être un point de départ vers des aventures plus nuancées concernant Vampirella. Ca serait quand même dommage de passer à côté alors que justement, le parti-pris de la scénariste semble être de montrer à son héroïne que son monde n’est peut-être pas si noir & blanc qu’elle l’envisage.

Aux dessins, pas de surprise, on retrouve Patrick Berkenkotter qui avait déjà participé au volume précédent. On va donc avoir droit à un style très proche du réalisme mais pas du photo-réalisme. Un style que je trouve plutôt compliqué à maîtriser car d’une planche à une autre les visages des personnages sont différents et que le moindre faux pas se paie très cher. C’est bien entendu le cas dans cette série et le dessinateur n’arrive pas à trouver un trait bien particulier qui pourrait fonctionner sur le long terme. C’est bien dommage d’autant que ses monstres sont plutôt bien fichus et que son leader Nosferatu, s’il rappelle bien entendu le modèle proposé par Murnau, est très convaincant.
Ah j’allais oublier un détail qui sera capital pour les fans : le costume de Vampirella change et de manière subtile mais notable ! Je ne sais pas pourquoi le dessinateur s’est dit qu’un tel costume (qui ne peut tenir que dans le monde magique des comics) avait besoin d’un semblant de réalisme. Voilà donc notre héroïne affublée d’un soutien gorge à l’intérieur de son costume. On a du coup droit à deux ronds un peu étranges fort peu seyants.

Au final, ce premier arc de Vampirella est encore trop introductif pour savoir si la lecture de la série vaudra le coup ou non. Il y a des idées sympas mais reste à voir comment elles seront exploitées.