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Wolverine #1-13 (2013-2014)

samedi 14 novembre 2015, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / Paul Cornell / Alan Davis & Mirco Pierfederici)

Logan se retrouve dans une banque au moment où il y a une prise d’otage. L’assaillant est étrange, armé d’un flingue apparemment d’origine extra-terrestre ou technologiquement très avancé, ainsi que
de son fils. Autant dire une situation difficile d’autant que le flingue désintègre à tout va et que la liste des victimes commence à s’allonger. Forcément, Wolverine n’a pas trop le choix et découpe
le bon père de famille devant son gamin. Sauf que le dit papa semble ne pas comprendre ce qui se passe au moment où la vie le quitte. C’est le gamin qui devient à son tour étrange et qui pose au super-héros des questions qu’un enfant traumatisé ne poserait pas. Il y a du contrôle mental dans l’air et Wolverine va avoir du mal à comprendre de quoi il s’agit d’autant que ce contrôle commence à s’étendre à une vitesse faramineuse. A tel point que personne n’est à l’abri, pas même Nick Fury Jr et ses acolytes du S.H.I.E.L.D.

Je me suis engagé dans cette sale affaire parce que, d’une, il y avait une promotion sur ces comics en version numérique et, de deux, je voulais savoir un peu ce qui se passait avant d’affronter la "célèbre" mort de Wolverine (désolé pour le spoiler mais on peut dire que cette nouvelle est éventée depuis un petit moment). Paul Cornell nous raconte donc comment Logan va perdre son pouvoir auto-guérisseur et donc comment il va devenir mortel. Il y va avec de gros sabots, à grands renforts d’apparition du Gardien, annonçant quelque chose de très important. Je comprends les avis assez négatifs à propos de la série car ces treize numéros sont découpés d’une façon très particulière. Le premier arc de quatre numéros correspond à un début d’intrigue qui sera plus ou moins terminé avec les numéros 5 et 6. Puis, une deuxième grande partie s’ouvre afin de montrer comment les choses vont pouvoir se résoudre. C’est propre, il n’y a pas à dire, même si le scénariste est limité par ce qu’il peut faire au sein de l’univers Marvel. Ainsi la destruction à petit feu de Wolverine semble bel et bien limitée par rapport au train où vont les nouvelles. On aurait pu penser que le griffu se retrouve devant bien plus d’ennemis qu’il n’en rencontre et la réaction de Sabretooth est à la fois compréhensible mais aussi complètement idiote. Je comprends que Cornell fasse passer son héros par toutes les phases de déconstruction mais une fois de plus, tout ce parcours du combattant qui n’est pas sans rappeler le Gauntlet de Spider-Man ou bien la Cour des Hiboux de Batman est trop lourd en symbolique (les membres "spéciaux" de The Hand sont particulièrement gratinés). Je n’avais d’ailleurs pas suivi que Victor Creed était devenu un tel magnat du crime, mais bon, je ne suis pas l’univers Marvel de trop près.

Heureusement qu’il y a Alan Davis à bord sur huit des treize numéros. Et si l’Anglais a parfois quelques baisses de régime (je trouve que Wolverine en costume a une tête parfois trop aplatie), c’est tout de même un plaisir de le retrouver. Il est toujours accompagné par son encreur attitré Mark Farmer et les couleurs de Matt Hollingworth font le reste. Ca fonctionne très bien, les scènes d’action sont superbes et les visages toujours un plaisir à regarder. L’équipe qui a la dure tâche de faire le fill-in (trois numéros) est menée par Mirco Pierfederici qui est en première ligne avec un trait particulièrement éloigné de celui de Davis. Beaucoup plus rude, beaucoup plus détaillé, presque plus réaliste (même si son Wolverine est beaucoup trop mastoc pour ce qu’on sait du personnage), le dessinateur fait ce qu’il peut. Ca n’est pas mauvais en soi mais je ne suis pas sûr que son style colle particulièrement aux récits du super-gugusses en collant. Pour ne rien arranger, on lui applique trois encreurs différents. Même si j’ai l’impression qu’un des encreurs n’est présent que sur une planche ou deux, ce qui ne provoque pas trop de différences, ça n’est jamais une excellente nouvelle.
Le résultat est tout à fait appréciable mais trop éloigné du reste du run. Cela permet des scènes parfois touchantes, parfois complètement absurdes (la force anti-Atlantéenne du S.H.I.E.L.D. est un grand moment de n’importe quoi) qui sortent du lot. Aux couleurs, on a à faire à Andres Mossa qui est heureusement sur les trois numéros, ce qui permet de donner un peu d’homogénéité à l’ensemble.

Au final, ces treize épisodes ne sont pas entièrement mauvais. Il y a de bonnes idées dedans, même des moments où on sent que la fin de Wolverine est proche. On comprend aussi pourquoi le Gardien est là même si la dernière planche du numéro 4 apporte quand même son lot de confusion. Dommage que le tout soit trop brouillon et que le début soit trop dilué. Il y avait une belle opération à faire et toute cette histoire aurait peut-être pu devenir un classique dans l’histoire du Wolverine.