Onirique Comics 7.1

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Plutonia #1

vendredi 6 novembre 2015, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Jeff Lemire / Emi Lenox)

Cinq adolescents vivent leur petite vie : il y a Teddy, garçon qui fait du capespotting, de la surveillance de super-héros en quelque sorte, à l’affût de n’importe quelle
nouvelle qu’il recroise afin de savoir si les encapés existent bel et bien ; Diane, jeune fille un peu ronde, adore son petit chien et vient de se confectionner elle-même un blouson en
cuir plutôt cool ; Ray essaie de réveiller son père alcoolique pour qu’il aille au boulot, ce même père dont on imagine facilement qu’il frappe son fils ; et enfin, Mie qui vient d’apprendre
qu’elle doit surveiller son petit frère Mike après l’école. Même si cela ne lui plaît pas, il faut quand même dire que le garçon n’est pas vraiment très embêtant, rivé sur sa gameboy.
Après une journée d’école, les adolescents vont se retrouver un peu perdus dans la forêt avec le cadavre d’une super-héroïne à leur pied, la discrète Plutonia.

Et hop, voilà tout ce qu’il y a dans ce premier numéro. C’est très décevant de la part de Jeff Lemire car cela ne donne pas la moindre idée de ce qui va se passer par la suite. A moins que la
série ne soit prévue pour être une chronique adolescente bien sûr. Le scénariste prend son temps pour dépeindre ses personnages alors qu’il réussit déjà à les introduire en une page chacun. Du coup, il aurait
très bien pu accélérer le tempo, quitte à étoffer ses personnages par la suite. Pas grand chose à dire d’autre, les personnages sonnent juste, c’est déjà ça.

Aux crayons, on retrouve Emi Lenox, dessinatrice dont le style a trouvé des fans au fur et à mesure de sa carrière. Elle a apparemment démarré avec Lemire sur Sweet Tooth
avant de publier un titre indépendant, Emitown, chez Image en deux gros recueils. Elle bosse ensuite un peu partout en contribuant à différents projets. Son style est très largement inspiré par
la bande dessinée nippone mais intégré à une sauce américaine et donc assimilé pour donner quelque chose de propre et pas une pâle copie de ce que les japonais peuvent faire. Ca n’est pas désagréable
mais ça n’est pas non plus ce que je préfère en matière de dessin.

Il me semble, mais ça n’est que mon très humble avis, qu’une série ne peut plus proposer un numéro 1 qui n’est qu’une introduction à une aventure qui peut très bien se limiter à un arc. Tout cela sans
un pitch qui sorte un peu de l’ordinaire. Sachant que les personnages vont se mettre dessus au fur et à mesure de l’histoire (apparemment la découverte du cadavre pourrait bien avoir un lien avec des séries
comme H-E-R-O ou encore Fraction), tout cela n’étant que des suppositions de ma part. Bon, je réalise que j’ai déjà précommandé tous les numéros (la série devrait être composée de 5 numéros - gasp) donc
j’espère que la série remontera un peu en qualité.